Revue de presse Afrique

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- « L’Afrique a été représentée par deux joueurs dans le classement masculin du Ballon d’Or 2026, relève Fraternité Matin à Abidjan. Le défenseur marocain Achraf Hakimi s’est hissé à la 13e place du prestigieux trophée, confirmant son statut parmi les meilleurs joueurs de sa génération. De son côté, l’attaquant sénégalais Sadio Mané occupe la 29e place ex aequo avec le défenseur français William Saliba. »
Déception donc… Le site Foot Africa s’interroge : « Comment Sadio Mané est-il passé de la 2e place en 2022 à la 29e en 2026 ? Ce classement (médiocre) de l’attaquant sénégalais intervient malgré une saison impressionnante avec Al-Nassr et sa contribution au parcours du Sénégal jusqu’en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. »
Même constat pour Achraf Hakimi… « Le Marocain du PSG avait de solides arguments à faire valoir, pointe Afrik-foot. L’exercice 2025-2026 lui avait permis de garnir encore son armoire à trophées avec la Ligue des champions, la Ligue 1, la Coupe d’Afrique des nations (dans l’attente de la décision du TAS), la Supercoupe de l’UEFA et le Trophée des champions. À cela s’ajoute un quart de finale de Coupe du monde. De ce point de vue, sa treizième place représente une forme de déception. Sixième en 2025, le Marocain recule de sept rangs en un an, ce qui peut sembler sévère au vu de son palmarès. »
Pourquoi ?
Plus largement, soupire Afrik.com, « aucun joueur du continent ne figure parmi les douze premiers, alors que l’édition 2025 avait placé Mohamed Salah et Achraf Hakimi dans le top 6. (…) L’Afrique enregistre (donc) un net recul dans le classement du Ballon d’Or, constate le site panafricain. Plusieurs éléments d’explication : Mané joue désormais en Arabie saoudite, un championnat moins exposé que les ligues européennes. Son parcours à la Coupe du monde 2026 a aussi pesé. Le Sénégal a été éliminé en seizièmes de finale, et l’attaquant n’a pas marqué en quatre matchs. Enfin, la finale de la CAN contre le Maroc fait (toujours) l’objet d’une procédure devant le Tribunal arbitral du sport, ce qui laisse planer un doute sur l’attribution du titre. Achraf Hakimi recule (donc) également, déplore encore Afrik.com. Sixième l’an dernier, le latéral marocain perd sept places malgré une deuxième Ligue des champions remportée avec le Paris Saint-Germain. (…) Hakimi paie peut-être la forte présence parisienne dans le classement, qui partage les voix entre coéquipiers. Marquinhos, Mendes, Neves, Pacho et Vitinha figurent tous entre la 14e et la 25e place. Et le tenant du titre, Ousmane Dembélé, figure encore parmi les onze joueurs restants ».
« Vivement un successeur pour Mister George ! »
« Le Ballon d’Or brille, l’Afrique dort ! », peste WakatSéra à Ouagadougou. « Le prochain Ballon d’Or sera-t-il Africain ? Rien n’est moins sûr, répond le site burkinabè, mais « c’est une interrogation qui s’invite, malheureusement, très peu dans le débat, depuis le sacre, en 1995, du Libérien George Weah, le premier, et jusque-là, seul Africain, Ballon d’Or européen. (…) Certes, l’Afrique possède aussi son (propre) concours du Ballon d’Or, mais les meilleurs Africains sont sociétaires de ces grands clubs européens où ils ont exporté la magie du football du continent. Et à ce titre, ils doivent bien pouvoir être régulièrement nominés et parfois mériter le trophée ».
