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    Finale de la Ligue des champions: 20 après leur finale perdu, les supporters d'Arsenal espèrent

    28/05/2026
    Le champion d’Angleterre, Arsenal, disputera ce samedi 30 mai la deuxième finale de Ligue des champions de son histoire. 20 ans après leur finale perdue à Paris contre le FC Barcelone, les Gunners ont rendez-vous à Budapest, où ils vont affronter le champion en titre, le PSG, avec l’espoir de décrocher la première Coupe aux grandes oreilles de leur histoire et d’accomplir le fabuleux doublé Premier League-Ligue des champions. 20 ans après les Invincibles d'Arsène Wenger, les supporters du club du nord de Londres ont à nouveau envie d’y croire.
    De notre correspondante à Londres, 
    Stade de France, 17 mai 2006. Les larmes coulent sur les visages des Gunners. Pendant deux décennies, cette finale perdue restera le fantôme d'Arsenal. Une cicatrice jamais vraiment refermée. Bernie y était et si à l'époque on lui avait dit qu’il aurait fallu attendre 20 ans pour revoir son club en finale de Ligue des champions, il n’y aurait pas cru. « J’ai l’impression que ça fait une éternité. Nous avions tous le sentiment et l'espoir que c'était le début d'une nouvelle ère pour Arsenal, se rappelle-t-il. Et même si nous avons atteint les quarts de finale entre-temps, nous n'avons jamais vraiment réussi à concrétiser cela en remportant la compétition. On a donc l'impression qu'il s'est écoulé un temps fou entre ces deux finales, et l'impatience à l'approche de Budapest est vraiment extraordinaire. »
    Il aura fallu vingt ans, vingt ans de reconstruction, un changement de stade, des doutes, des moqueries même. Vingt ans d'exil loin des sommets européens. Pour toute une génération de supporters d’Arsenal, on a appris à raconter la gloire en noir et blanc. Mais ça, c'était avant, avant l'arrivée d’un homme qui aura su réapprendre à Arsenal à gagner et qui aura redéfini l’ADN du club. Cet homme, c’est l'entraîneur Mikel Arteta.
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    « Vingt ans que j'attends ça »
    Au George, ce pub du nord de Londres, ce sont deux époques qui se côtoient chaque week-end. Ceux qui ont connu les sommets européens transmettent le flambeau à ceux qui étaient trop jeunes pour le voir. Pierre-Antoine fait partie de cette jeune génération de supporters qui n'étaient pas nés ou étaient bébés en 2006. En 2006, il a 10 ans. « Vingt ans que j'attends ça, j'ai attendu ça toute ma vie, les Invincibles, c'est ce qui m'a mis dans le football, mais je suis trop petit en 2004, je suis trop jeune à cette époque-là pour comprendre ce qu'il se passe, affirme-t-il. C'est trop lointain, mais suffisamment là pour m'ancrer avec mon père, qui me ramène un maillot d'Arsenal d'un voyage à Londres. Maintenant, on peut vivre un truc ensemble. Ça me donne la chair de poule rien que d'en parler. Mais là, pour moi, quoi qu'il arrive, c'est déjà une super saison. »
    Vingt ans plus tard, les maillots rouges et blancs envahissent à nouveau les tribunes d'une finale de Ligue des champions, pour effacer les fantômes de 2006 et faire entrer une nouvelle génération de Gunners dans l'histoire.
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    En Autriche, des femmes migrantes se soutiennent à travers l'association Nachbarinnen

    28/05/2026
    À Vienne, l'association Nachbarinnen (« voisines » en français) est partie d’un constat : on attend des migrants qu’ils viennent d’eux-mêmes demander de l’aide auprès des différentes associations et institutions, or, beaucoup ne le font pas, notamment à cause de la langue. La conséquence : un isolement, voire une marginalisation, en particulier des femmes. Une situation que l'association essaie de renverser.
