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    La France et le Japon testent un chiffrement basé sur l’ADN ?

    10/05/2026 | 2 min
    En cryptographie, il existe un Graal théorique : le chiffrement de Vernam, aussi appelé One-Time Pad. C’est le seul système dont la sécurité est prouvée mathématiquement comme étant infaillible… à une condition très stricte : disposer d’une clé secrète parfaitement aléatoire, aussi longue que le message, et utilisée une seule fois. Un idéal presque impossible à atteindre en pratique. Jusqu’à aujourd’hui, peut-être.

    Une équipe de chercheurs du CNRS, de l’Université de Tokyo, de l’Université de Limoges, d’IMT Atlantique et de l’ESPCI Paris propose une approche inédite : utiliser l’ADN comme support de ces clés cryptographiques. Concrètement, les scientifiques ont créé de longues séquences d’ADN synthétique, sans lien avec le vivant, dont l’ordre des bases chimiques, les fameuses lettres A, T, C et G, est aléatoire. Ces séquences sont produites en double exemplaire : une copie pour l’émetteur, une autre pour le destinataire. Juste avant l’échange, elles sont lues par des machines de séquençage, des outils capables de décoder l’ordre des bases, afin de générer une clé numérique binaire commune. Cette clé sert ensuite à chiffrer et déchiffrer des messages pouvant atteindre plusieurs centaines de mégaoctets. L’équipe a déjà réalisé une démonstration entre Tokyo et Paris, générant une clé de 400 mégabits avec un niveau d’erreur extrêmement faible. La sécurité repose notamment sur ce que l’on appelle la min-entropie, une mesure du caractère imprévisible d’une clé, ici conforme aux standards les plus exigeants du NIST.

    Autre point remarquable : la distance n’a aucune importance. Quelques milligrammes d’ADN suffisent à stocker des quantités gigantesques d’information, jusqu’à des exaoctets, soit l’équivalent de millions de disques durs, et le protocole fonctionnerait théoriquement même entre la Terre et la Lune. Côté sécurité, le système est conçu pour détecter toute tentative d’interception. Comme chaque séquence n’existe qu’en deux exemplaires, toute copie frauduleuse laisserait des traces, rendant la clé inutilisable. Le projet est piloté notamment par le biochimiste Yannick Rondelez et le physico-chimiste Matthieu Labousse. Encore en phase de prépublication, ces travaux ouvrent déjà des perspectives majeures, notamment pour les communications sensibles, diplomatiques ou militaires.
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    100 états dans le monde espionnent nos smartphones ?

    07/05/2026 | 2 min
    Le scandale Pegasus avait marqué les esprits. Développé par NSO Group, ce spyware (autrement dit un logiciel capable d’infiltrer un appareil pour en extraire des données) avait été utilisé par plusieurs États pour surveiller journalistes, opposants et militants. Mais selon plusieurs experts, ce cas pourrait n’être que la partie visible d’un phénomène en pleine expansion. D’après le National Cyber Security Centre, plus d’une centaine de pays disposeraient aujourd’hui de ce type d’outils. Un chiffre en forte hausse : ils étaient environ 80 en 2023. Sur les 193 États membres de l’ONU, cela représente désormais une majorité potentielle capable de mener des opérations de surveillance numérique avancée.

    Comment expliquer cette progression ? Principalement par une baisse des barrières d’accès. Autrefois réservés à quelques puissances, ces logiciels sont aujourd’hui plus faciles à acquérir, parfois via des sociétés privées spécialisées dans la cybersurveillance. Résultat : leur diffusion s’accélère, et avec elle, les usages. Car l’enjeu ne se limite pas au nombre d’acteurs équipés. Les cibles évoluent aussi. Officiellement, ces outils sont utilisés pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité organisée. Mais dans les faits, de nombreux cas ont déjà montré qu’ils pouvaient viser des profils bien différents : journalistes, figures de l’opposition, défenseurs des droits humains. Et selon les autorités britanniques, le spectre s’élargit encore. Désormais, des profils économiques comme des banquiers ou des chefs d’entreprise seraient également ciblés. L’espionnage numérique ne se limite plus aux enjeux politiques, il touche aussi les intérêts financiers et stratégiques.

    Autre point marquant : l’origine des attaques. Contrairement à une idée reçue, elles ne proviennent pas majoritairement de cybercriminels isolés. Selon Richard Horne, directeur du NCSC, une grande partie des cyberattaques d’envergure au Royaume-Uni serait le fait… d’États. Autrement dit, la cybersurveillance s’inscrit de plus en plus dans les relations internationales. Un outil de renseignement, mais aussi de pouvoir. Et dans ce contexte, Pegasus pourrait bien apparaître, avec le recul, comme un simple avertissement.
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    ChatGPT lance son premier smartphone ?

    06/05/2026 | 2 min
    Le projet n’est plus seulement une rumeur : OpenAI pourrait bientôt passer du logiciel… au matériel. Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, la société à l’origine de ChatGPT travaillerait sur un smartphone entièrement pensé autour de l’intelligence artificielle. Un « AI Phone » qui ne se contenterait pas d’intégrer l’IA, mais en ferait le cœur de l’expérience utilisateur.

    L’idée est simple, mais ambitieuse : repenser le téléphone non plus comme une collection d’applications, mais comme un assistant centralisé, capable de comprendre et d’anticiper les besoins en continu. Pour y parvenir, OpenAI ne se limiterait pas au design ou à l’interface. L’entreprise s’attaquerait directement à un élément clé : le processeur. En collaboration avec MediaTek et Qualcomm, OpenAI développerait une puce dédiée à l’IA, dont la production de masse pourrait démarrer à l’horizon 2028.