Alors, « vivement un successeur pour Mister George, s’exclame WakatSéra, afin que l’Afrique ne dorme plus au Ballon d’Or ! »
Les Églises évangéliques de plus en plus puissantes en Afrique
Et puis tout autre chose avec cette enquête à lire dans Le Monde Afrique, enquête sur ces « lobbys évangéliques américains qui exportent leur guerre culturelle en Afrique » : « Profitant du discours en vogue sur le continent autour des "valeurs traditionnelles africaines" menacées par la "perversion" de l’Occident, la droite évangélique américaine, constate Le Monde Afrique, a su exporter son idéologie ultraconservatrice auprès de certains dirigeants africains. »
Le premier des quatre volets de cette enquête nous emmène en Ouganda : « Ce pays, l’un des plus pieux d’Afrique, est l’épicentre d’un vaste mouvement réactionnaire qui déferle sur le continent. Depuis vingt ans, relève Le Monde Afrique, il est labouré par des lobbys évangéliques américains qui y ont vu un candidat idéal pour implanter leur idéologie visant à rejeter toute réforme progressiste : les rites évangéliques y sont en plein essor depuis le schisme du clergé ougandais avec l’Église anglicane en 2003. » - C’est « un tournant militaire inédit », s’exclame Le Matin d’Algérie. « Sans surprise, le Conseil algérien de la nation a approuvé hier à l’unanimité l’envoi d’un détachement de l’Armée nationale populaire au Niger, une décision qui marque un tournant dans la doctrine militaire du pays. » En effet, précise le site algérien, « l’Algérie a longtemps été attachée au principe de non-intervention militaire hors de ses frontières. Si ce déploiement se concrétise, il s’agira d’un engagement terrestre inédit depuis la participation de l’armée algérienne à la guerre israélo-arabe de 1973. »
« L’Algérie abandonne définitivement sa posture historique de neutralité stricte et de simple médiatrice, commente le site Algérie Patriotique. En entrant de plain-pied dans l’arène des interventions directes, elle s’affirme comme une puissance régionale prête à user de la force pour sanctuariser ses intérêts vitaux. »
Intérêts pétroliers ...
Alors pourquoi l’Algérie s’apprête-t-elle à envoyer des troupes au Niger ? La réponse tient en un mot : le pétrole. La Sonatrach, la compagnie pétrolière algérienne, exploite en partie le champ pétrolier de Kafra qui se trouve dans le nord du Niger, dans la région d’Agadez. C’est un « axe important de la coopération énergétique entre Alger et Niamey, précise le site Algérie 360. En août dernier, les deux pays ont posé la première pierre d’un programme de quatre puits d’exploration. Un gazoduc stratégique, en cours de réalisation, doit aussi exporter du gaz vers l’Europe. D’après le ministère nigérien du Pétrole, les ressources prospectives du champ pétrolier de Kafra pourraient atteindre 2 milliards et demi de barils dans sa partie nord. »
… et sécuritaires
Au Niger, la presse insiste sur le volet sécuritaire : « Cette décision des autorités algériennes s’inscrit dans le prolongement d’une série d’actions d’assistance menées au cours des derniers mois par l’Algérie pour soutenir le pouvoir en place à Niamey face aux menaces de déstabilisation, pointe le site Actu Niger. Début août, l’Algérie avait matérialisé son soutien logistique en livrant quatre hélicoptères militaires aux forces armées nigériennes. Quelques semaines plus tard, le 30 août, suite à la tentative de coup de force à Niamey, Alger avait déployé quatre avions de combat de type Sukhoï Su-30, dans le cadre d’une mission de soutien à l’armée nigérienne. (…) Et mercredi dernier, précise encore Actu Niger, l’Algérie et le Niger signaient un nouveau protocole d’accord de coopération militaire. »
Le site nigérien constate par ailleurs que les autorités de Niamey restent plutôt discrètes sur cette aide militaire : « Il faut dire que le sujet est très sensible dans le contexte de la refondation portée par les militaires du CNSP au pouvoir, qui ont fait de la fin de la présence des troupes étrangères sur le sol nigérien le symbole par excellence de la “souveraineté retrouvée et effective” du pays. Leurs premiers faits d’armes au lendemain du coup d’État contre Mohamed Bazoum, en juillet 2026, avaient été de “chasser” du sol nigérien les troupes étrangères, notamment françaises, américaines et européennes. »
Contrer les groupes armés qui opèrent depuis la Libye
Enfin, Le Monde Afrique précise qu’avec l’envoi de ce contingent, « l’Algérie ciblerait avant tout les flux de passages entre la Libye et le Niger et, au-delà, le contrôle des accès entre le Maghreb et le Sahel. Elle aurait notamment dans son viseur certains groupes armés préparant des attaques contre le régime de Niamey à partir du Sud libyen, notamment le FPL, le Front patriotique de libération. Dirigé par le chef toubou Mahmoud Salah, le FPL se réclame de l’ancien chef d’État nigérien Mohamed Bazoum, renversé par le putsch de 2023. Et il bénéficie du soutien plus ou moins avoué de Saddam Haftar, le fils et dauphin du maréchal Khalifa Haftar, l’“homme fort“ de la Cyrénaïque (la Libye orientale). »
D’après un expert cité par le journal, « l’Algérie veut surtout neutraliser cette menace en provenance du nord du Niger et qui risque de renverser la junte de Niamey ».
