Revue de presse internationale

Último episodio
24 episodios
À la Une: après les violences du week-end dernier en France, la foire d’empoigne des politiques
21/10/2026Le ton est monté mardi à l’Assemblée. L’exécutif, comme les partis du bloc central, de droite et d’extrême droite, accuse LFI, parti d’extrême gauche, d’attiser les violences, tandis que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dénonce « l’amateurisme » et les « manipulations » du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Des échanges musclés qui suscitent des réactions plutôt contrastées dans la presse française.
Ainsi, pour Le Figaro, « LFI, La France insoumise, a un incroyable culot. Depuis le premier lycée bloqué, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon allume toutes les mèches de la contestation sociale, agglomère autour de lui l’ultragauche et les pilleurs des cités avec l’objectif affiché de produire une pyrotechnie révolutionnaire à rendre Robespierre un peu plus pâle encore. Et puis, tempête le quotidien de droite, après le carnage, quand la France n’est plus qu’un tas de gravats, LFI passe sans transition de Lénine à la chanteuse Alizée, sur l’air de " c’est pas ma faute à moi" ».
Jeu dangereux ?
Non, rétorque Libération, c’est « l’exécutif qui joue un jeu dangereux à six mois de la présidentielle, en focalisant l’attention sur les casseurs et La France insoumise pour faire oublier sa faillite sécuritaire le 17 octobre. (…) On peut penser ce qu’on veut de Jean-Luc Mélenchon, et pas toujours du bien quand on se réfère à sa façon d’hystériser le débat ou ses positions sur la guerre en Ukraine, mais le tenir pour seul responsable du chaos ambiant est indigne, s’insurge Libération. À six mois d’une échéance électorale majeure, LFI a bien sûr surfé sur la colère des jeunes. Mais accuser le parti d’être à la source de l’immense pétaudière qu’est devenu le pays n’est pas sérieux ».
Funeste surenchère ?
Pour sa part, Le Monde pointe du doigt le gouvernement : « il est comptable du fiasco du maintien de l’ordre, martèle le quotidien du soir. Les violences qui ont accompagné les manifestations, samedi, résultent d’un défaut d’anticipation et d’analyse de sa part, et d’une doctrine sécuritaire inadaptée à la situation. (…) Les seules annonces concrètes restent de nature répressive – loi "casseurs-payeurs", interdiction de rassemblements, couvre-feu, allongement des durées de garde à vue. Cette stratégie conforte la radicalité des extrêmes du champ politique au lieu de s’efforcer de les neutraliser. C’est le très grand péril de la période qui s’ouvre, déplore encore Le Monde. En ajoutant l’inefficacité du 17 octobre à des années de durcissement du maintien de l’ordre, le gouvernement a exposé le pays à une funeste surenchère : toujours plus de force, toujours moins de mesure et de contrôle dans son usage ».
Un boulevard pour Le Pen…
Le Temps à Genève s’interroge : « À six mois du premier tour, comment les événements du 17 octobre peuvent-ils influencer les rapports de force pour la présidentielle française ? » Réponse du quotidien suisse : « les scènes de pillages pourraient renforcer une demande d’ordre déjà forte dans le pays. Une équation politique qui a de quoi bénéficier à Marine Le Pen, qui cherche à incarner le parti de l’ordre ».
Le Guardian à Londres renchérit : « Après les violences et le chaos en France, il n’y a qu’une seule bénéficiaire : Marine Le Pen ».
Lutte des classes générationnelle !
« Un État qui décourage sa jeunesse est un endroit où il ne fait bon vivre pour personne » : c’est le titre d’une longue analyse à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Ce n’est pas un phénomène propre à la France, relève le quotidien allemand. La colère de la jeunesse se propage à travers l’Europe comme une traînée de poudre. Face à cette violence effroyable, il est presque facile d’oublier que nombre de leurs préoccupations sont légitimes. Il ne faut pas laisser aux partis extrémistes le soin de trouver des solutions ».
