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    Au Qatar, le pari d'une mosquée dédiée aux femmes pour questionner les mentalités

    28/03/2026
    C'est un lieu très rare dans le monde musulman. Alors que les mosquées sont essentiellement fréquentées par les hommes et que les espaces pour les femmes y sont souvent réduits en surface, le Qatar a décidé de bousculer la donne. À Doha, la capitale, une mosquée pour femmes a été ouverte il y a deux ans.  Au-delà du lieu de prières, cette mosquée souhaite aussi questionner les mentalités et rappeler que la moitié des fidèles sont des femmes. RFI a obtenu l'autorisation de visiter cette mosquée pas comme les autres.
    De notre envoyée spéciale à Doha,
    Assise à même le sol, Lamia El Kamel semble absorbée par sa psalmodie des versets du Coran. Cette Soudanaise avoue qu'elle n'était pas habituée à fréquenter les mosquées avant de découvrir ce lieu réservé aux femmes. « Dans une mosquée pour femmes, tu te sens à l'aise. Tu t'assois comme tu veux. Tu n'es pas dans le contrôle. Quand tu es dans une mosquée pour femmes, tu as l'impression qu'il n'y a que toi et Dieu. La société est loin », confie-t-elle.
    Ce lieu de culte, d'une superficie de 4 600m², se distingue par son design contemporain. Conçue par un duo d'architectes new-yorkais très en vue, la mosquée Al Mujadilah a été voulue par Cheikha Moza, la mère de l'actuel émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani. Elle en a confié la direction à l'islamologue Sohaira Siddiqui, qui guide les visiteurs à travers ses espaces. « L'architecture de la mosquée est très féminine, non ? », lui demande-t-on. « Oui. Quand on conçoit une mosquée pour femmes, il y a des critères subtils à prendre en compte, vous savez. Les courbes, l'élégance, l'élévation, et je trouve que ce lieu incarne tous ces éléments », répond-elle.
    Nous sommes ici dans la salle de prière, qui peut accueillir jusqu'à 800 personnes. « On a aussi une bibliothèque. On y trouve par exemple ce livre : Les femmes, la famille et le divorce dans l'histoire de l'Islam. Autre livre ici : Introduction à la banque et à la finance islamiques. Ou encore : Les femmes, la science et la technologie. Certains ouvrages parlent de religion et d'autres sont juste centrés sur la femme », précise Sohaira Siddiqui. Le lieu comprend également des jardins, des terrasses et un café au design épuré, où l'on entend le bruit apaisant d'une machine à café.
    Le concept séduit Hajer Naïli, une Française travaillant dans l'humanitaire et de passage à Doha. Mug à la main, elle explique qu'entre deux sessions de travail, elle prend le temps de prier. « C'est juste agréable en tant que femme d'avoir un vis-à-vis sur l'imam, de pouvoir entendre le sermon sans avoir à être derrière une barrière, un rideau ou cachées », témoigne-t-elle.
    Avec ce lieu de culte, Sohaira Siddiqui espère secouer les mentalités. Pour amplifier son message, la mosquée a lancé son propre podcast. « Le premier épisode commence avec une phrase que les femmes musulmanes entendent fréquemment : "Il vaut mieux qu'elles prient à la maison." La question qu'on veut soulever, c'est : qu'est-ce que nos mosquées deviennent quand on part du principe que les femmes feraient mieux de prier chez elles ? On a oublié qu'il y a un milliard de femmes musulmanes dans le monde. Ce qui est énorme quand on y pense », souligne-t-elle.
    Tout sourire, Sohaira Siddiqui révèle avoir été approchée par plusieurs pays souhaitant s'inspirer de ce modèle. Une initiative qui pourrait bien essaimer au-delà des frontières du Qatar.
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  • Reportage international

