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    Concert de Céline Dion à Paris: rude bataille pour la billetterie aussi bien au Canada qu'en France

    10/04/2026
    Neuf millions, c’est la population de l’Autriche, ou celle de New York. C’est aussi le nombre de personnes inscrites à la loterie officielle pour tenter d'obtenir un billet pour Céline Dion. Seize concerts, mais aucun chez elle au Canada. Pour voir la diva, c'est à Paris, en septembre prochain, que ça se passe. Un rendez-vous qui tourne au casse-tête pour ses milliers de fans québécois, coincés entre le décalage horaire, les algorithmes capricieux et des prix qui s'envolent.
    Avec notre correspondant à Montreal, Nafi Alibert
    Un latte dans une main, un téléphone dans l’autre. Ariane hésite : « Ma préférée, il y en a tellement. Celle-là. J’irais où tu iras ». Sur son écran les titres de la diva québécoise défilent sans fin. « En fait, je pense que ma playlist, c'est juste toutes les chansons de Céline… ça doit faire un bon dix heures peut-être ».
    Mais ce qu'Ariane cherche vraiment aujourd'hui, ce n’est pas de la musique : « Je regardais voir si j'avais reçu un courriel pour la prévente… Rien encore. » Alors elle rafraîchit la page. Encore. Et encore. « Trois ou quatre fois par heure peut-être. Attends, je regarde encore. Mais non, je n'ai rien. Je n'ai pas eu de chance ». 
    Après plusieurs jours d'attente, pas d’accès aux places en prévente pour elle
    « Je vais essayer de rester positive et d'espérer accéder à des billets à la vente normale ».
    Ariane le sait, les centaines de milliers de places disponibles risquent de s’envoler en un rien de temps. « Moi et mes copines, il va falloir qu'on se fasse un petit plan de match. On se met toutes à la même heure sur l'ordi en essayant d'avoir les billets. Il faudrait que je mette mon alarme. » 
    La vente générale ouvre à dix heures, heure de Paris… soit quatre heures du matin, au Québec
    « Pour Céline, on peut se lever à n'importe quelle heure », lance Jérôme. Mais lui n’aura pas besoin de réveil. Il a tiré le bon numéro dans la loterie planétaire qui a laissé Ariane, et des millions d’autres fans sur le carreaux. Il a déboursé 400  euros pour une place VIP pour la première. « Je suis comme, oh, my God, C'est incroyable. ça va arriver ! »
    Céline, c’est bien plus qu’un concert
    « Céline elle fait partie de ma vie, souligne Jérôme. Quand René est décédé, je suis allé faire la queue pendant trois heures à l'extérieur à Montréal, à moins de 31 degrés, en plein mois de janvier pour aller sur sa tombe. Comme quoi, aller jusqu'à Paris, pour Céline ça ne me freine pas.  C'est une espèce de pèlerinage collectif que je n'ai jamais fait ».
    Un pèlerinage. Le mot dit tout pour Danick Trottier, professeur de musicologie, spécialiste de Céline Dion. « C'est une des dernières stars de la pop planétaire du 20e siècle à avoir un public aussi fidèle et qui veut la revoir énormément sur scène ». 
    Derrière l’engouement, les prix eux s’envolent déjà. « On a entendu des 2000 à 3000 dollars », selon Danick Trottier.
    Face à cette flambée, Ariane hésite : « C’est quand même intense ». Pour elle, le billet reste un rêve. Plus proche que jamais… mais déjà peut-être hors de portée.
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    Législatives en Hongrie: dans les villages, le parti de Viktor Orban reste favori

    09/04/2026
    En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orban, à la traîne dans les sondages pour l'élection du 12 avril, subit sans doute l'usure inévitable du pouvoir après 16 ans de gouvernement. Mais il reste tout de même très populaire. Son électorat est estimé aujourd'hui à environ 2,5 millions de personnes. Viktor Orban a surtout la cote dans les petites villes de province. Choyés par le dirigeant nationaliste, ces communes et villages sont depuis longtemps un bastion de son parti, le Fidesz. C'est là que se joueront les élections législatives, soulignent les analystes. Dans ces villages, les routes et les conduites d'eau ont été refaites, les bâtiments publics isolés, les bains thermaux rénovés. Le chef du Fidesz a su donner aux Hongrois un sentiment de stabilité et de sécurité. Reportage de notre correspondante à Martonvasar, dans l'une de ces petites communes, à mi-chemin entre Budapest et le lac Balaton.
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    Vietnam: Hanoï se rêve en capitale mondiale avec sa «nouvelle ère» d'urbanisation

