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Chronique économique

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Chronique économique
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  • Chronique économique

    Et si le prix de l'essence arbitrait désormais les conflits mondiaux ?

    23/06/2026 | 3 min
    Avant, une guerre s'arrêtait quand les cercueils s'accumulaient. Aujourd'hui, elle s'arrête quand le plein d'essence devient trop cher. Le seuil de tolérance n'est plus le nombre de morts. C'est le prix à la pompe. Comment en est-on arrivé là ? Amid Faljaoui vous explique dans sa chronique économique.

    Lors d'un débat récent sur la souveraineté énergétique en Europe, présidé par le président du MR Georges-Louis Bouchez, ce dernier a prononcé une phrase qui résume à elle seule une bascule historique : l'Occident ne supporte plus les morts à la guerre. Et désormais, ce n'est même plus une question de mort — c'est devenu une question de pouvoir d'achat, une question de prix à la pompe. Dans nos démocraties, le seuil de tolérance ne se mesure plus en cercueils recouverts de drapeaux, mais en centimes sur le litre. Depuis la guerre du Vietnam, l'opinion publique ne supporte plus de voir rentrer les corps. On a donc inventé la guerre à distance : les frappes "propres", les drones, les soldats absents du terrain.

    Mais aujourd'hui, on a peut-être franchi un cap supplémentaire. La guerre ne se règle plus seulement par le nombre de cercueils — elle se règle aussi par l'affichage lumineux des stations-service. C'est précisément ce qui s'est produit fin février, lorsque les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran ont entraîné la fermeture du détroit d'Hormuz, provoquant une envolée immédiate des prix du baril.

    Pendant la guerre du Vietnam, le président Lyndon Johnson recevait chaque soir un bilan : le nombre de soldats américains tués. C'était son indicateur de guerre, son tableau de bord. Aujourd'hui, Donald Trump surveille d'autres courbes : celles du prix du pétrole, de l'inflation, du moral du consommateur — et, bien sûr, du calendrier électoral. La guerre n'a pas disparu, mais elle a changé d'unité de mesure.

    Le seuil de tolérance n'est plus humain. Il est devenu financier. Tant que le pétrole reste bon marché, plus rien — ou presque — ne nous retient. Et c'est là que la situation devient véritablement préoccupante : nos derniers garde-fous ne sont plus notre conscience, ni même nos principes. Ils sont devenus le prix du litre d'essence. La prochaine fois que vous ferez le plein, posez-vous donc cette question : êtes-vous vraiment contre la guerre, ou seulement contre la hausse du prix du carburant ?

    --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.
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  • Chronique économique

    Des avions F-35 ou des profs ? Le débat qui cache la vraie question

    22/06/2026 | 4 min
    Un avion F-35 ou des profs ? On vous a vendu ce débat cette semaine. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, vous explique pourquoi c'est un faux choix. Et pourquoi les deux camps vous racontent une histoire un peu arrangée.

    Le slogan circule depuis quelques jours : "on achète des avions F-35 et donc on doit couper dans l'enseignement." Efficace, simple, presque impossible à oublier. Mais dans la réalité budgétaire belge, les choses sont sensiblement plus compliquées. En Belgique, tout l'argent public n'est pas logé dans la même caisse. La Défense dépend du gouvernement fédéral, l'enseignement francophone dépend de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce sont deux niveaux de pouvoir, deux budgets distincts, deux règles de financement différentes. Même si la Belgique renonçait à ses F-35, l'argent économisé n'irait pas automatiquement vers les écoles francophones. Il ne suffirait pas d'annuler un avion pour engager des professeurs.

    Si ce slogan rencontre autant d'écho, ce n'est pas seulement parce que les citoyens méconnaissent les arcanes du fédéralisme belge. C'est parce qu'ils perçoivent très bien une asymétrie de traitement : quand l'État veut financer une priorité, il trouve les mots pour la justifier. Pour la Défense, on invoque des obligations stratégiques, l'OTAN, la sécurité collective, la guerre en Ukraine. Pour l'enseignement, le registre change : on parle d'économies, de rationalisation. C'est précisément ce décalage qui choque — pourquoi certaines dépenses sont-elles présentées comme inévitables, tandis que d'autres services essentiels apparaissent systématiquement comme trop coûteux ?

