Littérature sans frontières
Último episodio
88 episodios
- À l'heure du festival « America » qui réunit une cinquantaine d'écrivains à Vincennes près de Paris, rencontre avec Colum McCann pour son nouveau roman intitulé Ce qui nous frôle sous la surface (Belfond). Une fiction où l'auteur irlandais nous embarque sur un cargo qui remonte la côte de l'Afrique de l'Ouest, spécialisé dans la réparation des câbles sous-marins par lesquels circulent toutes les connexions internet. Une métaphore de notre monde, en panne, comme ses personnages brisés.
Né en 1965 à Dublin, Colum McCann est l'auteur de sept romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, Meilleur Livre de l'année du magazine Lire et lauréat du National Book Award, Transatlantic et Apeirogon, lauréat du Prix des lectrices de Elle et du prix du Meilleur Livre étranger, d'un témoignage coécrit avec Diane Foley, American Mother (2024), ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, et d'un texte à dimension autobiographique, Lettres à un jeune auteur. Il préside également l'association Narrative 4 qui prône l'empathie radicale par l'échange d'histoires. Tous ses ouvrages sont traduits chez Belfond et repris chez 10/18.
Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants.
Traduit de l'anglais (Irlande) par : Clément Baude.
« Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats.
Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations.
Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine.
Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective... »
(Présentation des éditions Belfond)
Illustration musicale : Ted Hawkins There stands the glass. - Pour la première fois, la romancière Véronique Ovaldé livre un récit personnel consacré à sa mère. Intitulé Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion), ce texte est une enquête familiale où l'autrice s'interroge sur la capacité d'une femme à résister à l'enfermement d'un système, d'une époque, d'un époux. Un récit ancré dans la réalité mais porté aussi par les pouvoirs de la littérature : imaginer et rêver d'autres vies, d'autres destins.
Véronique Ovaldé a publié onze romans, parmi lesquels Et mon cœur transparent (prix France Culture-Télérama), Ce que je sais de Vera Candida (prix Renaudot des lycéens 2009, prix France Télévisions et Grand Prix des lectrices de ELLE), Des vies d’oiseaux, La Grâce des brigands (L’Olivier, 2008, 2009, 2011, 2013), Soyez imprudents les enfants, Personne n’a peur des gens qui sourient (Flammarion, 2016 et 2019), et plus récemment, Fille en colère sur un banc de pierre (Flammarion, 2023, prix Relay des Voyageurs Lecteurs). Son recueil À nos vies imparfaites (Flammarion, 2025), a reçu le Goncourt de la nouvelle. Son nouveau roman s'intitule Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion, 2026).
« Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme “miss martyre”. Ses belles-sœurs continuent de lui dire gentiment et sottement “tu es une vraie sainte”. Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ? »
Pour la première fois, Véronique Ovaldé s’aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d’intempestives bifurcations et d’improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l’admirable renoncement n’a pas, malgré tout, éteint la joie. (Présentation des éditions Flammarion).
Illustration musicale : Roule, de Clara Luciani. - Le 14 septembre 2026, Michel Butor aurait eu cent ans. Figure majeure du 20ème siècle et du « Nouveau roman », mouvement littéraire des années 50, il avait publié entre autres La Modification (Prix Renaudot). À l'heure où la France et le monde entier, dont les États-Unis avec un colloque international, rendent hommage à ce géant généreux avec une centaine de manifestations, et pour célébrer son centenaire, voici la version inédite d'un entretien diffusé en 2013 dans le magazine « À double titre ».
Michel Butor, écrivain, poète et essayiste français, est généralement présenté comme l'un des représentants du « Nouveau Roman » pour ses quatre romans des années 1950 : Passage de Milan (1954), L'Emploi du temps (prix Fénéon, 1956), La Modification (prix Renaudot, 1957) et Degrés (1960). Cette étiquette ne rend compte que d'une petite partie de son œuvre : dès les années 1960, il abandonne le roman pour explorer des formes d'écriture expérimentales, au croisement des arts plastiques, de la musique et d'autres cultures.
Les cinquante années suivantes sont consacrées à une œuvre très vaste et polymorphe. Enseignant-voyageur en Égypte, en Grèce, aux États-Unis et en Suisse, Michel Butor se passionne pour les lieux, les cultures et les langues. Il invente une géographie poétique du monde (Le Génie du lieu, Mobile, Boomerang), réécrit l’histoire de la littérature et de la peinture dans ses essais (Répertoire, Improvisations), et construit avec plus de 450 artistes plasticiens, photographes et musiciens — Alechinsky, Miquel Barceló, Seund Ja Rhee parmi d’autres — une œuvre de dialogue sans équivalent dans le paysage littéraire français. En 2013, l’Académie française lui décerne son grand prix de littérature pour l’ensemble de cette œuvre — il avait 87 ans.
