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  • Le Congolais Pascal Boroto, lauréat de la 5è édition du prix Voix d’Afriques

    20/03/2026
    C’est officiel depuis ce vendredi 20 mars 2026, le prix Voix d’Afriques 2026 récompense le jeune écrivain de RDC, Pascal Boroto, âgé de 24 ans, pour son premier roman intitulé : « Le nom de ma mère ». À l'occasion de la cérémonie à Kinshasa, grand reportage sur place à la rencontre du cinquième lauréat de ce prix littéraire créé par RFI, les éditions J.-C. Lattès, en partenariat avec la Cité Internationale des Arts à Paris.
    Après la Côte d’Ivoire, le Congo-Brazzaville et le Cameroun, c’est la première fois qu’un auteur de la République Démocratique du Congo est récompensé par le prix Voix d'Afriques.
    À Kinshasa, et à l'Institut Français, lieu de la remise officielle du Prix, rencontre avec quelques-uns des jurés présents : Mohamed Mbougar Sarr, le président du jury, prix Goncourt 2021 pour son roman La plus secrète mémoire des hommes ; Anne-Sophie Stefanini, directrice littéraire des éditions J.-C. Lattès ; Hemley Boum, écrivaine et lauréate du prix des Cinq continents 2025 pour Le Rêve du pécheur et le lauréat.
    D'une fratrie de six enfants, Pascal Boroto né en 2001 à Bukavu où il vit actuellement, a toujours eu envie d’écrire et de suivre les traces de sa mère la journaliste Solange Lusiku, fondatrice d’un quotidien indépendant en RDC. Après la mort prématurée de cette dernière en 2018, il a voulu lui rendre hommage dans son premier roman aujourd’hui primé Le nom de mère. 
    « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. »
    Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule.
    (Présentation des éditions J.-C. Lattès).
  • Élise Lépine chavire notre cœur avec son premier roman sombre et solaire

    13/03/2026
    C’est le portrait d’une femme dont le monde s’écroule. Jusqu’ici en mouvement, elle fait le choix de s’immobiliser quelques heures avec la mort comme tentation. Prénommée Reine, elle est, au début, du roman de mon invitée aujourd’hui, assise sur un rocher au milieu de l’océan face à une plage où dort sa petite fille de 5 ans. Deux choix s’offrent à elle : attendre que l’eau submerge son îlot et risquer de se noyer à marée haute ou nager vers le rivage rejoindre la vie.
    Cette fiction intitulée « Les courants d’arrachements » aux éditions Grasset nous emmène d’abord à Casablanca en 1955 mais aussi dans les souvenirs de Reine qui s’est constituée comme fille, comme sœur, comme amoureuse et comme mère en survivant à un grand nombre de traumatismes.
    Élise Lépine est journaliste au Point et à France Culture. Les Courants d’arrachement est son premier roman. 
    Casablanca, 1955. À marée basse, Reine est allongée sur le « rocher des condamnés. »  Ce matin, après avoir installé sa fille Rose sur le sable, elle a rejoint cet îlot minéral où, six ans plus tôt, elle passait des heures, à l’abri des regards, dans les bras de Jean, son amant.
    Pourquoi ce pèlerinage ? Elle vient d’apprendre que Jean est mort. Celui dont elle espérait tant le retour ne viendra pas la sauver de sa tante cruelle, de son frère malsain, de la vie de captive qui l’attend aux côtés de son époux, François, dans l’univers calfeutré d’une bourgeoisie qui vit ses dernières années de faste sous le Protectorat français.
    Reine cherche une raison de ne pas se laisser prendre par les courants de la marée montante pour rejoindre l’homme de sa vie dans la mort. Ses souvenirs la submergent : sa naissance en France dans une famille nombreuse des années 1930 ; la pauvreté ; la mort de sa mère ; son adoption par un couple de notables rattrapés par l’horreur de la Shoah ; l’invitation d’un oncle installé au Maroc ; la mystérieuse disparition de son amant ; le piège du mariage sans amour qui s’est refermé sur elle…
    Alternant le temps contracté des chapitres au présent où se joue le suspens d’un possible suicide par noyade et le temps dilaté des chapitres au passé retraçant l’aventure de sa vie, le premier roman d’Élise Lépine se lit comme une saga intime, une épopée dont l’héroïne solaire et désespérée devra, à la fin, choisir son destin.
    (Présentation des éditions Grasset) 
    Illustration musicale : Taragalte de OUM.
  • Laurent Gaudé, retour vers le futur et retour à la civilisation grecque

