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    L’UE lance son IA open-source dans 24 langues ?

    01/07/2026 | 2 min
    Bruxelles a choisi son champion pour le Frontier AI Grand Challenge. Le lauréat s’appelle EUROPA, un consortium piloté par Domyn, start-up italienne encore connue il y a peu sous le nom d’iGenius. Sa mission est claire : créer un modèle d’intelligence artificielle de frontière, open source, entraîné en Europe, sur des supercalculateurs européens, avec plus de 400 milliards de paramètres et une couverture des 24 langues officielles de l’Union.

    L’enjeu dépasse largement la performance technique. Un modèle de frontière désigne une IA parmi les plus avancées de sa génération, capable de rivaliser avec les grands systèmes américains ou chinois. Quant aux paramètres, ils représentent les milliards de réglages internes qui permettent au modèle d’apprendre et de produire ses réponses. Plus leur nombre est élevé, plus le système peut être puissant, à condition de disposer des données et de la puissance de calcul nécessaires.

    Le choix de Domyn peut surprendre. Mistral, en France, incarne depuis plusieurs années l’idée d’une IA souveraine européenne. L’entreprise a signé avec le ministère des Armées, la Caisse des Dépôts, l’Office européen des brevets et plusieurs institutions sensibles. Pourtant, c’est Domyn qui a remporté le défi lancé en février 2026. La start-up milanaise a un argument solide : elle s’est spécialisée dans les modèles déployés directement chez les clients, sans passer par des clouds tiers. Pour Bruxelles, cette logique est centrale. Elle garantit que les données et les usages restent sous contrôle européen. Domyn s’appuie aussi sur le Fraunhofer-Gesellschaft, grand réseau allemand de recherche appliquée, et sur un cluster Blackwell de 5 760 puces, en plus des ressources EuroHPC.

    C’est là que se joue le vrai prix : jusqu’à 2,5 % de la capacité de calcul du réseau européen EuroHPC pendant un an. Pour l’Europe, souvent riche en chercheurs mais limitée en infrastructures, cet accès est stratégique. EUROPA répond à une inquiétude très concrète : ne plus dépendre de modèles hébergés ailleurs, soumis à des décisions étrangères. Tribunaux, hôpitaux, ministères ou administrations ne peuvent pas bâtir leur autonomie numérique sur des outils dont l’accès peut être restreint. Domyn promet un modèle open source dans un an. Mais le pari reste immense. Entraîner un modèle de 400 milliards de paramètres, multilingue, européen et réellement ouvert, demandera plus que de l’ambition : il faudra aussi de la transparence sur les données, les poids du modèle et la licence choisie.
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    Près de 40 milliards de perte pour OpenAI en 2025 ?

    30/06/2026 | 2 min
    OpenAI prépare une entrée en Bourse qui pourrait marquer l’histoire de la tech. L’entreprise a déposé son dossier auprès du régulateur financier américain avec une ambition spectaculaire : viser une valorisation proche de 1 000 milliards de dollars. Un seuil vertigineux, qui placerait la société parmi les plus grandes introductions jamais réalisées. Mais derrière cette promesse, les chiffres internes soulèvent une question simple : OpenAI a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions ?

    Des données financières révélées par le journaliste indépendant Ed Zitron, puis confirmées par le Financial Times, donnent une image beaucoup plus fragile de l’entreprise. En 2025, OpenAI a dépensé 34 milliards de dollars, pour 13 milliards de revenus. Sur le papier, le chiffre d’affaires dépasse pourtant l’objectif interne fixé à 10 milliards. Le problème n’est donc pas la croissance, mais le coût de cette croissance. Dans le détail, près de 19 milliards de dollars ont été consacrés à la recherche et développement, et environ 6 milliards aux ventes et au marketing. Le reste a financé les infrastructures, les équipes et la puissance de calcul nécessaires pour faire fonctionner des modèles d’IA à très grande échelle. Résultat : la perte nette atteint 39 milliards de dollars, contre 5 milliards en 2024.

