C’est au cœur de la base navale de Toulon que nous avons rencontré le vice-amiral David Desfougères, commandant de la Force de l’aéronautique navale. Lors de cet échange, il nous a parlé avec beaucoup de fierté de ses 4 700 marins et de leur dévouement quotidien pour faire voler des hélicoptères, des avions ou encore des drones. Il est aussi revenu sur sa carrière de pilote de chasse avec au compteur 3 000 heures de vols cumulées sur 10 avions différents. Un entretien à ne pas manquer.
Dans ce podcast, celui qui se revendique lui-même comme un « rat de carlingue » dans le jargon aéronautique du personnel navigant s’est notamment souvenu non sans émotion de son premier appontage « Cela correspond peu ou prou à poser les roues de son avion qui se présente à environ 250 km/h sur la taille d'un terrain de tennis. À quelques centimètres près, la zone des brins du porte-avions Charles de Gaulle, c'est la taille d'un terrain de tennis qui se déplace à environ 40 km/h ».
Et c’est bien des années après ce moment marquant, à l'été 2025, qu’il a pris le commandement des marins du ciel. Une responsabilité qu’il qualifie « d’immense » et qui lui impose de relever plusieurs défis « Le premier, ce sont les ressources humaines. Je pense que comme dans toutes les unités ou toutes les forces des armées, la valeur d'une force ou d'une unité française, ne réside pas dans l'équipement que l'on met en œuvre mais dans les femmes et les hommes qui la composent. Il y a un vrai enjeu à maintenir ces savoir-faire. Aujourd'hui, j'ai des équipages sur Atlantique 2 - un avion qui chasse du sous-marin - qui sont probablement les meilleurs au monde. Ma préoccupation est de faire en sorte que dans 10, 15 ou 20 ans, ils soient toujours les meilleurs ou parmi les meilleurs au monde. Cela nécessite un travail permanent pour recruter et conserver des compétences alors même que le monde, les techniques, les tactiques et les aéronefs évoluent. Le deuxième défi consiste à préparer l'avenir, préparer les combats de demain sans répéter les schémas des combats d'hier. Par conséquent, il y a tout un travail pour faire en sorte qu’en 2050, l'aéronautique navale soit aussi performante et soit capable d'exécuter les missions qui lui seront ordonnées par l'autorité politique avec des moyens qu'elle aura à cette échéance ».
NB: cette interview a été enregistrée avant le déploiement du groupe aéronaval en Méditerranée orientale.
Pour en savoir plus : https://www.defense.gouv.fr/actualites/groupe-aeronaval-outil-strategique-puissance-militaire-francaise
Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard
Photo : Marine nationale