Enfin, la Repubblica à Rome souligne le décalage démographique qui affecte toute l’Europe : de plus en plus de vieux et de moins en moins de jeunes… « La majorité des ressources sont allouées aux tranches d’âge les plus élevées, pointe le quotidien italien. Le rapport de force politique leur est favorable et l’argent va aux retraites, au détriment de l’éducation, de la formation et du logement, des secteurs essentiels pour les jeunes générations. Autrement dit, conclut la Repubblica, nous assistons à une lutte des classes générationnelle acharnée. Ce seul fait explique en partie pourquoi la jeunesse italienne, comme celle d’autres pays européens, est si démunie et déprimée ».- « Coût de la vie, conditions d’études, logement… Liés ou non aux manifestations françaises, les rassemblements se multiplient à travers le continent et virent parfois aux affrontements » : c’est ce que constate notamment Libération à Paris.
« En Italie, la vie chère au centre de la révolte » ; « en Belgique, les lycéens en toile de fond » ; « en Albanie, sixième jour de colère des étudiants » ; « en Allemagne, une contestation à bas bruit dans les établissements scolaires » ; et « en Grèce, au Portugal et en Espagne, l’éducation et le logement dans tous les esprits. »
« Il n’y a pas qu’en France que le coût de la vie mobilise et que les citoyens s’inquiètent des conséquences de la hausse du prix de l’énergie, relève également Le Monde, d’autant que dans les prochains mois, des élections à haut risque politique, sur fond de montée de l’extrême droite, sont prévues en Espagne, en France, en Italie, en Pologne et en Grèce. Lors de leur réunion à Bruxelles, la semaine dernière, les chefs d’État et de gouvernement européens ont d’ailleurs longuement débattu de la manière de faire baisser la facture de leurs concitoyens, ayant tous en tête le mouvement des "gilets jaunes" qui avait embrasé la France, à l’automne 2018 ».
Pauvres manifestants…
Car, ces derniers jours, en France mais aussi en Belgique ou en Italie, on n’a pas assisté à une convergence des luttes, mais, relève Le Soir à Bruxelles, à une « convergence des agents du désordre. (…) Pauvres lycéens, pauvres manifestants de bonne foi, soupire le journal, dont le mouvement a été sali par des casseurs qui n’ont que faire de leur combat. Les manifestants belges, à Bruxelles comme à Liège, ont été victimes du même phénomène, les violences occultant leurs revendications. En France, aux militants de l’ultra-gauche se sont joints des pilleurs. Dans leur ligne de mire : des lieux de pouvoir ou… des consoles de jeux ».
Et Le Soir de constater que « la France s’est appauvrie. Au bord de la crise financière, elle s’enfonce dans un syndrome du déclin. Les partis politiques de gouvernement ne s’en sont jamais remis, favorisant l’émergence de deux forces radicales qui polarisent le pays à l’extrême. Dans six mois, si tout continue comme ça, prévient le quotidien belge, il est à craindre que la France écope de la double peine : l’extrême droite au pouvoir et, dans la foulée, le chaos ».
Un avant-goût ?
En effet, relève le Guardian à Londres, « les derniers sondages indiquent que l’avance considérable de l’extrême droite se creuse à l’approche de la présidentielle. Parallèlement, le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, continue de devancer ses rivaux progressistes, même si les chiffres suggèrent qu’il serait largement battu au second tour par Marine Le Pen. Dans un climat de plus en plus tendu, la France se dirige vers une crise majeure en mai. De façon alarmante, les violences civiles observées ce week-end ne sont peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend ».
Et en attendant, déplore Le Temps à Genève, « l’Assemblée nationale sans majorité même relative, et le paysage politique français plus largement, est actuellement incapable de construire le moindre consensus sur les questions polarisantes. Les partis sont chauffés à blanc par la campagne présidentielle en cours et ne cherchent qu’à affirmer sans mesure ce qui les distingue pour mobiliser au maximum leur électorat. Préférant surfer sur l’émotion du moment que de trouver une issue nécessairement complexe ».
Obligation de résultat
Et on revient au Monde qui estime dans son éditorial qu’« Emmanuel Macron ne doit pas répéter les mêmes erreurs que par le passé. Le rétablissement de l’ordre républicain est un préalable indispensable pour entamer les discussions promises avant-hier avec l’ensemble des acteurs, et ainsi reprendre le fil d’un dialogue social rompu depuis trop longtemps. Mais il y a, cette fois, une obligation de résultat, tonne Le Monde. Écouter et respecter ses interlocuteurs d’abord, mais surtout apporter une réponse politique concrète à leurs différentes revendications. L’exécutif ne peut plus se permettre d’émettre une nouvelle fin de non-recevoir. La paix sociale ne pourra se reconstituer qu’à cette condition ».