    Il faut toutefois nuancer ce chiffre. Avant sa transformation en société à mission d’intérêt public, OpenAI avait accordé à ses investisseurs des droits convertibles, comptabilisés comme de la dette. Leur réévaluation, liée à la hausse de valorisation de l’entreprise, a généré environ 30 milliards de dollars de charge comptable. En retirant cet élément exceptionnel, la perte opérationnelle tombe autour de 8 milliards. C’est moins spectaculaire, mais cela reste énorme. Et les besoins futurs s’annoncent colossaux : OpenAI prévoit environ 600 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures d’IA d’ici 2030. L’entreprise doit aussi composer avec une concurrence plus rude. Anthropic est désormais valorisée à 965 milliards de dollars, tandis que ChatGPT passe sous les 50 % de part de marché face à Gemini et Claude. À cela s’ajoutent des enquêtes judiciaires aux États-Unis et une plainte déposée en Floride contre OpenAI et Sam Altman.
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    Un moteur de recherche pour données personnelles ?

    29/06/2026 | 2 min
    La France fait face à une réalité inquiétante : les fuites de données personnelles sont devenues massives. Selon Surfshark, en 2025, seuls les États-Unis dépassaient l’Hexagone en volume total de comptes compromis. Mais rapporté au nombre d’habitants, la France arrivait en tête. Autrement dit, les données de très nombreux Français circulent déjà dans la nature. Le problème n’est plus seulement que ces informations existent sur le dark web. Elles deviennent désormais faciles à consulter. Franceinfo a ainsi alerté sur l’existence d’un moteur de recherche permettant de retrouver des informations personnelles sur presque n’importe qui. Pour des raisons évidentes, son nom n’a pas vocation à être diffusé.

    Pendant une période d’essai gratuite, il suffit d’entrer le nom d’une personne pour voir apparaître son adresse postale, son téléphone ou son e-mail. Mais certaines fiches vont beaucoup plus loin : numéro de sécurité sociale, IBAN, plaque d’immatriculation, rendez-vous médicaux, nombre d’enfants, voire informations liées à une affection longue durée. Une partie de ces données médicales pourrait provenir de la fuite de MonLogicielMedical.com, survenue en février. Au total, ce moteur regrouperait 1,2 milliard de données. Il s’agit visiblement d’une compilation de nombreuses fuites. Certaines lignes permettent même d’identifier leur origine : Free, Bouygues, ou d’autres bases déjà compromises. La CNIL estime que ces services ne semblent pas conformes au droit, car ils compilent des données issues de violations. Un autre site du même type va encore plus loin, avec le genre, la profession, l’employeur, le forfait mobile, la date d’activation ou le dernier contrôle technique. Les sources mentionnées incluent notamment Free, Bouygues, Cegedim, LinkedIn, Pôle Emploi, LDLC, Bourse des Vols ou Autosur. Les créateurs de ces services affirment utiliser des données « publiques » et donc agir légalement. Certains proposent une suppression des informations, parfois via Discord. Mais cela ne retire les données que du site concerné, pas des bases qui circulent ailleurs. La conclusion est brutale : il n’existe aujourd’hui aucun moyen de rendre ces données pleinement privées à nouveau.
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    L’IA va pouvoir dépenser votre argent librement ?

    28/06/2026 | 2 min
    Visa et OpenAI viennent de poser une nouvelle brique dans le commerce automatisé. Lors du Visa Payments Forum de San Francisco, les deux entreprises ont annoncé un partenariat qui permettrait à un utilisateur de ChatGPT de confier certains achats à un agent IA, tout en gardant la main sur les limites.

