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  • Une terre, une auteure : au Burkina Faso avec Roukiata Ouedraogo

    05/06/2026
    Premier épisode de cette série inédite qui propose une rencontre avec un.e auteur.e sur sa terre natale. Aujourd'hui l'humoriste, comédienne et écrivaine Roukiata Ouedraogo, née au Burkina Faso et qui ici se livre sur son enfance, ses débuts et ses combats. Grand entretien à Ouagadougou.
    « Je suis autrice, humoriste et comédienne franco-burkinabè. Née au Burkina Faso, j’ai grandi entre Fada N’Gourma et Ouagadougou avant de m’installer en France au début des années 2000. Mon parcours artistique s’est construit à la croisée du théâtre, de l’écriture, de l’humour, de la radio et de l’engagement. » (autoportrait de l'autrice sur RFI).
    Livres cités dans l'entretien :
    « Dans sa petite chambre de bonne du 18è arrondissement, Roukiata fait son sac : demain, elle rentre chez elle, au Burkina Faso. Que prendre, que choisir, que laisser ? Comment faire plaisir à toutes et à tous, sans se faire totalement dépouiller ?… Entre jolis petits hauts colorés made in Paname Tati, que s’arracheront ses cousines, et le grille-pain deux fentes avec tiroir ramasse-miettes à offrir à sa mère, Roukiata nous raconte sa folle jeunesse, lorsqu’elle était jeune gazeuse des faubourgs Ouagalais, jusqu’à sa vie actuelle dans le « Little Africa » parisien.
    On rit devant la galerie des braiseurs de poulet bicyclette, les mégères du quartier, les coiffeuses de Château-Rouge ! On succombe devant les techniques de drague des garçons choco et les ruses déployées pour feinter le papa nommé « Chien Méchant » afin de ne pas rater le bal des bacheliers… Accompagné par le dessin virevoltant et dansant d’Aude Massot, ce livre est un hymne à l’enfance, la famille, l’amitié, la différence…
    On y rit beaucoup… mais pas que. » (Présentation des éditions Sarbacane).
    De sa plume, légère et nostalgique, Roukiata raconte avec tendresse et humour son enfance au Burkina-Faso. Les sécheresses écrasantes et les pluies diluviennes, la chaleur de ses habitants, la corruption et la misère. Elle raconte sa famille, l’injustice qui les frappe avec l’arrestation de son père. Mais, surtout, elle raconte sa mère. Cette femme, grande et belle, un « roc » restée seule pour élever ses sept enfants, bataillant pour joindre les deux bouts, en vendant sur le pas de sa porte ses délicieuses galettes. Des galettes au miel qui, pour la jeune Roukiata, auront toujours le goût de l’enfance et du pays natal. (Présentation des éditions Slatkine et cie)
    SITE OFFICIEL DE ROUKIATA OUEDRAOGO 
    ILLUSTRATION MUSICALE : Ouagadougou - DESIRE SANKARA.
  • Marina Yaloyan, à la recherche du temps perdu en Arménie

    22/05/2026
    Il y a 35 ans, la chute de l’empire soviétique entrainait dans son sillage quinze républiques satellites, dont l’Arménie. Une période historique dense et poignante restituée dans un premier roman extrêmement sensible et onirique intitulé La petite pianiste d’Erevan, publié aux éditions Albin Michel. Une fiction signée de Marina Yaloyan installée aujourd'hui en France et qui a grandi à la croisée de plusieurs pays de l'Arménie à la Russie en passant par les États-Unis. Grand entretien.
    Petite pianiste prodige, Verochka grandit à Erevan, en Arménie, dans une famille d’intellectuels communistes, au milieu des livres, des certitudes idéologiques et de la musique qui lui ouvre un autre horizon.
    Mais lorsque, en 1991, l’Union soviétique vacille, son univers se fissure et l’Histoire s’invite dans chaque foyer. La population crie famine. On brûle les livres pour se chauffer. La rue est le théâtre de violentes manifestations. Pénuries et guerres larvées sont la conséquence de l’effondrement du régime communiste à venir…
    Verochka se raccroche alors à un espoir fragile : réussir le concours qui lui permettra d’intégrer une prestigieuse école de musique moscovite.
    Chronique familiale, fresque poignante d’une époque, La petite pianiste d’Erevan raconte, à hauteur d’enfant, l’éveil d’une conscience, quand la musique et l’imagination deviennent les seuls refuges face à l’effondrement d’un monde. (Présentation des éditions Albin Michel)
    Illustration musicale : Rachmaninov : Piano Concerto No.2 in C Minor Op.18
  • Yanick Lahens, lauréate du Grand Prix du roman de l'Académie française