Enfin, vu des États-Unis, cette remarque du Wall Street Journal : « la France traverse une crise démocratique violente et la situation risque fort de s’aggraver. Mais il ne faut pas croire que cela soit impossible aux États-Unis, compte tenu du contexte politique actuel ». - Des violences et des affrontements ont duré jusqu'à tard dans la soirée hier à Paris, au lendemain d'une journée de mobilisation massive dans le pays. « Ils étaient cinq fois plus, rapporte Libération, cinq fois plus que les 150 000 manifestants anticipés par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Samedi 17 octobre, entre 500 000 à 800 000 personnes ont défilé dans les rues de France, pour l’essentiel dans le calme », relate le journal français.
« Un écart qui interroge : le gouvernement et les forces de l’ordre ont-ils suffisamment pris au sérieux les appels à manifester de ce week-end ? Les critiques et les questions fusent quant à la gestion de cette journée, jusqu’au sommet de l’État », poursuit Libération, qui veut faire dans ses pages, « l'anatomie d'un fiasco ». « Il était à peine 12h20, sur la place de la République, à Paris, lorsque le gaz lacrymogène a commencé à se répandre dans le ciel, accompagné par des explosions de grenades assourdissantes. Soit près de deux heures avant le départ officiel du cortège. Des scènes similaires ont été observées à Marseille, à Bordeaux aussi, où le rassemblement a dégénéré en une dizaine de minutes à peine. Même situation à Clermont-Ferrand. À chaque endroit, ces manœuvres ont scindé les cortèges, favorisant la dissémination des groupes et une perte de contrôle des forces de police. Une stratégie qui a favorisé toute cette casse que l’on a observée », analyse Sébastian Roché, sociologue spécialiste des pratiques policières, dans les pages de Libération, qui s'interroge sur le nombre de policiers potentiellement insuffisant, mais samedi en fin de journée, Laurent Nuñez assurait pourtant « ne pas avoir sous-dimensionné le dispositif ».
Emmanuel Macron a pris la parole face à la situation
Il « s’est engagé dimanche à répondre à certaines revendications des manifestants, mais sans donner de précisions », estime le New York Times, outre-Atlantique. À part les condamnations de rigueur, il n’a présenté « aucune concession concrète aux manifestants, se contentant d’affirmer qu’à six mois de la présidentielle, la France avait besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade ».
Depuis Madrid, El Pais déplore le fait qu' « il n’a pas eu un seul mot pour les étudiants mutilés par les engins explosifs de la police ». La Vanguardia de son côté, juge que le dirigeant français est apparu « quelque peu impuissant, se limitant à des formules de circonstance », alors que « le conflit ne montre aucun signe d’essoufflement ».
Les réactions internationales évoquent un mouvement de la jeunesse européenne
Le Japan Times parle de « certaines des pires violences de rue qu'ait connues la France depuis des années, avec des pillages et des monuments incendiés ». Depuis New Dheli, « les manifestations en France ont donné l'impression d'être en guerre » ajoute de son côté le Hindustan Times. « Paris se réveille dévastée après une nuit d'horreur », renchérit Clarin à Buenos Aires, désolation, destruction et un avenir sombre ont marqué le lendemain des pillages », après « l'une des nuits les plus violentes dont la France se souvienne ». « En France et dans le monde entier, les étudiants se révoltent, poursuit le journal argentin, cette fois, ce n'est pas la révolution, mais la précarité qui les unit. Tout comme en 1968 fut un combat pour la liberté et la joie, il s'agit aujourd'hui d'un combat pour éviter de sombrer dans la pauvreté ». Et « comme toujours, tout a commencé en France, note Clarin, ce phénomène a donné naissance à un vaste mouvement de jeunesse réclamant des réformes systémiques. Il s'est désormais étendu à la Belgique, à l'Italie, à Lisbonne et au Canada ».
La nouvelle génération refuse de se laisser faire, estime El Pais à Madrid. « Les Français ont inspiré les étudiants belges et italiens, "Faisons comme en France", scandent-ils depuis le sud du continent. En Italie, note le quotidien, la nuit de samedi à dimanche a dégénéré en émeutes dans plusieurs villes, notamment à Milan, rappelant les événements survenus en France. Aujourd'hui, en Europe, à l'aube d'un cycle électoral crucial où se joueront les gouvernements de quatre des cinq pays les plus peuplés de l'UE, les jeunes partagent un mécontentement générationnel marqué par le sentiment que leur avenir devient de plus en plus incertain et précaire ». - Cette guerre, c’est celle qui oppose l’Ukraine à la Russie, « une guerre à laquelle Donald Trump avait promis de mettre fin rapidement », rappelle le New York Times.