    07/04/2026
    Hanoï, capitale du Vietnam, veut s'imposer comme une mégapole internationale. Une ambition réaffirmée lors du XIVe congrès du Parti communiste en janvier, marquant l'entrée du pays dans une « nouvelle ère », parfois présentée comme une seconde phase de renouveau économique du pays. Hanoï prévoit notamment la construction du plus grand stade du monde en périphérie et un opéra luxueux, symbole de « soft power ». La ville change de visage à grande vitesse, au point d'inquiéter certains riverains.
    De notre correspondant à Hanoï,
    Un opéra à l'allure futuriste, coiffé d'un dôme inspiré de coquilles d'huîtres : ce nouveau lieu culturel pourrait devenir un symbole fort de « soft power » à Hanoï, au Vietnam. Devant le chantier, dans le quartier de Tây Hô, s'étend le lac de l'Ouest, d'où se reflètent temples bouddhistes et villas au style indochinois. En bord de rive, une femme vend des « banh tôm », c'est-à-dire des beignets de crevettes. Elle espère attirer plus de clientèle une fois l'opéra construit : « Oui, bien sûr, il y en aura sûrement plus. La plupart de nos clients viennent surtout pour faire des offrandes. Ils entrent dans le temple là-bas pour prier. Nous vendons des spécialités traditionnelles du quartier. »
    Pour mener à bien le projet, les constructeurs ont rasé une partie du quartier, suscitant la critique de riverains. Cet habitant estime que le projet d'opéra pourrait perturber la vie locale : « Les habitants vivent ici depuis longtemps, parce que les zones autour sont d'anciens villages. Ici, il y a des ensembles de pratiques culturelles et de traditions anciennes. Donc, les habitants sont installés ici depuis longtemps, ils ne veulent pas changer leur environnement de vie. »
    « Ce que tu peux garder, tu le gardes »
    À Tây Hô, quartier prisé où le foncier a flambé, de nombreux riverains questionnent aussi les indemnisations liées aux expropriations. Les autorités assurent respecter la loi foncière, réformée en 2024, qui prévoit notamment un rôle accru de l'État dans la régulation des prix et des procédures simplifiées pour les investisseurs. Pour Quang Anh, ancien diplomate vietnamien, la tension entre modernité et préservation du patrimoine reste forte à Hanoï : « Il y a une volonté de redéfinir le zonage et de redévelopper largement pour avoir des infrastructures urbaines intégrées. Ce que tu peux garder, tu le gardes, comme les anciennes maisons françaises dans le quartier français ici. Ils veulent les préserver et en faire un patrimoine culturel. »
    Le Vietnam vise une croissance ambitieuse, autour de 10% par an, avec l'objectif de devenir un pays à revenus élevés en 2045. Ces grands chantiers d'infrastructures doivent y contribuer : « Un des piliers clés de cette stratégie sera constitué par ces énormes projets d'infrastructures publiques, avec de gros décaissements qui vont aussi aider à stimuler l'économie. Hanoï, pendant longtemps, a été affectée par une très mauvaise gestion urbaine. »
    Rocades, nouvelles lignes de métro, destructions d'anciens blocs de logements hérités de l'époque soviétique... La planification concerne 126 communes et quartiers à l'échelle de toute la capitale. Hanoï se projette sur un siècle, avec une vision urbaine de long terme qui structure son développement jusqu'à l'horizon 2100.
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    En Espagne, la hausse des frais de scolarité des écoles françaises inquiète les parents d'élèves

    06/04/2026
    À partir de la rentrée 2026, les écoles françaises de l'étranger vont subir une hausse significative des frais de scolarité, décidée unilatéralement par l'État français. Cette décision, dénoncée par les parents d'élèves, poussent certains à déscolariser leurs enfants, alors que près de 400 000 enfants sont scolarisés dans le monde dans ces établissements. En Espagne, l'Association des parents d'élèves est mobilisée. Elle envisage de recourir au tribunal administratif si l'État français persiste. Le reportage de notre correspondante à Barcelone. 
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    En Pologne, l'extrême droite agite la menace d'une sortie de l'Union européenne