    Contrairement aux processeurs classiques, conçus pour gérer des tâches variées, celui-ci serait optimisé pour exécuter des modèles d’intelligence artificielle directement sur l’appareil. On parle ici d’« IA locale » : les calculs sont réalisés sur le téléphone lui-même, sans passer par Internet, ce qui réduit les délais et limite l’envoi de données vers des serveurs distants. Ce processeur fonctionnerait en mode « always-on », c’est-à-dire actif en permanence, mais avec une consommation d’énergie très faible. Il analyserait le contexte, voix, texte, usage, pour proposer des actions sans que l’utilisateur ait à les demander explicitement. Pour les tâches plus complexes, le système pourrait basculer vers le cloud de manière transparente.

    Côté production, OpenAI s’appuierait sur Luxshare, déjà intégré dans la chaîne industrielle d’Apple. Les choix techniques définitifs devraient être arrêtés d’ici fin 2026. Mais ce projet soulève aussi des défis majeurs. Une IA active en continu pose des questions de consommation énergétique, mais aussi de confidentialité. Un appareil capable d’analyser en permanence son environnement devra convaincre sur la protection des données. Si ce téléphone voit le jour, il pourrait transformer en profondeur notre rapport au mobile. Moins d’applications, plus d’interactions naturelles. Reste à savoir si les utilisateurs sont prêts à changer leurs habitudes.
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    La Chine, un maître de l’IA open source qui séduit les pays du Sud ?

    05/05/2026 | 2 min
    C’est un signal fort dans la bataille mondiale de l’intelligence artificielle. Selon une étude conjointe du MIT et de Hugging Face, relayée par le MIT Technology Review, les modèles open source chinois représentent désormais 17,1 % des téléchargements mondiaux sur la plateforme. Les modèles américains, eux, tombent à 15,86 %. Une première.

    Ce basculement remonte à janvier 2025, avec la publication du modèle R1 par DeepSeek. Sa particularité : une licence MIT, très permissive, qui autorise librement l’utilisation, la modification et la redistribution. En clair, n’importe quel développeur peut s’en emparer sans contrainte commerciale. Et surtout, ses performances rivalisent avec celles de modèles fermés américains, pour un coût d’utilisation bien plus faible. Dans la foulée, d’autres acteurs chinois ont suivi : Alibaba avec la famille Qwen, Moonshot AI ou encore MiniMax. Résultat : fin 2025, Qwen dépasse même Llama, le modèle de Meta, en nombre de téléchargements cumulés.

    La différence de stratégie est nette. Côté américain, les modèles sont souvent accessibles via des API payantes — c’est-à-dire des interfaces permettant d’utiliser l’IA à distance, moyennant abonnement. Côté chinois, ils sont proposés en accès libre, téléchargeables et exploitables localement. Un avantage décisif dans de nombreuses régions du monde.

    En Afrique, en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine, ces modèles comblent un vide. Ils fonctionnent sur des machines modestes, ne nécessitent pas de carte bancaire et évitent les contraintes liées à l’hébergement des données à l’étranger. En Europe, la réponse s’organise autour d’acteurs comme Mistral AI, qui mise sur la souveraineté et la conformité réglementaire, notamment au RGPD. Mais l’approche reste différente : là où les modèles chinois privilégient le volume et l’adoption massive, les Européens ciblent avant tout les entreprises. Au fond, deux visions s’opposent. L’une ouverte, rapide, centrée sur l’écosystème. L’autre plus encadrée, tournée vers la régulation. Et dans cette course, le terrain est désormais mondial.
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    Euro-Office vs OnlyOffice : un conflit qui pourrait changer l’open source ?

    04/05/2026 | 2 min
    C’est un débat très technique, mais aux conséquences bien réelles pour le logiciel libre. Le 21 avril, OnlyOffice a publié une lettre ouverte adressée au consortium Euro-Office. Au cœur du désaccord : l’interprétation d’une licence open source bien connue, l’AGPLv3.

    Pour comprendre, il faut revenir à cette licence, rédigée en 2007. Elle autorise la modification et la redistribution d’un logiciel, à condition de respecter certaines règles, dont la « préservation des attributions d’auteur ». Autrement dit, reconnaître les créateurs du logiciel d’origine. Mais une question se pose aujourd’hui : cette attribution peut-elle prendre la forme… d’un logo d’entreprise ? OnlyOffice répond oui. Depuis 2021, l’éditeur impose que son logo soit visible dans tous les logiciels dérivés. Une position contestée par le consortium Euro-Office, qui regroupe notamment Nextcloud, IONOS et Proton. Fin mars, ces acteurs ont supprimé ce logo en créant leur propre version du logiciel, ce qu’on appelle un “fork”, c’est-à-dire une copie modifiée d’un projet open source. Le problème, selon Nextcloud, est juridique : la licence impose d’afficher le logo, mais interdit en même temps d’utiliser la marque. Une contradiction difficile à tenir. La Free Software Foundation a tranché en janvier dernier : pour elle, une attribution concerne une personne, pas une marque commerciale.

    OnlyOffice conteste cette lecture. L’éditeur estime que le texte de la licence ne précise pas ce qu’est une “attribution”, et considère la position de la fondation comme un simple avis. En attendant une réponse officielle, il propose un compromis : abandon du logo, mais obligation de mentionner clairement l’origine du logiciel dans une page “À propos”, dans le code et dans la documentation publique. Derrière ce débat technique se joue un enjeu central : l’équilibre entre liberté et reconnaissance dans l’open source. Si les éditeurs ne peuvent plus imposer leur visibilité, ils perdent un levier important. Mais à l’inverse, trop de contraintes pourraient limiter la liberté de modification, pourtant au cœur du logiciel libre. Une question encore loin d’être tranchée.
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