Or, « la décision provocatrice du président ukrainien de poursuivre ses attaques contre les raffineries russes, souligne l’incapacité du président Trump à mettre fin à une guerre qu’il avait promis de résoudre », accuse le quotidien américain qui rappelle que « durant sa campagne électorale de 2024, le président Trump avait promis une baisse des prix et une fin rapide de la guerre en Ukraine. Deux ans plus tard aucun de ces objectifs n’a été atteint ».
C’est d’autant plus contrariant pour le président américain que les élections de mi-mandat approchent. Or, remarque le New York Times, « dans sa course effrénée pour faire baisser les prix du carburant avant ces élections, Donald Trump a encore davantage compromis ses efforts pour instaurer la paix en Ukraine ».
« En échange de la levée des sanctions sur le diesel russe la semaine dernière, la Russie n'aurait fait aucune concession, ajoute le quotidien américain, mais la Maison Blanche semble espérer que les électeurs se soucient davantage des efforts de Donald Trump pour faire baisser les prix, que du sort de l’Ukraine… »
« Discussions houleuses »
À Bruxelles, le budget de l’Union européenne se discute âprement. « Après une douzaine d’heures de négociations qui se sont terminées peu avant minuit, raconte die Welt, l’UE est encore loin de parvenir à un accord sur un budget septennal (…) Des sources gouvernementales allemandes indiquent que le débat sur le prochain méga-budget a été "controversé" ». Comprendre, en langage non-diplomatique, que « les discussions en coulisses ont été houleuses ».
Pour le quotidien allemand, « il est clair, désormais, que Paris et Berlin, autrefois moteurs de l’UE, restent largement irréconciliables sur la question budgétaire ». « Le chancelier allemand Friedrich Merz réclame une réduction significative (…) du budget actuel de la Commission européenne », alors qu’Emmanuel Macron, « soutient la proposition de la Commission européenne d’une augmentation massive des dépenses, de près de 50 % par rapport au budget actuel ».
À Paris, le Figaro juge que « le fossé se creuse entre ceux qui bénéficient à plein des largesses de Bruxelles et ceux qui, soucieux de leurs deniers, en ont assez de payer l’addition. »
« Les Européens auront-ils un budget à Noël ? » questionne de son côté Le Monde. « Rien n’est moins sûr », ajoute le quotidien français.
Quant au journal en ligne Mediapart, il estime que « l’opposition classique entre "dépensiers" et "radins" ne doit pas masquer l’enjeu principal : la capacité de l’Union à produire des biens publics à la hauteur du moment historique ».
Témoignages poignants
Le Guardian, publie un reportage sur les fillettes afghanes vendues par leurs parents. « Face à la famine qui frappe les familles en raison du dérèglement climatique, explique le quotidien britannique, beaucoup se sentent contraints de "sacrifier" leurs filles pour sauver leurs frères et sœurs ».
C’est la photographe française Elise Blanchard, qui a réalisé ce reportage pour le Guardian, « elle a rencontré des filles de 8, 10 et 14 ans, fiancées ou mariées, pour rembourser des dettes ou se nourrir ».
Une décision qui déchire les parents : Bana, la mère de Gulalai, 11 ans, confie « qu’elle aurait préféré qu’elle meure plutôt que d’être mariée à un homme aussi vieux ». Il s’agit « d’un homme d’une quarantaine d’années auquel ses parents devaient de l’argent ».
Khomaka, 30 ans, raconte, elle, « que son mari a conclu un accord pour marier leur fille Fatemah, âgée de deux ans, seulement trois mois après sa naissance. L’urgence est apparue car les parents n’avaient pas les moyens de payer le faible coût du transport pour emmener à l’hôpital, leur fils de huit ans souffrant d’un cancer du sang et qui a besoin d’une transfusion sanguine chaque semaine ».