    Le principe est le suivant : l’utilisateur associe sa carte Visa au service, fixe un plafond par transaction, choisit les catégories de marchands autorisées, puis décide si chaque achat doit être validé manuellement. L’agent peut ensuite rechercher un produit, naviguer jusqu’au marchand et préparer ou finaliser l’achat selon les règles définies. Côté paiement, Visa assure l’autorisation en temps réel et la détection de fraude. OpenAI, de son côté, pilote la recherche et l’interaction avec l’utilisateur. Pour sécuriser la transaction, Visa ne transmet pas le vrai numéro de carte. Il le remplace par un jeton chiffré, c’est-à-dire un identifiant temporaire lié à l’agent et à l’usage prévu. C’est le même principe de tokenisation que Visa applique déjà à ses centaines de milliards de transactions annuelles.

    Pour Jack Forestell, directeur produit et stratégie de Visa, l’intelligence artificielle pourrait transformer le commerce plus profondément qu’Internet ou le mobile. ChatGPT avait déjà expérimenté le paiement instantané avec Stripe en 2025, mais aux États-Unis seulement, auprès de marchands comme Etsy et Shopify. Visa élargit désormais cette logique à son réseau mondial. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large. En mars 2026, Visa a lancé Visa Agentic Ready, un programme destiné à certifier les paiements déclenchés par des agents IA auprès des banques. Plus de vingt établissements européens, dont Barclays, Santander, Revolut ou HSBC UK, participent aux premiers tests. L’enjeu est de vérifier que les banques savent distinguer une transaction initiée par un humain d’une transaction initiée par un agent, et que le consentement reste clair à chaque étape. Visa et OpenAI travaillent aussi sur des usages professionnels via Codex, l’agent de programmation d’OpenAI. Des entreprises pourraient ainsi automatiser certains paiements fournisseurs selon des règles prédéfinies. Mastercard, PayPal et Coinbase avancent eux aussi sur ce terrain.
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    Faire des dons par message RCS ?

    25/06/2026 | 2 min
    Le don par SMS s’est installé dans les habitudes des Français. En huit ans, ce canal a permis de collecter 16,4 millions d’euros en France. Le quatrième baromètre de France générosités et de l’af2m, publié le 12 mai 2026, confirme cette dynamique : les montants progressent, le don moyen remonte, et une nouvelle technologie commence à changer la manière de donner.

    En 2025, les dons par SMS ont représenté 1,86 million d’euros, pour 214 000 contributions. Le fonctionnement reste très simple : le donateur envoie un mot-clé à un numéro dédié, et le montant est directement prélevé sur sa facture mobile. Pas besoin de carte bancaire, ni de formulaire, ni d’inscription. Depuis 2018, 2,1 millions de Français ont utilisé cette méthode. Le montant moyen progresse lui aussi. Après un passage à vide en 2021 et 2022, autour de 5 euros, il atteint 8,72 euros en 2025. Les associations ont appris à mieux orienter les donateurs, avec des mots-clés comme « DON10 » ou « DON20 », qui proposent immédiatement un montant plus élevé.
    Mais ce modèle dépend encore fortement des temps forts médiatiques. En 2025, le seul mois de juin a concentré 22 % de la collecte annuelle, porté par les campagnes contre le cancer de la Fondation ARC et de l’Institut Gustave Roussy, ainsi que par la mobilisation de la SPA contre les abandons d’animaux. La grande nouveauté vient du RCS, souvent présenté comme le successeur enrichi du SMS. Il permet d’intégrer dans la messagerie des images, des vidéos et des boutons interactifs. La France est devenue le premier pays au monde à autoriser le don via ce format. Orange, SFR, HighConnexion et France générosités ont participé à sa mise en place.

    Six associations l’ont testé en 2025, avec des résultats encourageants : le don moyen atteint 14 à 15 euros, presque le double du SMS classique. L’expérience est plus visuelle, plus fluide, et semble davantage pousser au passage à l’acte. Autre signal à suivre : le don récurrent sur facture mobile. Il reste modeste, avec 375 donateurs, mais les montants collectés ont bondi de 54 % en un an, à 36 980 euros.
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