    Le malaise tient aussi à la complexité extrême du modèle institutionnel belge. Plus personne ne sait vraiment qui est responsable de quoi. Or, dans une démocratie, l'illisibilité est un poison. Quand les circuits de décision deviennent trop opaques, les formules simplifiées prennent le relais. Ce n'est pas toujours de l'ignorance — c'est souvent une réaction rationnelle face à un système devenu impossible à décoder.

    Mais il faut aussi regarder l'autre face du problème. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne peut pas se contenter d'invoquer l'insuffisance des moyens. Elle doit également se demander comment elle utilise l'argent disponible. La coexistence de plusieurs réseaux scolaires génère des doublons : administrations, directions, bâtiments, services et structures parallèles. Certaines de ces rigidités sont anciennes. Certaines réformes sont politiquement explosives — et c'est précisément pourquoi elles sont repoussées. La vraie question n'est donc pas seulement de savoir s'il faut davantage d'argent pour l'école, mais aussi comment faire en sorte que chaque euro qui lui est consacré produise davantage d'effets concrets pour les élèves et les enseignants. Si nous ne sommes plus capables d'expliquer clairement pourquoi nous finançons la défense et pourquoi nous économisons sur l'enseignement, le problème n'est pas simplement budgétaire — il est démocratique.


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    Et si la vraie arme de l’Iran n’avait jamais été la bombe atomique ?

    19/06/2026 | 4 min
    Cette arme, elle ne coûte rien, elle dort au fond de la mer, et vaut 300 milliards de dollars. Le prix que les États-Unis viennent d’accepter de payer à l’Iran. Cette arme, c’est un détroit. Le détroit d’Ormuz : un cinquième du pétrole mondial passe par là.

    Un conseiller du guide suprême l’a d’ailleurs dit récemment, et sans détour, Ormuz vaut une bombe atomique. Il a raison, voici pourquoi : une bombe atomique, ça ne sert qu’à menacer, en réalité. L’utiliser ferait de vous un paria pour l’éternité.

    Souvenez-vous de Poutine en 2022, il n’a jamais lancé la moindre ogive nucléaire sur l’Ukraine. Il a juste laissé planer le doute, la menace. Et ça a suffi à bloquer, à figer tout l’Occident.

    Le détroit d’Ormuz, c’est encore plus fort parce que vous pouvez vous en servir pour de vrai. Et l’Iran s’en est servi. 43 navires visés, 17 touchés, 2 coulés, 11 marins tués. La communauté internationale a regardé, médusée, incapable de rouvrir ce passage.

    Le résultat ? Le prix du litre à la pompe, de Houston à Namur, se décide aujourd’hui à Téhéran. D’ailleurs, un diplomate français a très bien résumé tout cela d’une formule cruelle : Dieu a inventé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie. Parce qu’on ne peut pas vaincre la géographie.

    On peut bombarder un site nucléaire, mais on ne peut pas bombarder un détroit. Alors les Américains ont finalement signé : mercredi soir, à Versailles, Donald Trump a paraphé un accord de paix.

    Sur le papier, l’Iran promet de renoncer à la bombe atomique. En échange : levée des sanctions, dégèle des comptes iraniens bloqués depuis des décennies et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars. 300 milliards pour débloquer un détroit qui n’était pas bloqué il y a 4 mois. Tout ça pour ça.

    Mais le véritable danger, il est ailleurs. Celui dont personne ne parle, ou presque. L’Iran vient d’ouvrir une boîte de Pandore. Il a montré au monde entier que cette arme du Détroit, elle existe. Et qu’en plus, elle marche et ne coûte presque rien.

    Téhéran fait déjà payer un péage aux pétroliers et en cryptomonnaie. Or, les détroits comme Ormuz, il y en a plein d’autres. Le détroit de Malacca, par où passe 20% du commerce mondial. Le détroit de Gibraltar, le détroit du Bosphore, Taïwan. Même la Manche elle-même, par où transitent 12% des marchandises.

