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  • Yanick Lahens, lauréate du Grand Prix du roman de l'Académie française

    15/05/2026
    Ce sont des femmes qui ont été laissées dans l’ombre, invisibilisées, des femmes ordinaires qui pourtant ont fait montre d’une force extraordinaire pour exister, pour survivre et pour transmettre la vie, l’espoir à leurs enfants. Des femmes « potomitan », comme on dit en créole, car elles portent le toit du monde à bout de bras. Un roman leur redonne une voix, un corps, un nom, c’est celui de Yanick Lahens paru sous le titre Passagères de nuit aux éditions Sabine Wespieser et récompensé par le grand prix du roman de l’Académie française 2026.
    Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti. Elle y a fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires, avant de partir en France pour son cursus universitaire en lettres modernes. Elle retourne en Haïti en 1977. Elle y enseigne la littérature à l’université d’État d’Haïti et participe, à l’Institut pédagogique national, à la mise en place de la réforme qui contribuera, entre autres, à introduire l’enseignement du créole dans les premières années de l’école primaire. Elle anime une émission culturelle, Entre nous, sur Radio Haïti Inter et publie ses premiers articles sur la littérature et la société haïtiennes.
    Elle quitte l’enseignement universitaire en 1995 et, après avoir été membre du cabinet du ministre de la Culture Raoul Peck, elle intègre la direction du projet de La route de l’esclave, qui s’intéresse à la problématique de l’esclavage à travers les sciences et les arts, et ce jusqu’à cessation des activités de ce projet en Haïti, en 2000. À la même époque, elle devient membre du comité de rédaction de la revue haïtiano-caribéenne Chemins Critiques, qui a représenté un moment important de la réflexion en Haïti et dans la Caraïbe. Elle a été membre du Congrès international des études francophones, organisme fondé par des universités nord-américaines. Elle est membre, jusqu’à aujourd’hui, du comité de rédaction de la revue franco-haïtienne Conjonction, et publie dans des revues haïtiennes et étrangères. Elle a récemment intégré le conseil d’administration de l’université Quisqueya (Port-au-Prince).
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    En 1998, elle fonde, avec d’autres écrivains, l’Association des écrivains haïtiens, et continue d’animer des séminaires sur la littérature.
    En 2008, elle met sur pied une fondation qui encadre ses jeunes dans des activités de sensibilisation aux questions sociales. Elle apporte un appui à des associations qui travaillent à la promotion de la lecture, à l’implantation de bibliothèques et à l’organisation d’événements culturels.
    En 1990 paraît son essai, Entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien (Deschamps, Port-au-Prince), bientôt suivi de deux recueils de nouvelles : en 1994, Tante Résia et les dieux (L’Harmattan, Paris) et, en 1999, La petite corruption (éditions Mémoire, Port-au-Prince). En 2000, son premier roman, ​​​​​​​Dans la maison du père, paraît au Serpent à plumes (Paris), puis, en 2005, un troisième recueil de nouvelles, ​​​​​​​La Folie était venue avec la pluie (Presses nationales, Haïti). Toutes ses nouvelles parues – pour beaucoup inédites en France – sont reprises dans un recueil intitulé ​​​​​​​L’Oiseau Parker dans la nuit et autres nouvelles, paru chez Sabine Wespieser éditeur en mars 2019.
    À partir de 2008, tous ses livres sont publiés chez Sabine Wespieser éditeur : ​​​​​​​La Couleur de l’aube (roman, 2008), ​​​​​​​Failles (récit, 2010), ​​​​​​​Guillaume et Nathalie (roman, 2013), ​​​​​​​Bain de lune (roman, 2014) et ​​​​​​​Douces déroutes (roman, 2018).
    Dans la maison du père a obtenu le Literatur Preis en 2009 au Salon du livre de Leipzig ; ​​​​​​​La couleur de l’aube, le prix Millepages 2008, le prix RFO 2009, le prix Richelieu de la ​​​​​​​Francophonie 2009 et le prix des lecteurs de la ville Vincennes dans le cadre du Festival America en 2010 ; ​​​​​​​Guillaume et Nathalie, le prix ADELF en 2013 et le prix Carbet des lycéens 2013 ; ​​​​​​​Bain de lune, le prix Femina en 2014. Son dernier roman, ​​​​​​​Passagères de nuit, paru à la rentrée littéraire 2025, est lauréat du Grand Prix du Roman de l’Académie française.
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    Ses œuvres sont traduites en anglais, en brésilien, en catalan, en japonais, en allemand et en italien. Des traductions sont en cours en norvégien et en espagnol.
    Yanick Lahens a été honorée par l’organisation de femmes ​​​​​​​Kay Fanm pour son implication citoyenne en 2007. Par le ministère des Affaires étrangères et l’Organisation de la francophonie en Haïti, par la Haitian Studies Association pour l’ensemble de son œuvre et par l’association culturelle ARAKA. Elle a été la première femme invitée d’honneur de la Foire du livre ​​​​​​​Livres en Folie en Haïti, en 2009, et a été nommée par la France officier des ​​​​​​​Arts et des Lettres en 2009.
    Saluée par le Collège de France comme « ​​​​​​​une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », Yanick Lahens a donné le 21 mars 2019 la leçon inaugurale de la chaire des Mondes francophones intitulée ​​​​​​​Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter, diffusée sur France Culture vendredi 12 mars 2021 et ​​​​​​​à réécouter ici et à lire ici.
    En octobre 2020, Yanick Lahens est récompensée par le Prix Carbet pour l’ensemble de son œuvre « pour sa contribution à une meilleure connaissance de la littérature et de la culture haïtienne ainsi que de la représentation du monde caribéen ».
    « Toujours avancer sans se retourner, c’est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince.
    Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n’a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d’un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d’Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l’avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n’a plus jamais accepté de se soumettre au désir d’un homme. Confiante dans la force qu’elle a tôt transmise à sa petite-fille en l’invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n’hésite pas à couvrir sa fuite : Élizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d’un homme qui traverse la ville en libérateur.
    En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C’est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d’émancipation.
    Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l’autre "une semblable, une sœur échappée à la rudesse des conventions", la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l’histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance. » (Présentation des éditions Sabine Wespieser)
  • Devenir femme, de la Turquie à la France, avec la romancière Sevin Sahin

