Littérature sans frontières

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- À Rabat, capitale mondiale du livre 2026, se sont réunies il y a quelques jours trente écrivaines. Une manifestation inédite au Maroc et sans doute dans le monde arabe où ont été invitées des femmes venues à la fois des deux rives de la Méditerranée, des Caraïbes, de l'océan Indien et de l'Afrique subsaharienne. Grand reportage enregistré sur place pour entendre la parole de ces autrices rassemblées à la Bibliothèque nationale de Rabat autour du thème « Le monde écrit par elles ».
Parmi les invitées du festival Littératures itinérantes réunies à Rabat autour du thème « Le monde écrit par elles », les intervenantes de ce reportage sont :
Nadia Essalmi, éditrice et autrice, fondatrice du festival au Maroc
Gaëlle Belem, écrivaine française qui vit entre l’île de La Réunion, Paris et l’Italie du Nord. Outre sa passion pour l’écriture, cette grande voyageuse est professeure et juge assesseure au tribunal pour enfants de La Réunion. Elle a été sélectionnée pour plusieurs prix littéraires dont le prestigieux International Booker Prize, le prix Renaudot et le prix Folio-Télérama. Le fruit le plus rare a réussi l’exploit d’être le seul roman français sur la liste des 100 Notable Books of 2025 établie par le célèbre New York Times. Elle a reçu le prix de l’Académie française Anna de Noailles 2026. Ses ouvrages, qui ont pour cadre l’île de La Réunion, dressent un portrait sans concession de ce département français bâti sur la violence de l’esclavage et du colonialisme. Ils ont fait l’objet de critiques élogieuses dans plusieurs médias dont Le Monde, Le Figaro, Le Magazine littéraire, The Guardian et le New York Times…
Camille Laurens, agrégée de Lettres modernes, est l’auteure de onze romans, parmi lesquels Dans ces bras-là (prix Femina 2000), Celle que vous croyez (2016, adapté à l’écran par Safy Nebbou, Fille (2020) et Ta promesse (2025, prix RTL Lire), tous publiés chez Gallimard et traduits en plus de trente langues. Elle a écrit plusieurs essais, dont La Petite danseuse de quatorze ans, Les fiancées du diable, et trois recueils : Quelques uns, Le grain des mots et Tissé par mille. Elle est membre de l’académie Goncourt depuis 2020.
Osvald Lewat, originaire du Cameroun et vivant à Paris, elle est écrivaine, photographe d’art et réalisatrice de films documentaires dont les œuvres ont été plusieurs fois primées. Son premier roman, Les aquatiques, paru en 2021, a été distingué par le prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises de l’Académie française, le prix Kourouma et le Grand prix panafricain de littérature. Son deuxième roman Un corps indocile vient de paraître (éd. Philippe Rey/Jimsaan, 2026).
Fawzia Zouari, essayiste et romancière tunisienne, est née dans le nord-ouest de la Tunisie et vit à Paris depuis 1979. Docteure en littérature comparée, elle a travaillé à l’Institut du monde arabe avant d’intégrer le journal Jeune Afrique. Elle préside actuellement le Parlement des écrivaines francophones et a été nommée en 2019 Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres de la République française. À son actif une vingtaine de romans et essais dont La caravane des chimères (1990), Ce pays dont je meurs (1999), La retournée (2002), Le voile islamique (2002), La deuxième épouse (2006), Je ne suis pas Diam’s (2015), Le corps de ma mère (Joëlle Losfeld, 2016), Molière et Shéhérazade (2019), Valentine d’Arabie (Le Rocher, 2020), Par le fil je t’ai cousue (2022) et Le dictionnaire amoureux de la Tunisie (Plon, 2026). Elle est lauréate de plusieurs distinctions dont le Prix des cinq continents de la francophonie, le Grand Prix littéraire de Provence et le Comar d’Or de Tunisie. - Jay McInerney a été longtemps considéré comme l'enfant terrible de la littérature américaine. Révélé en 1984 avec son premier roman Bright Lights, Big City, l'écrivain a ensuite connu un succès retentissant avec Trente ans et des poussières qui mettait en scène un couple face à la crise américaine. Depuis, Jay McInerney leur a consacré trois autres romans où on les voit vieillir comme l'auteur âgé aujourd'hui de 71 ans, et qui vient de publier Rendez-vous sur l'autre rive. Grand entretien.