    06/03/2026
    Après « Chien 51 », adapté au cinéma, Laurent Gaudé publie la suite de son roman d'anticipation où, dans un futur proche, la planète en perdition est dirigée par des multinationales. Mais ici, dans ce deuxième volume qui porte le nom du narrateur « Zem », il y a peut-être une lueur d'espoir. Avec un narrateur qui revient sur sa terre natale la Grèce aux sources de l'humanité. (Rediffusion)
    Laurent Gaudé en sept dates. 1972 : naissance à Paris. 1997 : première pièce de théâtre : « Onysos le Furieux » est publié en tapuscrit (Théâtre Ouvert). 2001 : premier roman. « Cris » paraît aux éditions Actes Sud. 2002 : « La Mort du roi Tsongor » obtient le prix Goncourt des Lycéens. 2004 : « Le Soleil des Scorta » obtient le prix Goncourt. Ses deux derniers romans « Chien 51 » et « Zem » forment un diptyque policier dont l'action se déroule dans le futur.
    De retour dans les rues de Magnapole, Zem Sparak, l’ancien flic déclassé de la zone 3 – le « chien » au matricule 51 –, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l’homme qui a promis d’abolir les différences de classe et de réunifier la ville.
    À l’approche du jour censé célébrer l’avancée des Grands Travaux, et alors que toutes les caméras sont tournées vers le port où arrive un cargo chasseur d’icebergs, un container livre une funeste découverte : assis côte à côte, cinq cadavres anonymes portent les traces d’atroces souffrances. L’occasion pour Zem de retrouver l’inspectrice chargée de l’enquête, Salia Malberg. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce que cache le consortium GoldTex : à Magnapole, comme ailleurs, le confort des uns semble bâti sur la vie de milliers d’autres…
    Ce nouveau roman de Laurent Gaudé est un miroir tendu à nos sociétés consuméristes en proie à l’effondrement. Mais il abrite aussi l’idée d’un ailleurs, d’un refuge face au désastre, nommé résistance. (Présentation des éditions Actes Sud)
    Site de l'auteur : Laurent Gaudé.
  • Ruslan Hordiienko, de l'Ukraine à la France, du chagrin au silence