    08/05/2026
    Combien de temps, combien d’épreuves faut-il pour devenir femme ? Combien de frustrations, d’injonctions, de rébellions, doit-on endurer pour être soi-même et s’accepter telle quelle ? Autant de questions qui traversent ici le premier roman de Sevin Sahin, mon invitée, qui publie La fille de la Colline, aux éditions Philippe Rey, où elle mêle trois voix à trois époques différentes qui définissent une seule et même personne : Sibel, que l'on suit d'Ankara à Paris. Grand entretien.
    Sibel, qui s’était pourtant juré de ne jamais avoir de fils, est mère d’un jeune garçon de deux ans. Depuis qu’il est dans le coma, elle est à son chevet, se relayant furtivement avec son mari, qu’elle ne fait plus que croiser depuis quelques années. Angoissée par la possibilité de perdre cet enfant, elle est épaulée par Elsa, infirmière à l’accent ensoleillé, et par le docteur Beausert, qui ne la laisse pas indifférente…
    Tandis que Sibel veille, ressurgissent les souvenirs de deux périodes fondatrices : son enfance en Turquie, sur la colline Pomme près d’Ankara, dans la communauté alévie marquée par les traditions qui ne laissaient aucun avenir aux femmes en dehors du mariage ; et l’époque où, après son arrivée en France, elle a passé ses nuits dans des clubs, dealeuse occasionnelle, accro à l’ecstasy, à la musique électro et aux hommes. Si elle a désormais mis un terme à cette vie d’excès, Sibel cherche un sens à son identité fragmentée pour sauver son fils…
    Sevin Sahin entremêle avec brio et une énergie contagieuse les trois époques de la vie de cette femme. À ses côtés, on ressent la colère adolescente face au carcan familial, on éprouve les pulsations et la sensualité des nuits parisiennes, on partage les doutes et les angoisses d’une femme incertaine de son propre instinct maternel. Tout entier tendu vers la question de la survie de l’enfant, ce texte est animé de bout en bout par l’incroyable élan vital de Sibel, déterminée à aller de l’avant envers et contre tout, sans jamais renoncer à la moindre parcelle de sa liberté et de son bonheur de vivre. (Presentation des éditions Philippe Rey)
    Illustration musicale : Sezen Aksu – Ünzile.
  • Oyinkan Braithwaite, romance et croyances au Nigeria