Jay McInerney est né en 1955. En 1977, grâce à une bourse de Princeton, il s'installe à Tokyo pour deux ans. À son retour aux États-Unis, il travaille au New Yorker et lit des manuscrits pour Random House. À l'instigation de Raymond Carver, il quitte New York pour l'université de Syracuse, où il écrit It's Six A.M. Do You Know Where You Are ? D'abord publiée dans la Paris Review, cette nouvelle deviendra le premier chapitre de son premier roman, Bright Lights, Big City. Paru en 1984, ce livre obtient un énorme succès. Avec Trente ans et des poussières, qui est à la fois une comédie crépitante à la Tom Wolfe et une tragédie fitzgeraldienne, la critique est une fois de plus enthousiaste. Suivront d'autres romans, tels que Glamour Attitude ou Le Dernier des Savage.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Decottignies.
New York, 2020. Corrine et Russell Calloway sont de retour dans ce livre où l’ironie flirte avec la nostalgie, « un roman d’automne », selon les mots de Jay McInerney. Au fil des années, les Calloway ont traversé sains et saufs d’innombrables crises. Aujourd’hui, ils affrontent des périls plus intimes, tandis que leurs enfants tracent leur chemin dans un monde nouveau dont nul ne connaît d’avance le mode d’emploi.
Sans renoncer à la satire d’un milieu qu’il connaît si bien – ces beautiful people qui hantent les romans de Truman Capote et Scott Fitzgerald –, Jay McInerney nous offre la dernière saison de sa comédie new-yorkaise, comme une lettre d’adieu à une époque déjà révolue. De quoi l’avenir sera-t-il fait ? La réponse appartient à une nouvelle génération, laquelle saura peut-être, mieux que la précédente, éviter les pièges d’une société obsédée par l’argent, la célébrité et la réussite sociale.
(Présentation des éditions de L'Olivier).
ILLUSTRATION MUSICALE : EMPIRE STATE OF MIND - Jay Z & Alicia Keys. - Après le choc littéraire de son premier roman My Absolute Darling, le combat d'une adolescente contre l'emprise de son père, succès mondial et vendu à 400.000 exemplaires en France, l'écrivain américain Gabriel Tallent fait à nouveau un portrait de la jeunesse américaine à travers l'amitié de Tamma et Dan passionnés d'escalade dans une fiction intitulée La voie. Un grand roman sur le passage à l'âge adulte et la chute du rêve américain.
Gabriel Tallent naît en 1987 au Nouveau-Mexique et grandit à Mendocino, en Californie du Nord. Il met huit ans à rédiger My Absolute Darling, son premier roman, gagnant sa vie en accumulant les petits boulots. Il manque plusieurs fois d'en abandonner l'écriture, mais sa mère Elizabeth Tallent, écrivain elle aussi, le pousse à continuer. Bien lui en a pris, car dès sa parution, My Absolute Darling est encensé par la critique et devient un best-seller mondial. Gabriel Tallent vit aujourd’hui avec sa famille à Salt Lake City.
