Grave problème de santé publique dans de nombreux pays, notamment en Asie et en Afrique, la rage entraine des dizaines de milliers de décès chaque année, dont 40% parmi les enfants de moins de 15 ans. Ce virus infecte les mammifères et se transmet à l’humain par la salive, principalement lors de morsures et d’égratignures. Si un vaccin existe, il est souvent difficile d’accès pour les populations vulnérables. Comment améliorer l’accès au vaccin et au traitement de prophylaxie post-exposition pouvant sauver la vie ?
La rage est une maladie du système nerveux central. Cette infection virale, transmise à l’humain par la salive des mammifères lors d’une morsure ou d’une griffure, concerne toujours 150 pays et territoires d’Asie et d’Afrique, et entraine près de 60 000 décès dans le monde chaque année, d’après l’Institut Pasteur.
En revanche, la rage canine ne constitue plus une menace, actuellement, dans certaines régions du monde, puisque cette zoonose a disparu en Europe de l’Ouest, au début du XXè siècle.
Inégalités de disponibilité des traitements
La rage implique un risque mortel : une fois que les symptômes sont présents et que l’infection atteint le cerveau, la mort est quasi-inévitable. Ce qui signifie, qu’au-delà des mesures de prévention, en cas d’exposition, il faut traiter le patient en urgence absolue. En cas de morsure, il existe une prophylaxie post-exposition à administrer très rapidement, avant que le virus n’atteigne le système nerveux central. Cette vaccination rapide est impérative pour assurer la survie de la personne qui a contracté la rage, avant l’apparition des premiers symptômes (convulsions, agitation, hydrophobie...)
Et c’est là qu’intervient une grande inégalité face à la maladie : la disponibilité et la capacité de financement des traitements ! Cet accès aux vaccins pré et post-exposition constitue l’un des grands défis pour les structures de soins, les pouvoirs publics et, en bout de chaîne, pour les populations (et surtout les enfants). Aujourd’hui, 40% des personnes qui succombent au virus de la rage sont des enfants de moins de 15 ans…
Financer l’accès au vaccin antirabique, généraliser la vaccination des chiens, associés à la sensibilisation des communautés sont autant d’enjeux pour faire reculer cette zoonose, considérée par l’OMS à la fois comme une Maladie Tropicale Négligée et un grave problème de santé publique, encore aujourd’hui, pour de nombreux pays.
Dr Hervé Bourhy, professeur à l’Institut Pasteur. Il dirige le Centre National de Référence pour la rage (pour la France), le Centre Collaborateur de l’OMS de référence et de recherche sur la rage et l’Unité de recherche Lyssavirus, Épidémiologie et neuropathologie, tous localisés à l’Institut Pasteur à Paris
Dr Zakaria Keita, médecin épidémiologiste au Centre Universitaire de Recherche Clinique (UCRC) à l’Hôpital du Point G à Bamako au Mali.
Programmation musicale :
► ODOMODUMU Black, Cruel Santino, Bella Shmurda – Dog eat dog
► Natalia Doco – Cha Cha Trap