    15/05/2026
    Ce sont des femmes qui ont été laissées dans l’ombre, invisibilisées, des femmes ordinaires qui pourtant ont fait montre d’une force extraordinaire pour exister, pour survivre et pour transmettre la vie, l’espoir à leurs enfants. Des femmes « potomitan », comme on dit en créole, car elles portent le toit du monde à bout de bras. Un roman leur redonne une voix, un corps, un nom, c’est celui de Yanick Lahens paru sous le titre Passagères de nuit aux éditions Sabine Wespieser et récompensé par le grand prix du roman de l’Académie française 2026.
    Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti. Elle y a fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires, avant de partir en France pour son cursus universitaire en lettres modernes. Elle retourne en Haïti en 1977. Elle y enseigne la littérature à l’université d’État d’Haïti et participe, à l’Institut pédagogique national, à la mise en place de la réforme qui contribuera, entre autres, à introduire l’enseignement du créole dans les premières années de l’école primaire. Elle anime une émission culturelle, Entre nous, sur Radio Haïti Inter et publie ses premiers articles sur la littérature et la société haïtiennes.
    Elle quitte l’enseignement universitaire en 1995 et, après avoir été membre du cabinet du ministre de la Culture Raoul Peck, elle intègre la direction du projet de La route de l’esclave, qui s’intéresse à la problématique de l’esclavage à travers les sciences et les arts, et ce jusqu’à cessation des activités de ce projet en Haïti, en 2000. À la même époque, elle devient membre du comité de rédaction de la revue haïtiano-caribéenne Chemins Critiques, qui a représenté un moment important de la réflexion en Haïti et dans la Caraïbe. Elle a été membre du Congrès international des études francophones, organisme fondé par des universités nord-américaines. Elle est membre, jusqu’à aujourd’hui, du comité de rédaction de la revue franco-haïtienne Conjonction, et publie dans des revues haïtiennes et étrangères. Elle a récemment intégré le conseil d’administration de l’université Quisqueya (Port-au-Prince).
    À lire aussiRetour « Dans la maison du père », avec la romancière Yanick Lahens
    En 1998, elle fonde, avec d’autres écrivains, l’Association des écrivains haïtiens, et continue d’animer des séminaires sur la littérature.
    En 2008, elle met sur pied une fondation qui encadre ses jeunes dans des activités de sensibilisation aux questions sociales. Elle apporte un appui à des associations qui travaillent à la promotion de la lecture, à l’implantation de bibliothèques et à l’organisation d’événements culturels.
    En 1990 paraît son essai, Entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien (Deschamps, Port-au-Prince), bientôt suivi de deux recueils de nouvelles : en 1994, Tante Résia et les dieux (L’Harmattan, Paris) et, en 1999, La petite corruption (éditions Mémoire, Port-au-Prince). En 2000, son premier roman, Dans la maison du père, paraît au Serpent à plumes (Paris), puis, en 2005, un troisième recueil de nouvelles, La Folie était venue avec la pluie (Presses nationales, Haïti). Toutes ses nouvelles parues – pour beaucoup inédites en France – sont reprises dans un recueil intitulé ​​​​​​​L’Oiseau Parker dans la nuit et autres nouvelles, paru chez Sabine Wespieser éditeur en mars 2019.
    À partir de 2008, tous ses livres sont publiés chez Sabine Wespieser éditeur : ​​​​​​​La Couleur de l’aube (roman, 2008), ​​​​​​​Failles (récit, 2010), ​​​​​​​Guillaume et Nathalie (roman, 2013), ​​​​​​​Bain de lune (roman, 2014) et ​​​​​​​Douces déroutes (roman, 2018).
    Dans la maison du père a obtenu le Literatur Preis en 2009 au Salon du livre de Leipzig ; ​​​​​​​La couleur de l’aube, le prix Millepages 2008, le prix RFO 2009, le prix Richelieu de la ​​​​​​​Francophonie 2009 et le prix des lecteurs de la ville Vincennes dans le cadre du Festival America en 2010 ; ​​​​​​​Guillaume et Nathalie, le prix ADELF en 2013 et le prix Carbet des lycéens 2013 ; ​​​​​​​Bain de lune, le prix Femina en 2014. Son dernier roman, ​​​​​​​Passagères de nuit, paru à la rentrée littéraire 2025, est lauréat du Grand Prix du Roman de l’Académie française.
    À lire aussiLe Grand Prix du roman 2025 de l'Académie française attribué à l'autrice haïtienne Yanick Lahens
    Ses œuvres sont traduites en anglais, en brésilien, en catalan, en japonais, en allemand et en italien. Des traductions sont en cours en norvégien et en espagnol.
    Yanick Lahens a été honorée par l’organisation de femmes ​​​​​​​Kay Fanm pour son implication citoyenne en 2007. Par le ministère des Affaires étrangères et l’Organisation de la francophonie en Haïti, par la Haitian Studies Association pour l’ensemble de son œuvre et par l’association culturelle ARAKA. Elle a été la première femme invitée d’honneur de la Foire du livre ​​​​​​​Livres en Folie en Haïti, en 2009, et a été nommée par la France officier des ​​​​​​​Arts et des Lettres en 2009.
    Saluée par le Collège de France comme « ​​​​​​​une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », Yanick Lahens a donné le 21 mars 2019 la leçon inaugurale de la chaire des Mondes francophones intitulée ​​​​​​​Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter, diffusée sur France Culture vendredi 12 mars 2021 et ​​​​​​​à réécouter ici et à lire ici.
    En octobre 2020, Yanick Lahens est récompensée par le Prix Carbet pour l’ensemble de son œuvre « pour sa contribution à une meilleure connaissance de la littérature et de la culture haïtienne ainsi que de la représentation du monde caribéen ».
    « Toujours avancer sans se retourner, c’est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince.
    Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n’a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d’un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d’Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l’avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n’a plus jamais accepté de se soumettre au désir d’un homme. Confiante dans la force qu’elle a tôt transmise à sa petite-fille en l’invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n’hésite pas à couvrir sa fuite : Élizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d’un homme qui traverse la ville en libérateur.
    En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C’est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d’émancipation.
    Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l’autre "une semblable, une sœur échappée à la rudesse des conventions", la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l’histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance. » (Présentation des éditions Sabine Wespieser)
  • Devenir femme, de la Turquie à la France, avec la romancière Sevin Sahin