    Demain qui empêchera un pays de rançonner les navires d’un voisin qu’il n’aime pas ? La réponse, elle fait peur : personne.

    Voilà la véritable leçon de cette guerre : les Occidentaux, c’est vrai, pèsent 60% des dépenses militaires de toute la planète. Mais ils n’arrivent pas à rouvrir une artère vitale pour leur prospérité.

    L’Iran cherchait la bombe, l’Iran a trouvé mieux : la géographie.

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  • Chronique économique

    L'or s'effondre en pleine guerre : les vraies leçons d'une chute inattendue.

    18/06/2026 | 4 min
    Tous les manuels disent la même chose : en temps de crise, de guerre, on se rue sur l'or. Mais cette fois, l'or n'a pas grimpé. Il s'est effondré. Près de 27 % de chute en pleine guerre en Iran. Comment le refuge suprême a-t-il pu trahir au pire moment ? Et pourquoi remonte-t-il maintenant que la paix s'annonce ? Réponse dans la chronique d'Amid Faljaoui. Indice : ça n'a rien à voir avec la guerre.

    Quand une guerre éclate, l'or est censé être la valeur refuge par excellence — celle qui protège quand les marchés paniquent et quand l'incertitude domine. Pourtant, depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, il se passe exactement l'inverse : l'or chute fortement, ce qui semble profondément contre-intuitif. Première explication : quand les investisseurs perdent de l'argent, ils vendent ce qui a bien performé. Or, l'or était l'un des grands gagnants des marchés ces derniers mois. Certains ont donc été contraints de le céder pour reconstituer des liquidités.

    Deuxième explication, plus technique : lorsqu'un marché chute brutalement, certains investisseurs reçoivent ce qu'on appelle un appel de marge. Leur intermédiaire financier leur demande de remettre des fonds pour couvrir leurs pertes. Dans l'urgence, ils vendent ce qui se liquide le plus facilement — et l'or figure parmi les actifs les plus liquides au monde. Résultat : même les valeurs refuge peuvent être sacrifiées au pire moment.

    Troisième explication : les taux d'intérêt. Les derniers chiffres de l'emploi américain ont été meilleurs que prévu, ce qui laisse penser que la banque centrale américaine pourrait retarder ses baisses de taux. Quand les taux restent élevés, les obligations d'État américaines deviennent plus attractives. Pourquoi détenir de l'or — qui ne rapporte ni intérêt ni dividende — quand des emprunts d'État offrent un rendement solide ? Cette concurrence pèse mécaniquement sur le métal jaune.

    Il existe un autre acteur souvent oublié dans l'équation : les banques centrales. Ces dernières années, elles ont été les grandes acheteuses d'or. La Chine, l'Inde, la Turquie et plusieurs pays émergents ont accumulé des réserves à un rythme inédit. Mais certaines d'entre elles peuvent aussi devenir vendeuses, lorsqu'elles ont besoin de financer leur économie ou de soutenir leur monnaie. La bonne nouvelle pour les partisans du métal précieux : cette demande structurelle reste très forte. La leçon à retenir est simple — l'or n'est pas une valeur magique. Quand tout le monde s'attend à le voir monter, il lui arrive parfois de faire exactement l'inverse. C'est peut-être la première règle des marchés : ils adorent prendre les investisseurs à contre-pied.

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    Accord de paix avec l'Iran : et si le vrai perdant était l'Amérique ?

    17/06/2026 | 3 min
    La paix avec l'Iran sera signée vendredi à Genève. Tout le monde respire. Sauf qu'il y a un hic : le vrai perdant de cette guerre n'est peut-être pas celui que vous croyez. Le vrai sujet se joue du côté du pétrole, du Golfe… et du dollar. Notre chroniqueur économique Amid Faljaoui a déterré une phrase de Kissinger qui résume tout — et qui fait froid dans le dos.