Des témoignages poignants, qui accompagnent les nombreuses photos de ces enfants et leurs parents. - « Certains responsables ukrainiens (et en premier lieu le président Zelensky) soupçonnent le pire, s’exclame le Wall Street Journal : que le président Trump ait ordonné à Elon Musk, propriétaire de la société qui exploite le réseau Starlink, de restreindre l’accès de l’Ukraine aux systèmes satellitaires. Ces soupçons, qui n’ont pas été confirmés, soulignent à quel point les relations entre les États-Unis et l’Ukraine se sont détériorées ces dernières semaines, alors que Trump cherchait à mettre fin à la guerre. Ces derniers jours, rappelle le quotidien américain, Trump a proposé d’acheter du carburant russe dans le cadre d’un accord lucratif sur le diesel, il a exigé la démission du président ukrainien et il a décrété un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l’Ukraine, cessez-le-feu que Moscou a presque immédiatement violé. Résultat, pointe le Wall Street Journal : une Ukraine furieuse, les alliés de l’Amérique ébranlés et une fracture grandissante au sein du Parti républicain concernant la politique étrangère de Trump à l’approche des élections de mi-mandat. »
La « perfidie » américaine
Désormais, soupire la Repubblica à Rome « l’Ukraine craint de se retrouver sans défense, sans bouclier ni épée. C’est comme si les ailes de ses drones, qui lui assuraient jusqu’ici une résistance face à une armée bien plus puissante, étaient brisées. Le charme technologique a été rompu avec l’interruption des services militaires du réseau Starlink : à savoir le système Starshield qui dépend exclusivement du Pentagone. Dans un incroyable renversement d’alliances, tempête le quotidien italien, la Maison Blanche soutient désormais le Kremlin et lui offre l’opportunité de percer les défenses de Kiev. »
« Trump est-il en train de saboter la défense de Kiev ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung qui répond sans ambages : oui… Et « si cette situation perdure, pointe le quotidien allemand, la capacité de l’Ukraine à se défendre contre l’agresseur russe s’en trouvera gravement compromise. »
Le Guardian à Londres dénonce ce qu’il appelle « la perfidie américaine » : « Trump est furieux des attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes. Mais le véritable facteur qui influe sur les prix mondiaux de l’énergie n’est pas la défense de l’Ukraine face à l’agression russe, s’exclame le quotidien britannique, mais bien l’échec de la guerre menée par Trump contre l’Iran. Or, le président américain est incapable d’admettre la moindre erreur. En rejetant la faute sur Zelensky, il peut nier sa propre responsabilité et, avec l’encouragement malveillant de Poutine, raviver l’idée absurde selon laquelle l’intransigeance ukrainienne, et non l’agression russe, serait la raison pour laquelle sa promesse de négocier un accord de paix reste lettre morte. »
Les Européens vont-ils resserrer les rangs ?
« Qui peut encore croire Donald Trump ? », s’interroge Le Monde à Paris. « Certainement pas les Ukrainiens. (…) Qui peut encore croire Donald Trump ? Sans doute pas les Russes, qui pensent pouvoir le manipuler. (…) Qui peut encore croire Donald Trump ? Surtout pas les Européens, tant de fois trompés. (…) Et puisqu’ils sont désormais lucides sur Donald Trump, ils peuvent, s’ils le veulent vraiment, reprendre l’initiative, affirme Le Monde. Utiliser leur propre logiciel stratégique. Déployer tous les efforts possibles pour fournir les armes qui peuvent aider Kiev à augmenter la pression sur Moscou – les missiles à longue portée allemands Taurus, par exemple. Débloquer enfin les avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine. Élaborer un plan sérieux de désescalade. Et ne plus croire qu’on peut croire Donald Trump. »
En effet, précise Libération, « réunis à Bruxelles à partir d’aujourd’hui, les Vingt-Sept vont devoir acter ce qui ressemble à un lâchage en règle de l’Ukraine par Washington. Et aborder, demain vendredi, en présence de Volodymyr Zelensky, la façon dont il faut resserrer les rangs autour de lui, et compenser le désengagement américain. »
Et même passer à la vitesse supérieure, tonne Libération : « à l’heure où Trump et Poutine se rapprochent, et alors que la possibilité même pour les Ukrainiens de se mettre à l’abri est menacée par la limitation de Starlink, il est urgent que les Vingt-Sept se mettent d’accord sur la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. »
Acerca de Revue de presse internationale
Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.
Sitio web del podcast