    08/05/2026
    Combien de temps, combien d’épreuves faut-il pour devenir femme ? Combien de frustrations, d’injonctions, de rébellions, doit-on endurer pour être soi-même et s’accepter telle quelle ? Autant de questions qui traversent ici le premier roman de Sevin Sahin, mon invitée, qui publie La fille de la Colline, aux éditions Philippe Rey, où elle mêle trois voix à trois époques différentes qui définissent une seule et même personne : Sibel, que l'on suit d'Ankara à Paris. Grand entretien.
    Sibel, qui s’était pourtant juré de ne jamais avoir de fils, est mère d’un jeune garçon de deux ans. Depuis qu’il est dans le coma, elle est à son chevet, se relayant furtivement avec son mari, qu’elle ne fait plus que croiser depuis quelques années. Angoissée par la possibilité de perdre cet enfant, elle est épaulée par Elsa, infirmière à l’accent ensoleillé, et par le docteur Beausert, qui ne la laisse pas indifférente…
    Tandis que Sibel veille, ressurgissent les souvenirs de deux périodes fondatrices : son enfance en Turquie, sur la colline Pomme près d’Ankara, dans la communauté alévie marquée par les traditions qui ne laissaient aucun avenir aux femmes en dehors du mariage ; et l’époque où, après son arrivée en France, elle a passé ses nuits dans des clubs, dealeuse occasionnelle, accro à l’ecstasy, à la musique électro et aux hommes. Si elle a désormais mis un terme à cette vie d’excès, Sibel cherche un sens à son identité fragmentée pour sauver son fils…
    Sevin Sahin entremêle avec brio et une énergie contagieuse les trois époques de la vie de cette femme. À ses côtés, on ressent la colère adolescente face au carcan familial, on éprouve les pulsations et la sensualité des nuits parisiennes, on partage les doutes et les angoisses d’une femme incertaine de son propre instinct maternel. Tout entier tendu vers la question de la survie de l’enfant, ce texte est animé de bout en bout par l’incroyable élan vital de Sibel, déterminée à aller de l’avant envers et contre tout, sans jamais renoncer à la moindre parcelle de sa liberté et de son bonheur de vivre. (Presentation des éditions Philippe Rey)
    Illustration musicale : Sezen Aksu – Ünzile.
  • Oyinkan Braithwaite, romance et croyances au Nigeria

    01/05/2026
    Oyinkan Braithwaite est née en 1988 à Lagos, au Nigeria. Son premier roman Ma sœur, serial killeuse (La croisée, 2019) a connu un grand succès mondial (traductions dans 34 pays, en cours d’adaptation au cinéma) et critique (sélections du Booker Prize, Women’s Prize, lauréat du Crime Book of the Year). Son nouveau roman Filles maudites mêle fantastique et romance avec une famille à Lagos qui, depuis plusieurs générations, semble être la cible d’une malédiction, et particulièrement les femmes. 
    Traduction de l'anglais par Christine Barbaste
    Eniiyi, jeune femme de Lagos, au Nigeria, a grandi dans la peur d’être la réincarnation de Monife, sa tante enterrée le jour de sa naissance. Depuis, sa vie a été marquée par des ressemblances troublantes avec cette disparue, dont le fantôme flotte dans les conversations familiales. Lorsque Eniiyi rencontre le garçon qui pourrait la faire chavirer, elle doit affronter ses craintes, le regard des aînées, et les secrets d’une lignée que l’on dit maudite.
    Roman familial teinté de mystère, histoire d’amour et de superstitions, Filles maudites nous plonge dans le destin de femmes au cœur d’un Lagos bouillonnant, et signe le grand retour de la reine du suspense africain, après le succès international de Ma sœur, serial killeuse. (Présentation des éditions La croisée).
Acerca de Littérature sans frontières
Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; 22h30 vers l'Afrique haoussa ; et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles. 
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