    L’association Nachbarinnen emploie uniquement des femmes, des assistantes sociales mobiles, immigrées elles aussi, qui se rendent directement chez les familles. Le but ? Mieux repérer les situations problématiques, voire dangereuses pour les femmes, mieux les accompagner et finalement, mieux les intégrer à la société. Fatima Keblawi est l’une des dix assistantes sociales mobiles. D’origine syrienne, elle se déplace chez les familles qu’elle aide. Aujourd’hui, elle rend visite à Sherine, Syrienne comme elle, qui vit seule avec ses trois enfants.
    Aide dans les difficultés du quotidien, administratives et personnelles, mais aussi pour apprendre l’allemand ou chercher un travail : l’éventail de Nachbarinnen est très large. Aujourd’hui, Fatima et Sherine discutent des enfants, en particulier du petit dernier, Abbas, 8 ans. Fatima explique à l'enfant qu'il doit être sage à l'école. 
    Sherine a des années difficiles derrière elle. Arrivée en Autriche en 2015, son mari, plus âgé qu’elle, l’a enfermée chez eux, nous raconte-t-elle, il l’empêchait d’avoir des amis, un travail. Elle a trouvé la force de divorcer en 2018, mais s’est alors retrouvée seule avec ses enfants. Être accompagnée aujourd’hui par Nachbarinnen représente beaucoup pour elle.
    « Tu veux pleurer, mais tu n’as personne à qui te confier, nous explique Sherine, avec ses mots. Les murs des endroits où j’ai vécu, eux, se souviennent. Ils connaissent mieux que quiconque les souffrances que j’ai endurées, moi et mes enfants, témoigne-t-elle. Mais depuis que j’ai rencontré Fatima, il y a eu un changement dans ma vie. Je pense maintenant au travail, à améliorer mon niveau de langue, ça m’a donné le courage de sortir, de parler, d’apprendre et de travailler. »
    À ses côtés, son fils, Abbas, acquiesce : « Oui, Fatima est très gentille : elle nous achète des autocollants par exemple, et nous aide quand nous en avons besoin, car nous sommes seuls, sans père. »
    À écouter dans 8 milliards de voisinsQuelles réalités pour les femmes en exil ?
    « Toutes ces femmes ont un même problème : elles sont isolées »
    Pour Fatima, qui travaille chez Nachbarinnen depuis deux ans, venir de la même culture et aller chez les familles permet de mieux repérer et mieux aborder les situations dangereuses pour les femmes. « 70 % des familles à qui je rends visite sont touchées par la violence. Soit le père est violent envers la mère, soit parfois aussi envers les enfants. Sherine, par exemple, a été victime de violence, souligne l'assistante sociale. Mais toutes ces femmes ont un même problème : elles sont isolées. Elles ont besoin de quelqu’un qui leur tende la main. Le lien de confiance, c’est le plus important. Et ça ne vient pas tout de suite. Mais nous avons la même culture, la même mentalité, la même langue, ce sont des clés et sans elles, les familles ne m’accepteraient pas. »
    Depuis sa création en 2014, l’association a aidé plus de 4 600 familles. 
    À écouter dans 8 milliards de voisinsComment sortir les femmes migrantes de l‘ombre ?
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    Être Russe et critique du conflit en Ukraine

    27/05/2026
    Les bombardements russes en Ukraine, et singulièrement sur Kiev ces derniers jours, battent des records d’intensité. Les frappes ukrainiennes, elles, deviennent de plus en plus profondes dans le territoire russe, sans perspective d’arrêt des combats. La Russie, elle, recrute partout pour l’armée, surtout pour les unités de drones, y compris dans les universités les plus prestigieuses de la capitale. Certains, et ils sont très rares, ont refusé de participer au conflit, d’autres ont fini devant la justice pour le critiquer. Leurs voix sont rares et ils savent les risques de plus en plus élevés.
    C’est un message vocal qui arrive de l’intérieur d’une caserne quelque part dans l’ouest de la Russie (ndlr : pour des raisons évidentes de sécurité, RFI ne donne pas son identité) : « J'ai refusé de partir à l’opération spéciale, car pour moi, un soldat, c'est quelqu’un qui protège. Il n'y a rien d'autre à ajouter ».