    Cette semaine, un journaliste israélien très proche de Netanyahou a ressorti une vieille formule de Henry Kissinger : "Être l'ennemi de l'Amérique est dangereux, mais être son ami peut être fatal." Cette phrase n'est pas anodine. Elle est au cœur du véritable séisme économique de la semaine. Car si l'accord de paix avec l'Iran signé ce vendredi à Genève fait la une de tous les médias — Téhéran, Israël, le nucléaire —, le vrai sujet économique se joue ailleurs. Il se joue dans le Golfe, en Arabie Saoudite, au Qatar, aux Émirats.

    L'accord lui-même n'est pas un règlement définitif : c'est un cessez-le-feu prolongé de 60 jours. Le détroit d'Hormuz rouvre progressivement et le pétrole recommence à circuler sous surveillance. Mais la trêve reste fragile — le détroit peut se refermer du jour au lendemain. Un tel accord ne suffit pas à rassurer un investisseur, un assureur ou un client. Et c'est précisément là que le problème commence.

    Toute l'économie des pays du Golfe repose sur un pari simple, reconduit depuis plus de 50 ans : l'Amérique garantit que leur pétrole passe. En échange, les pays du Golfe achètent américain, investissent américain et facturent en dollars. Un contrat tacite, jamais signé, mais jusqu'ici respecté. Or les dirigeants du Golfe sont aujourd'hui furieux. Washington a lancé cette guerre contre leur avis, et l'Iran les a ciblés en représailles — alors qu'ils n'avaient rien demandé. C'est là que la phrase de Kissinger résonne avec une acuité particulière.

    D'après le Financial Times, deux options s'ouvrent désormais pour ces pays. Première option : continuer à miser sur l'Amérique, quitte à se rapprocher encore davantage d'Israël — c'est notamment le choix des Émirats Arabes Unis, qui comptent sur le dôme de fer israélien plus que sur la protection américaine. Deuxième option : considérer que l'Amérique est devenue trop imprévisible, et chercher discrètement un arrangement avec l'Iran.

    Si le Golfe commence à diversifier ses alliances, les conséquences pourraient être considérables : des fonds souverains qui regarderont ailleurs, des contrats d'armement qui changeront de main. Et, à terme, la question qui fâche : faut-il toujours tout facturer en dollars ? Le pétrodollar ne repose pas que sur la force militaire. Il repose d'abord et avant tout sur la confiance — sur l'idée que l'allié américain est solide, prévisible, et qu'il répond présent quand il le faut.

    Cette confiance vient de se fissurer. En cherchant à affaiblir l'Iran, c'est peut-être l'influence américaine dans le Golfe qui s'est elle-même affaiblie. La fiabilité est l'actif le moins cher à entretenir — mais le plus coûteux à reconstruire, une fois perdue.

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Acerca de Chronique économique
Amid Faljaoui dans sa chronique économique nous dévoile les coulisses des entreprises et passe en revue les grands événements de l'actualité économique. Le directeur du magazine Trends Tendances nous plonge dans l'univers de la bourse, de la finance, des banques, de la BCE, des crises économiques, de tout ce qui fait l'actualité dans notre société comme les GAFA (Facebook, Amazon, Apple, Google), Elon Musk et Twitter, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, la Banque européenne, le changement climatique, le cours du pétrole, les conflits, Wall Street, l'inflation, les actionnaires, l'argent, le cours de l'euro et du dollar, la vie des patrons et des salariés, des investisseurs, des politiques, l'Union Européenne, les USA, la Chine, le Brexit, les taux d'intérêts, et encore beaucoup d'autres sujets d'actualité. Il débat également autour du prix de l'électricité et du gaz, de la consommation, de la guerre en Ukraine avec Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, de la hausse et la baisse du prix de l'essence, du diesel et du pétrole, de l'arrivée des voitures électriques, de la délocalisation des entreprises de l'indexation des salaires, de la morosité des marchés, de Donald Trump et des vaccins, etc. La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours sur Classic 21 à 8h30 dans Coffee on the Rocks et à 17h30 dans On The Road Again.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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