Traduit de l'américain par Laura Derajinski
Dans le sud du désert de Mojave, Dan et Tamma traversent leur dernière année de lycée comme on aborde une voie d’escalade, entre appréhension et excitation. Dan est un garçon prodige et discret, Tamma, une fille bavarde et intrépide. Inséparables, ils passent leur temps à escalader des rochers durant les froides nuits du désert. C’est là qu’est né leur rêve commun, leur désir d’aventure. Mais à mesure que l’année avance, ils se heurtent aux réalités du monde adulte. Leurs différences de milieu social, de talent et d’ambition ne peuvent plus être balayées d’un rire ou d’un serment. Un choix se profile, inévitable : rester fidèles à eux-mêmes, ou céder aux exigences du monde. Chacun devra, quoi qu’il en coûte, tracer sa propre voie. Après My Absolute Darling, le deuxième roman de Gabriel Tallent est une histoire lumineuse et pleine d’adrénaline sur le pouvoir rédempteur de l’amitié et l’importance de savoir tout risquer pour changer sa vie.
(Présentation des éditions Gallmeister)
Interprète : Marguerite Capelle
Illustration musicale : Dead Sara Lemon Scent. - À l'heure du festival « America » qui réunit une cinquantaine d'écrivains à Vincennes près de Paris, rencontre avec Colum McCann pour son nouveau roman intitulé Ce qui nous frôle sous la surface (Belfond). Une fiction où l'auteur irlandais nous embarque sur un cargo qui remonte la côte de l'Afrique de l'Ouest, spécialisé dans la réparation des câbles sous-marins par lesquels circulent toutes les connexions internet. Une métaphore de notre monde, en panne, comme ses personnages brisés.
Né en 1965 à Dublin, Colum McCann est l'auteur de sept romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, Meilleur Livre de l'année du magazine Lire et lauréat du National Book Award, Transatlantic et Apeirogon, lauréat du Prix des lectrices de Elle et du prix du Meilleur Livre étranger, d'un témoignage coécrit avec Diane Foley, American Mother (2024), ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, et d'un texte à dimension autobiographique, Lettres à un jeune auteur. Il préside également l'association Narrative 4 qui prône l'empathie radicale par l'échange d'histoires. Tous ses ouvrages sont traduits chez Belfond et repris chez 10/18.
Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants.
Traduit de l'anglais (Irlande) par : Clément Baude.
« Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats.
Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations.
Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine.
Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective... »
(Présentation des éditions Belfond)
Illustration musicale : Ted Hawkins There stands the glass. - Pour la première fois, la romancière Véronique Ovaldé livre un récit personnel consacré à sa mère. Intitulé Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion), ce texte est une enquête familiale où l'autrice s'interroge sur la capacité d'une femme à résister à l'enfermement d'un système, d'une époque, d'un époux. Un récit ancré dans la réalité mais porté aussi par les pouvoirs de la littérature : imaginer et rêver d'autres vies, d'autres destins.
Véronique Ovaldé a publié onze romans, parmi lesquels Et mon cœur transparent (prix France Culture-Télérama), Ce que je sais de Vera Candida (prix Renaudot des lycéens 2009, prix France Télévisions et Grand Prix des lectrices de ELLE), Des vies d’oiseaux, La Grâce des brigands (L’Olivier, 2008, 2009, 2011, 2013), Soyez imprudents les enfants, Personne n’a peur des gens qui sourient (Flammarion, 2016 et 2019), et plus récemment, Fille en colère sur un banc de pierre (Flammarion, 2023, prix Relay des Voyageurs Lecteurs). Son recueil À nos vies imparfaites (Flammarion, 2025), a reçu le Goncourt de la nouvelle. Son nouveau roman s'intitule Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion, 2026).
« Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme “miss martyre”. Ses belles-sœurs continuent de lui dire gentiment et sottement “tu es une vraie sainte”. Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ? »
Pour la première fois, Véronique Ovaldé s’aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d’intempestives bifurcations et d’improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l’admirable renoncement n’a pas, malgré tout, éteint la joie. (Présentation des éditions Flammarion).
Illustration musicale : Roule, de Clara Luciani.
Acerca de Littérature sans frontières
Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; 22h30 vers l'Afrique haoussa ; et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles.
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