    05/04/2026
    En 2015, l'idée du Brexit avait inspiré le gouvernement nationaliste et conservateur de l'époque en Pologne. Le parti Droit et Justice, alors au pouvoir et en bras de fer permanent avec l'Union européenne, avait suggéré l'idée d'un Polexit, soit un Brexit à la polonaise. L'idée a depuis été enterrée. Mais aujourd'hui, alors que Varsovie est le moteur économique de l'Union européenne et que la coalition pro-européenne de Donald Tusk dirige le pays, le Polexit fait son grand retour dans le débat public.
    De notre correspondant à Varsovie,
    Le veto du président Karol Nawrocki au programme d'armement européen SAFE a ravivé le spectre jusqu'ici oublié du Polexit, une sortie de la Pologne de l'Union européenne. En refusant de signer la loi permettant à la Pologne de recevoir les crédits SAFE, le chef de l'État a justifié sa décision par des motifs souverainistes. « J'ai pris la décision de ne pas signer la loi qui permet à la Pologne de recevoir les crédits SAFE. En effet, jamais je ne signerai une loi qui entrave notre souveraineté, notre indépendance, notre sécurité économique et militaire », a-t-il déclaré. Une rhétorique eurosceptique qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des commentateurs et des responsables politiques.
    Le Premier ministre Donald Tusk a été le premier à formaliser les craintes en réintroduisant le terme de Polexit, qu'il présente désormais comme une menace réelle. « Ce qu'il est en train de se passer actuellement avec le président Nawrocki, le président du PiS Jarosław Kaczynski et les deux partis de Konfederacja, encore plus à droite, c'est une dérive ouvertement anti-européenne. Une hystérie anti-allemande, une réticence grandissante à soutenir la Pologne qui combat la Russie. Alors, appelons un chat un chat : ceux qui disent que ce sont les prémices du Polexit ont malheureusement raison », a-t-il assené. Un ton alarmiste que les responsables du parti Droit et Justice (PiS) jugent excessif, voire infondé. Le député Przemyslaw Czarnek a même tourné cette accusation en dérision, préférant parler de « Tusk-Exit » avant de lancer : « À bas le gouvernement ! »
    Pourtant, selon Malgorzata Kopka-Piatek, chercheuse à l'Institut d'affaires publiques de Varsovie, les élections législatives prévues l'an prochain pourraient rebattre les cartes. Le PiS, en quête de majorité, pourrait être contraint de s'allier avec deux formations souverainistes encore plus radicales, Konfederacja et Konfederacja de la Couronne polonaise. « Or, ces deux partis se positionnent très clairement contre l'Union européenne et pourraient exiger le Polexit comme condition sine qua non à leur participation au gouvernement du PiS », explique-t-elle. La chercheuse souligne également le rôle clé du président de la République, dont les positions eurosceptiques sont connues. « Tous ces éléments pourraient créer un effet domino. Or, il suffit d'un vote à la Diète [la chambre basse du Parlement, NDLR] et d'une signature du président pour faire sortir la Pologne de l'Union européenne », avertit-elle.
    Un autre facteur pourrait jouer en défaveur du maintien de la Pologne dans l'UE : la fin prochaine des avantages financiers qui ont jusqu'ici rendu l'Europe populaire auprès des Polonais. « Selon les estimations, la Pologne devrait devenir un contributeur net au budget de l'Europe à partir de 2034. L'Union perdra donc ce qui la rendait attractive en Pologne, à savoir les avantages financiers colossaux dont le pays a bénéficié jusque-là », analyse Malgorzata Kopka-Piatek. Dans ce contexte, la tentation du Polexit pourrait séduire une partie croissante de l'électorat.
    Avec les élections législatives d'octobre 2027 en ligne de mire, ce débat pourrait s'imposer comme l'un des thèmes centraux de la campagne. Entre rhétorique souverainiste, alliances politiques incertaines et calculs budgétaires, l'avenir européen de la Pologne semble plus que jamais incertain.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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