    Rien de plus à dire, parce qu’Igor, qui envoie ces mots au compte-gouttes, a déjà osé l’impensable pour beaucoup de Russes.
    Il a 25 ans, il vient d’une ville du nord du pays où il ne trouvait pas de travail, dit-il. Alors avant la guerre, il a signé un contrat pour l’armée. Sans imaginer que quelques mois plus tard, son président déciderait d’envoyer ses soldats en Ukraine. « Je n'ai aucun ami participant à l’opération spéciale, je ne communique pas avec ceux qui sont devenus des combattants », dit Igor dans un autre message. « Je n'ai jamais gardé aucun contact, parce que nous n'étions pas d'accord sur ce point. Eux ont décidé qu'il était plus facile de partir, alors que moi, je suis resté et je me bats pour ne pas y aller »
    Igor est allé jusqu’à saisir les tribunaux militaires et demander la reconnaissance officielle de la fin de son contrat expiré depuis longtemps. Il se dit soutenu par sa famille et ses amis. Reste que les proches de ceux, très rares, qui ont refusé la mobilisation en 2022 et sont en prison sont paralysés par la peur et refusent de s’exprimer. 
    Peine de prison de 10 ans pour désertion
    La justice, elle, exécute sans fléchir les lois et les peines associées, comme 10 ans de prison pour désertion ou refus de se soumettre à la mobilisation partielle, et les procès pour discrédit de l’armée continuent à se tenir. C’est ce qui est arrivé à Vassili Bolchakov, rencontré par RFI en février 2024 lors de l’ouverture de son procès dans la ville de Kassimov, à près de 400 kilomètres au sud-est de Moscou. Ce qui a déclenché les poursuites, c’est une plaisanterie sous forme de dialogue imaginaire entre Vladimir Poutine et son ministre de la Défense d’alors, Sergueï Choïgou.
    Mettre en cause la tête de l’État et la conduite des opérations militaires est une ligne rouge absolue en Russie. Les enquêteurs ont ensuite cherché et évidemment trouvé d’autres commentaires sur les réseaux sociaux, et d’autres lignes rouges franchies par Vassili Bolchakov. Il a été jugé coupable de tous les chefs d’accusation et condamné à une amende de 250 000 roubles (environ 3 000 euros au cours actuel).
    Aujourd’hui, ce trentenaire père de quatre enfants a déménagé dans la ville voisine de Riazan, pour motif professionnel, dit-il. Assis dans un café, dans un mélange de russe et d'anglais, il estime avoir eu énormément de chance d’avoir écopé juste d’une amende. Il ne répétera en aucun cas les mots qui lui ont été reprochés par la justice, il pèse désormais beaucoup plus ses propos, mais il n’est clairement pas rentré dans le rang. Pour lui : « Les gens qui m’ont fait tout ça l’ont fait en toute conscience, et ils devront vivre avec ça. Chacun devra y faire face un jour ou l’autre. Mais je n'essaierais même pas de dire quand et de quelle manière les choses pourraient changer. Parce que tout peut encore devenir pire ».
    Au début du mois de mai, la Cour suprême a rendu publiques ces statistiques : en deux ans, les condamnations pour trahison ont augmenté de 460 %. La plupart des avocats spécialisés estiment que ce chiffre atteint en réalité… le double.
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    En Espagne, l'essor des églises évangéliques

    26/05/2026
    En Espagne, un temple ouvre presque tous les quatre jours. En dix ans, la communauté religieuse évangélique a augmenté de 30 %, selon la Fédération des entités religieuses évangéliques d’Espagne, qui chiffre à 1,5 million le nombre de fidèles. Désormais troisième force religieuse du pays après les catholiques et les musulmans, elle doit beaucoup à l'immigration latino-américaine. 
    Un reportage de notre correspondante à Madrid à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À écouter dans Religions du monde«Le nouveau pouvoir évangélique» : un protestantisme militant à la conquête du monde ?
