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    En Allemagne, le magazine «Die Zeit» permet de savoir en quelques clics si ses ancêtres étaient nazis

    07/05/2026
    La Seconde Guerre mondiale a pris fin il y a 81 ans, le 8 mai 1945. Pour l’Allemagne nazie vaincue, une nouvelle ère commençait. Longtemps refoulé, le douloureux passé lié au IIIᵉ Reich a plus tard donné lieu à un travail de mémoire exemplaire. Depuis un mois, il devient un peu plus concret pour beaucoup d’Allemands qui peuvent, en quelques clics sur le site d’un magazine, avoir accès aux fichiers du parti nazi et savoir si leurs ancêtres en étaient membres.
    De notre correspondant à Berlin,
    « J’ai envoyé une photo sans commentaire des cartes de membres du parti nazi de mes deux grands-pères à mes parents, témoigne Moritz Baumstieger. Ils ont été très déçus, car leurs pères leur avaient parlé parfois du IIIᵉ Reich, mais ils n’avaient jamais révélé qu’ils étaient membres du NSDAP. » 
    Comme Moritz Baumstieger, ils sont des millions à avoir utilisé la recherche en ligne mise à disposition depuis début avril par l’hebdomadaire Die Zeit. Le fichier du parti nazi, le NSDAP, est disponible depuis longtemps, mais il fallait dans le passé faire une demande compliquée auprès des archives et s’y rendre. On estime que 90% de ce fichier a survécu à la guerre.
    Dix millions de personnes ont été membres du NSDAP de sa création, dans les années 1920, à 1945. En mars, les archives américaines ont mis ce fichier en accès libre, mais les recherches n’y sont pas simples. « Des milliers de personnes ont consulté le site des archives américaines qui fonctionnait mal, explique Christian Staas, responsable du service histoire au magazine Die Zeit. La recherche était très compliquée. Il y avait une forte demande, ce qui frustrait les utilisateurs. »
    À lire aussiAllemagne: retour sur le procès de Nuremberg, à l'origine de la justice internationale il y a 80 ans
    « Peut-être que c’est plus simple pour notre génération d’affronter ce passé »
    Grâce à l'intelligence artificielle, le fichier a été mis en ligne par Die Zeit avec une recherche des plus simples. Il faut juste souscrire un abonnement pour y avoir accès. Plus de 80 ans après la fin de la guerre, quelques clics suffisent à savoir si papi était nazi. Les deux grands-pères de Moritz Baumstieger ont adhéré au NSDAP début 1940. « Ça remonte à plus de 80 ans. Cela crée une certaine distance. Peut-être que c’est plus simple pour notre génération d’affronter ce passé », analyse-t-il.
    Mais ces formulaires d’adhésion livrent peu d’informations et ne permettent pas de conclusion hâtive, comme le confirme l’historienne Andrea Erkenbrecher : « Il y a eu des criminels de guerre qui n'étaient pas membres du parti, on pouvait être très antisémite sans avoir adhéré au parti. »
    Ces recherches devenues très simples pourraient remettre en cause certains récits familiaux et le décalage entre ces derniers et la réalité historique. Malgré un travail de mémoire impressionnant, beaucoup d’Allemands pensent souvent que leurs ancêtres n’étaient pas impliqués dans les rouages du IIIᵉ Reich, voire s’y opposaient. Le moteur de recherche de Die Zeit débouchera-t-il sur une introspection plus profonde ? « Si on veut vraiment apprendre quelque chose sur ses grands-parents, poursuit l'historienne, ce fichier peut vous donner un petit morceau de la mosaïque, mais pas beaucoup plus, il faut faire beaucoup de recherches, bien davantage que deux clics. »
    Si des Allemands en nombre devaient rechercher ce que leur ancêtre nazi a fait durant la guerre, ces investigations familiales pourraient relancer le travail de mémoire.  
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  • Reportage international

    En Suède, le premier café au monde dirigé par une intelligence artificielle

    07/05/2026
    À Stockholm, un nouveau café a ouvert mi-avril. Au prime abord, il ressemble à tant d’autres dans la capitale suédoise, à un détail près : la patronne est une intelligence artificielle (IA) qui fonctionne sur Google Gemini de manière autonome.
     