    En Autriche, les élèves au défi de tenir trois semaines sans portable

    27/03/2026
    Trois semaines sans votre smartphone, en seriez-vous capables ? C’est le défi que viennent de relever plus de 70 000 élèves autrichiens. L’idée est partie d’un établissement de Gänserndorf, en Basse-Autriche, où un professeur de biologie, Fabian Scheck, avait lancé ce défi à ses élèves l’an passé. Ils viennent à nouveau de participer à l’expérience qui se fait cette fois à l’échelle de toute l’Autriche et qui vient tout juste de s’achever le 24 mars. RFI s’est rendu à Gänserndorf, dans une des classes de Fabian Scheck en plein milieu de ce défi. 
    De notre envoyée spéciale à Gänserndorf,
    Dans cette classe de Vienne, une vingtaine d’élèves âgés de 10 et 11 ans participent à une expérience inédite : passer trois semaines sans smartphone. La plupart d’entre eux reconnaissent y passer au moins trois heures par jour. Anika, l’une des élèves, explique son utilisation : « Moi, j’utilise mon portable surtout pour communiquer et aussi quand je m’ennuie. WhatsApp, YouTube et aussi des jeux. »
    Pour ces jeunes, ce défi représente un véritable challenge, mais Lina n’a pas hésité à s’y joindre, comme l’ensemble de ses camarades. « Je veux passer moins de temps sur mon téléphone, et je me suis dit que ce serait un bon début. J’aimerais avoir plus de temps pour d’autres choses et ne pas être tout le temps distraite par mon téléphone. Avant, par exemple, je regardais toujours des trucs sur mon téléphone avant de me coucher, mais là, ne plus le faire m’aide à dormir plus tôt et je sens que je suis moins fatiguée », confie-t-elle.
    Des effets positifs
    Fabian Scheck, leur professeur, les interroge sur leur ressenti après plusieurs jours d’expérience. « Cela me permet de trouver des nouveaux loisirs et de mieux réviser pour l’école », affirme une élève. Si les premiers jours sans téléphone ont été difficiles pour la plupart, avec parfois des symptômes de sevrage, les effets positifs se font déjà sentir. Amina et Öslim, deux amies de la classe, partagent leur expérience. « J’arrive mieux à me concentrer à l’école et à obtenir de meilleures notes. Et ça fait du bien parce que ça me permet de passer plus de temps avec ma famille ou mes amis », explique Amina. « Moi aussi, j’ai beaucoup plus de temps pour étudier et je ne remets plus les choses à plus tard. Quand j’ai quelque chose à faire, maintenant, je le fais tout de suite. J’aimerais bien continuer après à réduire le téléphone », ajoute Öslim.
    Ce défi, auquel participent 72 000 élèves autrichiens, est également suivi par des scientifiques. Fabian Scheck, à l’origine de cette initiative, se réjouit de l’engouement qu’elle suscite. « Un mouvement s’est créé et cela permet de sensibiliser les gens à cette question. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes le font, mais je sais que, grâce à notre initiative, de nombreux parents se demandent désormais : "Est-ce que je ne pourrais pas moi aussi réduire un peu mon temps d’écran ?" Mais évidemment, ceux qui sont le plus vulnérables, ceux à qui cela fait le plus de mal, ce sont les jeunes, car leur cerveau est encore en train de se développer. Il est donc essentiel que nous en discutions, y compris avec les responsables politiques, en Autriche et dans l’Union européenne », souligne-t-il. À la fin de l’échange, ses élèves n’ont qu’un mot à lui adresser, en français dans le texte : « Merci ! »
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    À Londres, une école produit son électricité grâce à un projet solaire local

    27/03/2026
    Un quartier qui se cotise pour acheter des panneaux solaires et devenir auto-suffisant en énergie, à moindre coût : pour l’instant, c’est encore une utopie, mais au Royaume-Uni, plusieurs coopératives tentent de s’en approcher. Le gouvernement vient d’ailleurs d’annoncer des financements pour encourager le développement de ces systèmes. Emeline Vin a visité une école de Londres qui s’est lancée dans l’énergie communautaire.
    À 500 mètres de la gare Eurostar de St Pancras, à Londres, sur le toit d’un lycée, 200 panneaux solaires ont été installés, il y a deux ans, par l’association Power Up North London. « Nous avons un accord sur 20 ans. Nous, nous fournissons l’endroit, et nous nous engageons à acheter l’électricité pendant 20 ans – le prix ne bouge pas ! Power Up possède les panneaux, les fait fonctionner et s’occupe de la maintenance pendant 20 ans. L’école n’a pas dû fournir de capital, c’était vraiment gagnant-gagnant », explique Julian Race, le gérant commercial du lycée Regent’s School.
    Les panneaux solaires fournissent 10% de l’électricité de l’établissement. Les week-ends et les jours de vacances, l’énergie non utilisée est rachetée par le réseau national – une économie de 45 000 euros par an pour l’école. « Ça nous protège un peu contre les variations de prix [de l’énergie]. Ces installations nous rendent un peu plus autonomes. Et dans le quartier, les habitants constatent ce qui peut être fait à l’échelle locale. Et en plus, on rejette moins de CO2 qu’avant ! », dit-il.
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    Un impact social au-delà de l’énergie
    Les économies pourront aussi aller à des actions de lutte contre la pauvreté, qui concerne 7 élèves sur 10 du lycée. Dans le nord de Londres, Power Up a déjà lancé une quarantaine de projets similaires : des particuliers, souvent des riverains, achètent des actions à 100 ou 200 euros. La présidente Tanuja Pandit explique le principe : « Les actionnaires investissent avec un objectif de 4,5% d’intérêts en plus de récupérer leurs apports. C’est un investissement, pas un prêt ». 
    Power Up ne s’arrête pas à la pose de panneaux solaires ou de pompes à chaleur. « Dans cette école, on organise des clubs "énergie verte" pour sensibiliser les élèves. Ils en parlent ensuite à leurs parents, qui en parlent autour d’eux... Les impacts, tangibles ou non, sont nombreux », ajoute-t-elle.
    Un modèle en expansion mais encore limité
    À l’échelle du pays, il existe plus de 600 organisations comme Power Up North London, qui produisent l’équivalent de la consommation annuelle de 213 000 maisons. À Londres, la pionnière, c’est Giovanna Speciale. Pour elle, l’énergie communautaire pourrait, à terme, représenter une solution nationale, à une condition : « Les normes doivent changer, il y a trop d’obstacles. Chaque site nous demande un travail exorbitant. Déjà que seule une minorité de bâtiments peut prétendre [à accueillir des panneaux solaires], cela dépend entièrement de la motivation et de l’investissement des acteurs, beaucoup n’ont tout simplement pas les ressources, ce n’est pas leur priorité ». 
    Le gouvernement britannique doit investir un milliard de livres sterling dans les mois qui viennent pour soutenir la création de nouveaux projets d’énergie communautaire. 
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    En Allemagne, l'extrême droite en embuscade aux élections professionnelles