Commentaire du Monde Afrique : « Cet impératif s’impose d’autant plus que certains de ces groupes repliés dans cette zone – le FPL de Mahmoud Salah ou le MPLJ de Moussa Kounaï – se sont illustrés à partir de 2025 par des attaques ciblant des infrastructures pétro-gazières du Niger. » - « C’est la fin d’un long calvaire pour Claudia Abbt et Eva Gretzmacher, écrit Jeune Afrique. Les deux otages détenues depuis plus d’un an et demi par les jihadistes de l’État islamique au Sahel ont été libérées. »
Une photo les montre côte à côte, chacune le front ceint d’un turban, assises dans l’avion qui les a ramenées à Benghazi, en Libye. Car c’est la Libye qui est à la manœuvre derrière la libération de la Suissesse de 76 ans et de l’Autrichienne de 69 ans.
« C’est Saddam Haftar (le fils du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est de la Libye), nous explique Jeune Afrique, qui a servi de courroie de transmission au cours de longues et complexes négociations, durant lesquelles se sont multipliés les intermédiaires chargés de traiter avec le groupe terroriste ».
Les deux femmes ont donc quitté le Niger. L’Autrichienne Eva Gretzmacher vivait à Agadez depuis près de 30 ans et « était active au sein de l’association culturelle Amanay », précise Jeune Afrique, alors que Claudia Abbt, « mariée à un Nigérien, avait fondé Tellit, une organisation soutenant les artisans locaux ».
L'Ouganda à l'offensive
« Ebola à Abuja : la guerre diplomatique du déni sanitaire entre l’Ouganda et l’OMS », titre Afrik.com. À la base de cette guerre diplomatique, explique le site d’information panafricain, « la confirmation d’un cas d’Ebola à Abuja plonge l’Afrique de l’Ouest dans l’inquiétude. Diagnostiquée positive à la souche rare de Bundibugyo, la patiente, diplomate, se trouve au cœur d’un litige épidémiologique continental. Les institutions sanitaires internationales cherchent à retracer son itinéraire pour comprendre l’origine de sa contamination. »
Car c’est cet itinéraire qui est au cœur du débat : les autorités cherchent à savoir où précisément la patiente a pu être contaminée. L’Ouganda, où elle a séjourné, « affirme qu’elle s’est rendue en République démocratique du Congo. À l’inverse, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Africa CDC (institution de santé publique de l’Union africaine) soutiennent qu’aucun séjour congolais n’apparaît dans son dossier ».
Afrik.com rappelle que « l’Ouganda, qui s’est déclaré exempt de la maladie en juillet, rejette fermement l’existence de tout foyer actif sur son propre territoire national ». C’est la science qui devrait finalement permettre d’en savoir plus. « Pour trancher ce différend politique, les scientifiques effectuent actuellement le séquençage génétique du virus prélevé sur la malade », explique Afrik.com.
La Gambie, nouveau point de départ des migrants africains
Les routes migratoires depuis l’Afrique de l’Ouest sont en train de changer… C’est l’analyse que fait APA News sur la base de données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), publiée à la mi-octobre. Selon ces données, « le renforcement des contrôles migratoires au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal contribue à déplacer vers le sud les points de départ des migrants ouest-africains qui tentent de rejoindre l’Europe ».
C’est ainsi que la Gambie se distingue, « dans cette recomposition des itinéraires vers les îles Canaries, tandis que les opérations de sauvetage et les naufragés témoignent des risques associés à ces traversées ».