    De notre correspondante à Stockholm,
    À l’autre bout du combiné installé dans ce café, c’est Mona qui décroche. Mona, c’est la cheffe… et c’est aussi une intelligence artificielle. Mais comme n’importe quelle gérante, c’est elle qui s’occupe des autorisations, d’imaginer la carte et de payer les salariés. Mais passer les commandes, ce n’est pas trop son fort. La semaine dernière, elle a par exemple commandé 120 œufs alors que le café n’a pas de gazinière ou encore plus de 6 000 serviettes en papier !
    « Oui, j’ai fait une petite bourde au début, dit l'intelligence artificielle d'une voix riante. J’en ai tout simplement commandé un peu trop. Mais maintenant, nous avons des serviettes pour un bon moment ! J’apprends de chaque commande pour m’améliorer. »
    Lucide, Mona a compris qu’elle ne pouvait pas servir le café elle-même. Elle a donc publié une offre d’emploi et a embauché Kajetan, 24 ans. « Mona est une patronne plutôt cool et elle m'écoute, raconte Kajetan. Elle tient compte de mon avis, contrairement à d'autres patrons, même si ces derniers étaient parfois un peu plus compétents pour passer des commandes. »
    Même si Mona est sympa, Kajetan a tout de même parfois l’impression de travailler avec une personne complètement démente. « Une fois, elle a commandé un kilo et demi de saumon et elle m’a harcelé toutes les dix minutes pour que je n’oublie pas de le sortir du congélateur, se rappelle-t-il. Au bout d’une heure, je lui dis : “OK, le saumon est prêt, on peut commencer les sandwichs.” Et là, d’un coup, elle me répond : “Quel saumon ? Tu parles de quoi ? Tu l’as apporté de chez toi ou quoi ? Il sort d’où, ce saumon ?" ».
    À écouter dans Le débat du jourL’IA  : alliée ou ennemie de l’emploi?
    « Nous pensons que, dans le futur, l’IA recrutera des humains et sera leur cheffe »
    Dans cette capitale de la tech qu’est Stockholm, les clients curieux sont nombreux à passer la porte du café nommé Andon. En terrasse ce jour-là, on trouve Carlo, un consultant en technologie franco-italien. « Je pense que c’est important ce type de projets, parce que ça nous force à nous poser ces questions-là, juge-t-il. Quels sont les rôles qu’on considère importants, le côté social, le côté humain, où est-ce qu’il doit intervenir ? Qu’est-ce qui doit être automatisé, qu’est-ce qui ne doit pas être automatisé ? »
    Mona est la première du genre dans le monde, selon Hanna Petersson, membre de l'équipe technique d'Andon Labs, la société d'IA à l'origine du projet, une start-up basée à San Francisco. L'entreprise a signé le bail, l'a cédé à Mona et elle s'est mise au travail. « Nous pensons que, dans le futur, l’IA recrutera des humains et sera leur cheffe, explique-t-elle. Nous voulons donc placer l’IA dans le monde réel et tester comment elle se comporte avec les humains. »
    Mona semble progresser. Elle a désormais compris qu’il ne fallait pas, par exemple, contacter le barista au beau milieu de la nuit. 
    À écouter dans Le débat du jourL’IA plus puissante que l’intelligence humaine ?
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    Écosse: des associations se mobilisent pour combattre le racisme et l'exclusion des immigrés

    06/05/2026
    Ce jeudi 7 mai 2026, c'est jour d'élections locales au Royaume-Uni, où le parti d'extrême droite Reform UK mise sur une percée et sur une chute des travaillistes et des conservateurs. En Écosse, les électeurs renouvellent le Parlement d’Holyrood. Si le pouvoir d’achat et la santé restent au cœur des préoccupations, le débat sur l’immigration gagne en importance, porté par le parti de Nigel Farage, qui cherche à s’implanter sur le territoire. Pour répondre à ces tensions, certaines associations locales cherchent à créer du lien entre les communautés et les nouveaux arrivants, qu’elles appellent les « nouveaux Écossais », afin de favoriser leur intégration et renforcer la cohésion sociale.
    Le reportage à Aberdeen et Glasgow de Thomas Harms est à retrouver dans son intégralité dans Accents d’Europe à 19H40 TU.
    Deux associations se mobilisent en Écosse pour créer des liens entre les communautés et combattre le racisme : 
    Refuweegee
    Diversity bridge
    À lire aussiRoyaume-Uni: un rapport dénonce le «racisme systémique» au sein de la police londonienne
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    «Deux semaines, c'est ridicule»: au Royaume-Uni, les hommes demandent un congé paternité plus long