    01/05/2026
    Oyinkan Braithwaite est née en 1988 à Lagos, au Nigeria. Son premier roman Ma sœur, serial killeuse (La croisée, 2019) a connu un grand succès mondial (traductions dans 34 pays, en cours d’adaptation au cinéma) et critique (sélections du Booker Prize, Women’s Prize, lauréat du Crime Book of the Year). Son nouveau roman Filles maudites mêle fantastique et romance avec une famille à Lagos qui, depuis plusieurs générations, semble être la cible d’une malédiction, et particulièrement les femmes. 
    Traduction de l'anglais par Christine Barbaste
    Eniiyi, jeune femme de Lagos, au Nigeria, a grandi dans la peur d’être la réincarnation de Monife, sa tante enterrée le jour de sa naissance. Depuis, sa vie a été marquée par des ressemblances troublantes avec cette disparue, dont le fantôme flotte dans les conversations familiales. Lorsque Eniiyi rencontre le garçon qui pourrait la faire chavirer, elle doit affronter ses craintes, le regard des aînées, et les secrets d’une lignée que l’on dit maudite.
    Roman familial teinté de mystère, histoire d’amour et de superstitions, Filles maudites nous plonge dans le destin de femmes au cœur d’un Lagos bouillonnant, et signe le grand retour de la reine du suspense africain, après le succès international de Ma sœur, serial killeuse. (Présentation des éditions La croisée).
  • Au cœur du 4ème Festival du Livre Africain de Marrakech

    24/04/2026
    Depuis 2023, le FLAM est devenu un rendez-vous majeur de la littérature. Carrefour où se retrouvent chaque année les écrivains d'Afrique du Nord et subsaharienne, mais aussi des diasporas aux Caraïbes, en Europe et Amérique du Nord, le Festival du Livre Africain de Marrakech qui se tient actuellement brille plus que jamais et porte et haut fort la flamme de l'imagination, de la pensée et du dialogue. Sur place, grand reportage.
    Avec l'écrivain et artiste Mahi Binebine, un des cofondateurs du FLAM ; Pierre Assouline, écrivain et juré du Prix Goncourt ; Marie-Denise Douyon, autrice et illustratrice pour la jeunesse et Alain Mabanckou, écrivain et directeur de la collection « Poésie », aux éditions Points où a paru le recueil "Carnets de vertiges" de Marc Alexandre Oho Bambe, invité du Flam.
    Orients Editions
    Editions Robert Laffont
    Editions Muzikiddy Marie-Denise Douyon
    Editions Points
  • Cap sur Saint-Pierre et Miquelon avec la romancière Anne-Solange Muis

    17/04/2026
    C’est un bout de France qui se trouve à plus 4 000 kilomètres de l’hexagone. Un archipel situé en Amérique du Nord au sud de Terre-Neuve. Un territoire d’Outre-mer nommé Saint-Pierre et Miquelon en référence à ses deux îles principales. Là sur une surface de 242 kilomètres carrés vivent environ 6 000 habitants, parmi lesquels peut-être les personnages du nouveau roman de la géographe et éditrice Anne-Solange Muis qui vient de publier « Écume d'hiver » chez Phébus.
    Anne-Solange Muis est géographe. Elle a créé la maison d’édition Terre Urbaine, qui publie des essais sur l’écologie, les territoires et la ville. Son premier roman, Une île pour elle, a reçu plusieurs prix, dont le prix Amerigo-Vespucci.
    Dans le village de Miquelon, l’hiver a tout effacé et l’horizon n’existe plus. C’est ici que sont nés Michel et Jean, deux frères qui vivent de la pêche traditionnelle à la morue. Mais un soir de grand froid, Jean disparaît. Son sort va alors sceller le destin de son fils Yoann, contraint à revenir sur l’île qu’il avait quittée enfant. Se heurtant à un quotidien où la nature guide tout, cet homme devra renouer avec la terre qui l’a vu naître et, qui sait, avec son passé.
    À travers des chapitres composés comme des tableaux, Anne-Solange Muis plonge le lecteur dans les paysages et les légendes de Miquelon-Langlade, à Saint-Pierre-et-Miquelon, ce bout de France perdu aux confins de l’Atlantique Nord. Et bâtit, avec une langue d’une infinie sobriété, le décor immense d’une vibrante histoire de transmission. (Présentation des éditions Phébus).
    Invitée du Festival « Livre Paris » du 17 au 19 avril.
    Finaliste du Prix Ouest France Étonnants voyageurs 2026.
    Sélection du Prix Gens de Mer 2026.
    Illustration musicale : «River Side» d'Agnès Obel.
Acerca de Littérature sans frontières
Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; 22h30 vers l'Afrique haoussa ; et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles. 
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