« Le 3 septembre dernier, une pirogue partie des côtes gambiennes a été secourue au sud des Canaries, après 26 à 27 jours de dérive, poursuit l’Agence de presse africaine. Selon la plateforme "Sur les traces du migrant", 128 personnes avaient embarqué au départ, mais seuls 45 passagers ont survécu. Plus de 80 personnes, dont un nourrisson, ont péri au cours de cette traversée. »
Les itinéraires des migrants évoluent, donc, et les passeurs n’y sont pas pour rien, explique APA News. « La recomposition des itinéraires s’accompagne d’une activité de réseaux présumés de trafic de migrants opérant à travers plusieurs pays. Dans une affaire révélée le 1er octobre, un réseau transnational entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau aurait ainsi été démantelé. » - Le Sénégal a entamé mercredi 21 octobre trois journées de mobilisation sociale à l’appel du Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT). « Ce mouvement, relève le site Xalima, intervient dans un climat de tensions autour du pouvoir d’achat, de l’emploi, de la protection sociale et du respect des engagements pris par l’État. Plusieurs organisations syndicales se sont jointes au mouvement, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de la justice et des transports. »
D’après le FSDT, rapporte Dakar Actu, « la première journée de grève a été massivement suivie, à 90 % sur l’ensemble du territoire national. Le FSDT qui dénonce des réquisitions illégales des autorités des régions ; des intimidations et des menaces de certaines directions ainsi que des tentatives de division entre syndicats. Enfin le Front syndical appelle l’ensemble des travailleurs à “se mobiliser davantage“ pour la poursuite de la grève aujourd’hui et demain. Il conclut son message par ces mots : “la lutte continue !“ »
Certains journaux tempèrent ce bel enthousiasme : « grève générale, impact variable », nuance Walf Quotidien. « Un mouvement en demi-teinte », relève Le Soleil.
En tout cas, constate Le Quotidien, « hôpitaux au ralenti, démarches administratives bloquées et tensions sur le réseau énergétique : la répétition des débrayages généraux plonge le Sénégal dans une crise d’une gravité inédite. Entre perte de productivité, recul des recettes fiscales et menace sur le climat des affaires, cette nouvelle vague de contestations met à rude épreuve la résilience de l’économie. »
Le bras de fer Faye-Sonko
Ce mouvement social intervient dans un contexte tendu entre le gouvernement et les parlementaires à propos du budget. « Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, rapporte Seneplus, indique que, “malgré quelques compromis notés“, un “consensus global et solide“ n’a pas pu être trouvé avec le gouvernement sur le projet de loi de finances rectificative. À la demande du gouvernement, les parlementaires ont décidé de se retrouver ce jeudi pour poursuivre les travaux de la commission. »
Et le désaccord est profond entre l’exécutif dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Pastef de son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Walf Quotidien explique : « Ce n’est pas seulement une éventuelle hausse des prix des denrées alimentaires sous les diktats du FMI qui pousse le parti d’Ousmane Sonko à menacer de ne pas voter le projet de loi de finances rectificative. Le coordonnateur national des cadres de Pastef, Amadou Babo Ba, affirme que ce projet révèle une “dégradation préoccupante“ des finances publiques du Sénégal. Mais le plus inquiétant encore, selon lui, ce sont 555 milliards de francs CFA de crédits d’investissement qui sont réduits, alors que les besoins en infrastructures, en santé, en éducation et en emploi restent considérables. »
Tendre la main aux syndicats ?
Pour Le Pays au Burkina, « Bassirou Diomaye Faye a tout intérêt à circonscrire l’incendie au risque de le voir prendre des proportions insoupçonnées. Pour ce faire, il faudra, plutôt que de se contenter de bander les muscles, tendre la main aux syndicats afin que soient trouvées des solutions durables à leurs revendications. Surtout que ces derniers accusent le duo Faye-Sonko de n’avoir pas tenu sa promesse alors même qu’il avait promis le ciel et la terre à ses compatriotes. Aujourd’hui, le constat est tout autre, pointe le quotidien ouagalais. Car, non seulement Faye et Sonko ne parlent plus le même langage au point qu’ils ne veulent plus se voir en peinture, pire, les conditions de vie et de travail des Sénégalais se sont fortement détériorées (…). »
La rupture n’est pas celle à laquelle s’attendaient les Sénégalais
Enfin, le site d’information Senego s’agace de ce bras de fer : « Lundi, les obligations du Sénégal ont plongé à New York, leur pire chute depuis début septembre. La raison est simple : Ousmane Sonko menace de bloquer le budget de Bassirou Diomaye Faye. Quand les deux hommes qui dirigent le pays ne se parlent plus que par menaces, les investisseurs font leurs valises. Ils nous avaient promis la rupture. Ils l’ont eue, s’exclame Senego, entre eux d’abord, puis avec ceux qui nous prêtent de l’argent. Résultat : un programme du FMI toujours en attente, une dette qui étouffe, des notes dégradées, une croissance tombée à 2,2 %. Le pays prend l’eau, et eux se disputent la barre. Mais qui paie au final ? Pas eux, s’insurge encore le site sénégalais. Ce sont les mamans qui comptent chaque franc au marché, les jeunes diplômés qui attendent un emploi, les malades qui attendent un lit. Chaque pourcentage d’intérêts en plus, c’est de l’hôpital et de l’école en moins. » - « L’Algérie s’impose de plus en plus comme un acteur clé sur la carte énergétique mondiale ». Constat établi par le site TSA, Tout sur l’Algérie. En effet, les exportations de pétrole et de gaz algériens ne se sont jamais aussi bien portées. Avec un client qui demande encore et encore : la France.