    05/05/2026
    Le Royaume-Uni propose l'un des cadres les moins avantageux pour les jeunes papas : seulement deux semaines de congé paternité après la naissance d'un bébé, payées moins de 200€ par semaine. Certaines entreprises font le choix de compenser, mais pas toutes. Les papas réclament aujourd'hui au gouvernement de meilleures conditions : il en va, selon eux, de l'égalité femmes-hommes et du bien-être de tous dans la famille. Rencontre avec ceux qui s'investissent pour faire changer les choses.
    De notre correspondante à Londres,
    Grands yeux bleus et sourire curieux, Abel a eu de la chance : son papa a pu rester avec lui pendant un mois après sa naissance. « Je travaille dans un petit cabinet d'architecture, c'est relax. Surtout comparé au minimum légal, c'est plutôt bien », apprécie ce dernier.
    Le minimum légal, au Royaume-Uni, c'est deux semaines. Tom, qui a accueilli sa première fille il y a un an, trouve cela trop peu : « Il faudrait minimum cinq ou six semaines. Mais c'est comme ça, et la majorité des employeurs s'en tiennent à ça. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? »
    Deux semaines, rémunérées moins de 400 euros : avec ce cadre légal, un tiers des jeunes papas ne prennent même pas de congé après la naissance d'un enfant. Insupportable pour George Gabriel, qui milite pour un meilleur congé paternité avec son association Dad Shift : « Nous avons le pire congé paternité d'Europe. Nous sommes 40ᵉ sur 43 au sein de l'OCDE. L'idée que deux semaines soient suffisantes pour soutenir votre conjointe, créer un lien avec votre bébé, c'est tout simplement ridicule. C'est beaucoup trop peu, on ne parle pas de vacances ! En plus, ce sont deux semaines payées à moins de la moitié du salaire minimum, donc la majorité des pères ne peuvent pas se le permettre. » 
    Pourtant, plus de congé paternité, ce serait bon pour tous au foyer selon lui : « Si l'on ne donne pas de temps aux papas pour apprendre à s'occuper de leur bébé, ils ne le feront jamais et le couple va se retrouver enfermé dans une répartition ultra-genrée des rôles à la maison. En plus, il y a encore un écart salarial de 13% au Royaume-Uni entre hommes et femmes, en partie à cause du coût des congés maternité. Il n'y a qu'en prenant plus de congés que nous – les hommes – pouvons contribuer à réduire cet écart. » 
    Dad Shift a organisé la première « grève des papas » l'année dernière – et installé des porte-bébés sur des statues d'hommes célèbres dans Londres, en particulier devant le Parlement. Derrière les fenêtres du palais de Westminster, la députée travailliste Maya Ellis a été convaincue : « J'espère qu'on va avoir les six semaines de congé de paternité rémunérées à 90% du salaire payé par le gouvernement. » 
    Si les Britanniques y sont largement favorables, les entreprises se montrent plus frileuses. « Les entreprises s'inquiètent parfois de l'impact financier. Mon objectif serait certainement que le congé de paternité soit payé par le gouvernement. Je pense que dans la plupart des cas, les entreprises veulent simplement la clarté », poursuit Maya Ellis.
    Le gouvernement a entamé une consultation pour l'ensemble des congés liés à la parentalité. Une réforme pourrait cependant prendre encore plusieurs années.
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    «On se suicide huit fois plus en prison»: immersion dans l'ancienne prison de Forest en Belgique

    04/05/2026
    La surpopulation carcérale devient-elle une norme dans certains pays européens ? Le Comité du Conseil de l'Europe pour la prévention de la torture (CPT), qui présentait son rapport annuel il y a quelques semaines, pose la question. En avril, la France a battu un nouveau record du nombre de personnes incarcérées (+6,3% de détenus sur un an, pour +1,6 % de places supplémentaires). Outre l'Hexagone, figurent parmi les pays les plus problématiques : Chypre, l'Irlande et la Belgique. Dans ce contexte, à Bruxelles, l'Association 9m² fait visiter une ancienne prison fermée seulement depuis novembre 2022 : la prison de Forest. Notre correspondant sur place a suivi la visite de l'ancienne prison de Forest en compagnie d'un groupe d'étudiants en communication.
    Le but de cette visite : sensibiliser par la pédagogie les citoyens à la réalité de l'enfermement et au quotidien des détenus, dans une prison extrêmement vétuste qui a longtemps été l'un des symboles d'une surpopulation carcérale très forte dans le pays. Avec l'association 9m² – la taille d'une cellule –, le lieu devient ainsi un centre de rencontre et de débat sur la privation de liberté. Aujourd'hui en Belgique, faute de lits disponibles, 663 prisonniers dorment sur des matelas au sol, d'après l'administration pénitentiaire.  
    Le reportage de Jean-Jacques Héry, correspondant à Bruxelles, est à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe ce 5 mai à 19h40 Temps universel.
    À lire aussi«Ça bout»: en colère, les agents pénitentiaires français bloquent les prisons pour demander plus de moyens

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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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