Né à Mons-en-Barœul, formé à La Sorbonne, retiré à la fin des années 1980 dans sa maison de Lucinges (« À l’écart ») en Haute-Savoie, il n’a jamais cessé d’écrire, de correspondre, de voyager, jusqu’à sa mort le 24 août 2016. Sa maison est aujourd’hui une résidence d’artistes et Maison des Illustres (Présentation de L'Archipel Butor)
Tout le programme des manifestations en France et à l'étranger pour le centenaire de Michel Butor est à retrouver ici.
Illustrations de l'entretien :
* Chanson : À la Claire fontaine, interprétée par Manu Dibango
* Littérature : Les poètes de 7 ans d'Arthur Rimbaud
* Littérature : Les 1001 nuits, lu par Michel Butor.
* Musique : Sotto Voce de Marc Copland. - Deux femmes : une petite fille, Jeanne, et sa grand-mère, Ama, deux continents, l'Europe et l'Asie, deux histoires opposées, l’une sous le signe de l'oppression, l’autre de la liberté. Deux personnes a priori éloignées et pourtant liées par un amour inconditionnel qui, au-delà des langues, de leur culture d'origine, avaient beaucoup en commun et, pour commencer, la littérature. Ama aurait aimé écrire son histoire, Jeanne Pham Tran a réalisé son vœu avec Les ombres de l'exil où elle met en miroir leurs deux destins.
Née en 1986, Jeanne Pham Tran vit aujourd'hui en Thaïlande. Elle est éditrice et écrivaine. Après De rage et de lumière (2023) Les ombres de l'exil est son deuxième roman.
« Dans sa cuisine de Vitry-sur-Seine, je demande à Ama, ma grand-mère, de me raconter sa vie autrefois, en Chine dans les rizières, dans l’Indochine française au service du dernier empereur d’Annam, puis en France. Elle répond : à quoi ça sert ? Une histoire de nhà quê, ça intéresse qui ?
Il n’y a pas de souvenir d’enfance, dis-tu. Rien à quoi m’accrocher pour me représenter ce monde dont tu viens, ce monde que tu veux oublier alors que je ne cesse d’y revenir, d’excaver ta mémoire, notre mémoire.
J’ai cherché ce qui nous relie et nous sépare, ce chemin de boue et de poussière, cette distance spatio-temporelle réduite à néant quand nos peaux se trouvent l’une contre l’autre, quand je reconnais le parfum du riz au jasmin et le goût de ta cuisine. » (extrait)
Ce roman est une quête des origines, un voyage sur les traces effacées d’une famille française et sino-vietnamienne. Il interroge l’exil et la mémoire, ce dont on hérite ou pas, les traumas et les silences, les fantômes que l’on porte malgré soi, les assignations qui ont façonné chaque génération, l’identité plurielle et métisse.
Dans une langue vive, poignante et poétique, Jeanne Pham Tran tente de réparer, avec pudeur et tendresse, le fil brisé de la transmission. (Présentation des éditions Mercure de France)
Illustration musicale : Plantation song de Thanh Huong – Nguyen Lê - On connaissait la plume puissante d'Ananda Devi, son univers littéraire traversé de violences, de souffrances, de magie, de rébellion, mais ici c’est comme si tous ses livres précédents s’étaient rejoints dans un même fleuve : celui de nos origines. Un roman-monde fascinant qui, à travers la vie d’une communauté, nous immerge dans toute la complexité humaine. Chronique d’un royaume perdu aux éditions Grasset, est une fiction fabuleuse qui se déploie sur quatre générations du 19ᵉ siècle à nos jours sur l’île Maurice, sa terre natale, et se déroule dans un lieu qui existe vraiment, le Bouchon, même si, à partir de cette géographie réelle, elle réinvente, crée littéralement un nouveau mythe.
Née à l’île Maurice, Ananda Devi est l’autrice d’une œuvre récompensée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues. Parmi ses livres les plus marquants, Eve de ses décombres (2006, prix des Cinq Continents, prix RFO), Le sari vert (2009, prix Louis Guilloux), Le rire des déesses (2021, prix Femina des lycéens) et Le jour des caméléons (2023, prix de la Langue Française). Elle a reçu le prix Neustadt 2024 des États-Unis pour l’ensemble de son œuvre.
Au Bouchon, petit village isolé de l’île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l’esclavage. La violence se mêle à l’amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres…
Les cinq fondateurs viennent d’une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d’une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d’une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s’être liés d’amour et d’amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu’ils défendent d’un seul corps, puisqu’ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique.
Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l’histoire de l’humanité se reproduit dans l’infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l’oubli.
Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d’un Royaume perdu est le chef d'œuvre d’Ananda Devi. (Présentation des éditions Grasset)
ILLUSTRATION MUSICALE : A nou krié de Fanfan.
Acerca de Littérature sans frontières
Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; 22h30 vers l'Afrique haoussa ; et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles.
Sitio web del podcast