Alors qu’Emmanuel Macron est en tournée dans les pays du Golfe afin notamment d’accroître les importations de diesel, la France frappe aussi à la porte de l’Algérie. « Paris souhaite sécuriser ses approvisionnements auprès de sources alternatives, rapporte TSA, dans un contexte mondial tendu et alors que le pays fait face à des manifestations contre la vie chère ».
Pour le pétrole, pas de problème, pointe le site Algérie 360 : l’Algérie est actuellement en mesure d’augmenter ses livraisons de pétrole à la France. (…) Sur le front du brut et des produits raffinés, la demande française s’appuie sur une relation commerciale déjà dense. En avril dernier, la France s’est hissée au premier rang des acheteurs de pétrole algérien. Devant la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis et l’Italie ».
Le pétrole oui, mais le gaz…
En revanche, poursuit Algérie 360, c’est plus délicat pour le GNL, le gaz naturel liquéfié : « si l’Algérie dispose des marges nécessaires pour augmenter ses livraisons de brut, la Sonatrach fait face à des contraintes légales d’un autre ordre sur le GNL. L’écrasante majorité de ses capacités de production de gaz est en effet déjà engagée dans des contrats de long terme fermes. Avec des calendriers de livraison rigides qui ne permettent pas de rediriger subitement des cargaisons. Ni de débloquer d’importants volumes sans négociations commerciales et ajustements logistiques préalables ».
En fait, précise Afrik.com, « le facteur déterminant reste la demande nationale algérienne. Le gaz assure 99 % de la production d’électricité du pays, et les pics de consommation de juillet et d’août ont absorbé toute hausse de la production ».
Test diplomatique…
En tout cas, le fait que la France sollicite l’Algérie pour une fourniture énergétique accrue est un test pour le dégel des relations entre les deux pays.
« La crise s’était ouverte en juillet 2024, rappelle Afrik.com, quand Emmanuel Macron avait inscrit le présent et l’avenir du Sahara occidental dans le cadre de la souveraineté marocaine. Elle avait culminé en avril 2025 avec l’expulsion réciproque d’une douzaine d’agents diplomatiques et consulaires et le rappel de l’ambassadeur Stéphane Romatet. Le dégel amorcé en février dernier avait ramené le diplomate à Alger en mai dernier. Deux ans après le début de la brouille, Paris se retrouve donc en position de demandeur ».
Toutefois, relève encore le site panafricain, « aucun accord entre Alger et Paris n’a encore été annoncé à ce stade ».
Le Niger en manque de carburant
Le carburant toujours… En raison de la crise énergétique, de plus en plus de pays du continent connaissent des pénuries ou des restrictions. C’est le cas du Niger. « Depuis quelques jours, constate Actu Niger, la pénurie de carburants, qui affecte depuis des mois plusieurs villes de l’intérieur du pays, a fini par gagner la capitale, Niamey. De longues files d’attente sont visibles le long des artères, autour des stations-service et sur le marché noir, les prix ne font qu’augmenter à une vitesse exponentielle. Malgré les annonces des autorités sur un retour à la normale avec l’arrivée de plusieurs citernes pour ravitailler les stations-service, la situation reste critique en ce début de semaine, affectant les activités socioéconomiques et attisant des grognes circonscrites par endroits ».
Deux raisons à cette pénurie, précise Jeune Afrique : « le Niger produit du pétrole, mais ne dispose que d’une unité de raffinage aux capacités insuffisantes. L’autre explication, c’est le renchérissement de l’essence traditionnellement complémentaire venue du Nigeria. Une essence de contrebande devenue trop chère, depuis la décision du président Bola Tinubu de mettre fin, en 2023, aux subventions publiques sur le carburant ».
Pour autant, le site Tamtam info se veut rassurant : « gardons notre calme, restons unis et faisons preuve de résilience. Les pénuries actuelles constituent une difficulté à traiter avec sérieux et responsabilité, mais elles ne doivent pas nous faire oublier notre capacité à surmonter les épreuves. (…) Évitons les achats excessifs, les spéculations et la propagation de rumeurs susceptibles d’aggraver la situation ».
Acerca de Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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