    26/03/2026
    L'extrême droite allemande ne progresse pas uniquement en politique. Zentrum, une organisation proche du parti extrémiste de droite AfD, veut profiter des élections professionnelles qui ont démarré début mars dans le pays pour mettre un pied dans les usines allemandes. Reportage dans la plus importante usine de Mercedes et ses 12 500 salariés, à l'est de Stuttgart.
    De notre envoyée spéciale à Untertürkheim,
    Devant la porte des usines Mercedes, à Untertürkheim, 13h30 sonne l'heure du changement d'équipes sur le parking des salariés. Comme partout en Allemagne, on vote chez Daimler pour le renouvellement du comité d'entreprise.
    Dans un contexte de crise de l'automobile, l'ambiance dans l'usine est plutôt tendue, comme l'explique Pedro, un ouvrier espagnol qui s'apprête à monter sur son vélo : « Dans les périodes de campagne, l'ambiance est toujours un peu tendue, on sent une certaine nervosité. Tout le monde ne parle que des élections. Zentrum ? Oui, je crois qu'ils s'engageraient aussi bien qu'IG Metall le fait depuis des années. »
    Dans la cage d'escalier du parking, les affiches des listes en campagne confirment la joute entre IG Metall, syndicat historique de la métallurgie, réputé proche des sociaux-démocrates, et Zentrum, proche du parti d'extrême droite AfD. « IG Metall est l'ennemi préféré de Zentrum. Pour Zentrum, le conflit salariés-patrons, la lutte des classes, ne jouent aucun rôle. Leur adversaire, c'est toujours IG Metall », explique la chercheuse Daphne Weber, qui étudie les syndicats de droite.
    Il y a quelques semaines, la patronne de l'AfD, Alice Weidel, est venue à la rencontre des ouvriers devant les grilles de l'usine Daimler. Une source d'inquiétude pour Danial Bamdali, ouvrier turc en poste chez Daimler depuis 2010 et membre d'IG Metall. « Ce qui nous inquiète, c'est cette agitation d'extrême droite, ici, dans l'entreprise, explique-t-il. Et ce qui nous affecte, c'est que la direction soutient ça, puisqu'ils ne font rien contre. »
    « L'extrême droite obtiendra davantage de mandats »
    Zentrum, qui n'est pas reconnu comme un syndicat, est dépourvu de toute expérience en matière de négociations tarifaires. Christian Steffen, responsable de la stratégie politique chez IG Metall dans le sud-ouest du pays, doute que cela freine l'extrême droite : « Nous supposons qu'il y aura, aux élections des comités d'entreprise, des résultats qui, en partie, ne vont pas nous plaire. L'extrême droite obtiendra davantage de mandats, mais je ne crains pas de tremblement de terre. »
    Zentrum, 18 élus dans les comités sortants, ne pèse pour l'heure pas grand-chose sur un total de 180 000 élus dans les entreprises du pays. Mais il menace la paix sociale, surtout dans l'automobile. Et il fragilise les syndicats confrontés à la progression du vote d'extrême droite chez les ouvriers.
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    En Pologne, la ville de Stalowa Wola attend les fonds européens du programme de défense Safe

    25/03/2026
    En Pologne, après le veto du président Karol Nawrocki au plan européen Safe, qui doit permettre aux pays de l'UE d'augmenter leurs capacités militaires, le gouvernement pro-européen de Donald Tusk élabore une solution pour ne pas perdre les 44 milliards d’euros de crédit destinés à ce pays frontalier de l'Ukraine et principal bénéficiaire de ces prêts à taux préférentiel. Cette décision du président conservateur, qui refuse de s'endetter auprès de Bruxelles, divise le pays, et en particulier la petite ville de Stalowa Wola : elle abrite une usine d’armement historique et attend beaucoup des fonds qu'elle devrait recevoir.
    Un reportage de notre envoyé spécial à Stalowa Wola à retrouver en intégralité dans Accents d'Europe.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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