    27/02/2026
    « Viens, on va dans un café, on s'installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s'exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires... Et ce n'est qu'au bout d'un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l'on s'adresse la première parole. Ou que l'on se quitte, sans connaître la voix de l'autre. » Suite à plusieurs déceptions amoureuses, Roméo, un jeune homme d'une vingtaine d'années, propose à des femmes et des hommes de se rencontrer, en silence. 
    Originaire d’Ukraine, Ruslan Hordiienko arrive en France en 2015, à l’âge de dix-sept ans, pour étudier l’art dramatique à Strasbourg, Colmar puis Lyon. Aujourd’hui, il mêle théâtre, mouvement, performance et écriture dans sa pratique artistique, il écrit en français et Enfin silence est son premier roman.
    Extrait :
    Je suis tombé amoureux d’une fille.
    Un jour, je lui déclare mon amour, mais cet amour n’est pas réciproque. Nous devenons tout de même amis. Nous nous voyons fréquemment, jouons aux échecs et nous enivrons ensemble. L’amour m’apparaît à nouveau concevable, son refus à elle, précipité, ses yeux avides. Je commence à traduire tous ses gestes comme une invitation, tous ses regards comme une déclaration. Toutes mes pensées lui sont destinées, mon temps lui est dévolu, mes rêves lui sont dédiés. Je vois mon amour affamé, et bien que je m’efforce toujours de le lui cacher, je sens qu’elle le devine. Un soir, après une projection de film chez elle, je reste seul une vingtaine de minutes dans le hall de l’immeuble, à m’infliger le reste de la bouteille de vin qu’on avait entamée ensemble. Sûr de vouloir lui dire je t’aime. Certain de cette réciprocité. Impatient d’y céder. Je remonte, frappe à sa porte, gêné par ces mots que je suis sur le point de lui livrer, convaincu pourtant qu’elle les attend. Je lui confie 'je t’aime', je compte sur un 'moi aussi'. Non. Elle déclare n’éprouver aucune attirance pour moi, aucune passion, aucun amour. Rien. Nous nous quittons en nous prenant dans les bras, et j’associe désormais cette étreinte à un espoir mourant. Puisqu’alors je vivais dans un déni que seuls les mots ont su briser, je cherche à mieux saisir ce qui se dit sans eux, la manière dont je perçois le silence et dont je l’interprète. Me vient l’idée de m’imposer le silence comme une contrainte : si je ne l’apprivoise pas, il continuera d’inventer ses propres histoires. Je décide de rencontrer des gens sans échanger un mot, pour comprendre et réussir à ne parler qu’avec le corps. Pour tenter de lire dans un regard, un geste, un pli du visage : aveu, désir, proposition, rejet, indécision. De sorte à ne plus jamais être blessé. Comme c’est dans l’attirance et la séduction que naît mon tourment, j’en fais le point de départ. Je télécharge des applications de rencontre, sous un faux nom, par anticipation, car les mots et les prénoms n’auront pas leur place, et j’écris en description : « Viens, on va dans un café, on s’installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s’exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires… Et ce n’est qu’au bout d’un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l’on s’adresse la première parole. Ou que l’on se quitte, sans connaître la voix de l’autre. » (Les éditions les Pérégrines)
    Illustration musicale : « La tendresse », de Marie Laforêt.
  • Être femme en Bulgarie avant et après la chute du communisme avec Joanna Elmy

    20/02/2026
    À quoi ressemblait la vie en Bulgarie après la chute du Mur, quand on avait 10 ans, 30 ans, 50 ans ? Comment s’est passée la fin du régime autoritaire, la transition démocratique et comment comprendre cet appel vers le grand Ouest ? Ce sont quelques-unes des questions qui traversent le premier roman de mon invitée aujourd’hui, née à Sofia et qui a connu ces périodes qu’elle raconte à travers trois générations de femmes. Eva, Lili et Yana, grand-mère, mère et fille.
    Née en 1995 à Sofia, en Bulgarie, Joanna Elmy est écrivaine et journaliste. Diplômée de La Sorbonne, elle est l’une des principales nouvelles autrices de son pays. Son livre Porter la faute a reçu le prestigieux prix bulgare de la Littérature émergente. Ses essais et critiques sont parus dans divers journaux. Elle vit entre son pays natal et les États-Unis. Porter la faute est son premier roman.
    Traduit du bulgare par Marie Vrinat
    Yana, une jeune Bulgare née après la chute du Mur, est venue tenter sa chance aux États-Unis. Un soir, elle est témoin d'un accident de vélo. En apprenant que la victime est une autre immigrée d’Europe de l’Est, Yana est envahie par un flot de souvenirs qui mettent en scène les héroïnes de sa vie d’avant : sa mère, Lili, médecin qui a subi l’alcoolisme de son mari ; sa grand-mère, Eva, qui a survécu avec elles à la violence des hommes et du régime…
    De la maison natale d'Eva et de son village bulgare aux plages du Delaware, Porter la faute déploie avec une puissance narrative rare le destin de femmes marquées par l'exil, la culpabilité et leur quête éperdue d'un chez-soi qui n'existe peut-être nulle part. Joanna Elmy dresse le portrait magnétique d'une génération déchirée entre passé et avenir, entre fidélité et rupture, qui tente d’inventer une alternative à la résignation. 
    Ce premier roman incandescent nous plonge au cœur des plaies intimes creusées par la grande Histoire. (Présentation des éditions Le Bruit du monde).
    MUSIQUE : Nocturne Op. 9 n°2 en mi bémol majeur.

Acerca de Littérature sans frontières

Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 17h30 vers l'Afrique lusophone ; 21h30 vers l'Afrique haoussa ; et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles. 
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