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    Ukraine: à cause des drones, il est périlleux de récupérer les corps de soldats morts au front

    25/05/2026
    En Ukraine, le champ de bataille est jonché des corps de soldats. Le nombre de militaires portés disparus, bien qu'inconnu, se chiffre par dizaines de milliers. Retrouver les dépouilles est un besoin essentiel pour les familles. Mais ce travail est rendu presque impossible par la prolifération des drones sur la ligne de front. C'est la mission de ces militaires ukrainiens, rencontrés par notre correspondant en Ukraine à l'aube, dans une ferme abandonnée du Donbass, à une vingtaine de kilomètres du front.
    De notre correspondant de retour de Sloviansk,
    Un à un, les sacs mortuaires sont déchargés du camion. Il faut s'y prendre à plusieurs pour hisser les corps sur une table sommaire, dressée dans une grange à l'abri des regards et des combats. Russes et Ukrainiens y sont traités avec les mêmes égards.
    Le travail avec les morts est un labeur silencieux. Les visages sont fermés. Ce matin, une dizaine de corps sont auscultés par Oleksiy Yukov, treillis militaire, casque sur le crâne : « Il s'agit du corps d'un soldat de la Fédération de Russie. C'est ce qu'indiquent son équipement et son matériel militaire. Malheureusement, aucun signe distinctif personnel ni document d'identité n'a été retrouvé. »
    Oleksiy Yukov et son équipe – une dizaine de militaires – parcourent le champ de bataille au péril de leur vie, pour en extraire les corps des soldats. Depuis quatre ans, plus de 3 000 dépouilles ont ainsi été exhumées du front ukrainien, « de nos propres mains », nous explique-t-il, certaines parfois portées à dos d'homme. Une mission devenue presque impossible aujourd'hui.
    « Si tu sors, tu ne reviendras pas »
    « L'arme la plus effrayante que j'ai vue dans cette guerre, ce sont les FPV, les drones », lâche Oleksiy Yukov. Ces engins kamikazes sont équipés d'une caméra qui permet à l'ennemi de traquer une cible à distance. Ils pullulent désormais à proximité de la ligne de front : « L'épuisement émotionnel arrive quand tu n'as pas la possibilité de récupérer les corps. Quand tu les vois, mais que tu ne peux rien faire. Tu ne peux tout simplement pas sortir de ta position pour aller les chercher et les évacuer. Il y a des drones, le terrain est à découvert, et tu comprends que si tu sors, tu ne reviendras pas. »
    De sa voix douce, à peine audible, Arthur, 29 ans, le regard dissimulé derrière ses lunettes de combat, nous détaille son travail : « Sur la ligne de contact, quand c'est possible, une voiture nous dépose. On travaille une heure, une heure et demie maximum. Très peu de temps. S'il y a des corps, on ne les met même pas dans des sacs : on les charge dans la voiture et on repart aussitôt, pour éviter les drones. »
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    « Les échanges de corps ont commencé »
    Depuis le début de l'invasion du pays en 2022, Arthur assiste Oleksiy dans sa funeste mission. Lui aussi est habité par le devoir mais, l'émotion affleure chez le jeune homme, entre déférence pour les défunts et vertige de côtoyer toute cette mort : « Au début, quand on allait récupérer des Russes, tout le monde disait : ''À quoi bon ?'' Ensuite, les échanges de corps ont commencé. Un corps russe, c'est au moins un corps ukrainien rendu. Et puis, il y a cette question : que sommes-nous si des corps restent sur notre terre, mangés par les chiens, sans que nous ne fassions rien ​​​​​​​? »
    Avec l'arrivée des drones, ces missions de récupération ont diminué de 90%, nous confie Dmitro, le chauffeur du camion. La matinée avance. Le soleil est maintenant levé. Les corps sont numérotés, avant d'être envoyés à la morgue, dans l'ouest du pays. Oleksiy se demande si ce n'est pas l'une des dernières fois qu'il pourra encore venir chercher les morts sur le front du Donbass.
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