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De vive(s) voix

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  • Anne Roumanoff nous vante l'expérience de la vie

    16/04/2026
    Dans son spectacle, la comédienne Anne Roumanoff dresse une galerie de portraits hauts en couleur, avec un objectif unique : raconter, grâce à ces personnages, « l’expérience de la vie ».
    Une bouchère dépassée par la vie, une adolescente « woke », un pilier de bar, une coach de vie et de couple, dans ce spectacle, grâce à ses personnages, Anne Roumanoff explore l’évolution du langage, la fragilité des relations amoureuses ou encore notre nouveau rapport au travail. Des caisses automatiques en supermarché aux livres de développement personnel, elle croque les travers de la société actuelle. 
     
    40 ans de carrière
    Cela fait 40 ans qu’Anne Roumanoff monte sur les planches pour nous faire rire. Elle constate qu’en quatre décennies, « tout a changé ». Avec ses sketches, elle a à cœur de « tendre un miroir à la société ». « Je suis dans le constat, je n’ai pas la prétention de vouloir changer la société. » Au début de sa carrière, elle explique avoir « subi des remarques sexistes », des remarques qui, selon elle, « ne pourraient plus exister aujourd’hui ».
    Fabriquer le rire
    Pour Anne Roumanoff, l’écriture de l’humour se fait en plusieurs phases. Tout d'abord, elle note un maximum d’idées, puis elle resserre son écriture... Elle teste alors ses nouveaux sketches devant un public, dans des petites salles et elle observe... pour voir quand ça réagit ! « On ne sait pas quand le rire va surgir ». Elle se permet de rire de tout mais sans attaque frontale. Pour elle, il y a toujours une partie improvisée, mais l’humour sur scène ne supporte pas l’imprécision et ses sketches sont alors très écrits. 
    Un humour bienveillant mais tranchant
    Anne Roumanoff commence par rire d’elle-même : « rire des autres, c’est d’abord savoir se moquer de soi-même ». Elle définit son humour comme bienveillant, « plein d’humanité mais tranchant ». Elle admet manier parfois la diplomatie, tout en gardant un regard lucide sur la société et ses dérives ! 
    L'expérience de la vie : à voir au Théâtre des Mathurins et en tournée. 
    Invitée : Anne Roumanoff, née en 1965, est une humoriste, comédienne et autrice française. Formée au Cours Florent, elle se fait connaître à la fin des années 1980 avec l’émission télévisée « La Classe ». Elle enchaîne ensuite les one-woman-shows, apparaît régulièrement à la télévision et à la radio, et publie plusieurs livres et chroniques. Son humour porte notamment sur la vie quotidienne, la politique et les relations sociales, et elle est identifiée visuellement par sa robe rouge, souvent portée sur scène.
    Programmation musicale : 
    L'artiste Yoa avec le titre Moa.
  • Le désamour des jeunes pour la lecture : «Faire lire, c’est un rôle-clé des enseignants»

    15/04/2026
    Les jeunes de 7 à 19 ans lisent de moins en moins, alerte le rapport du Centre national du livre (CNL) publié mardi 14 avril 2026. Une conclusion qui confirme la tendance déjà observée dans l’étude menée en 2024. 
    Cette étude, réalisée tous les deux ans depuis 2016 par le CNL, met en lumière le rapport des 7-19 ans avec la lecture. Les résultats de cette enquête réalisée sur un échantillon de 1 500 personnes et qui vise à évaluer la manière dont les jeunes Français perçoivent et pratiquent la lecture aujourd’hui sont sans appel : bien que le nombre de jeunes qui lisent reste globalement stable, on observe toujours un décrochage à l’adolescence et une dégradation du niveau de lecture. 
     
    L'adolescence, une période charnière 
    86% des jeunes déclarent lire, mais la tendance est à la baisse. Le décrochage semble se faire à l’adolescence. « C’est alarmant. On imagine que c’est à l’âge du premier smartphone que le fossé se creuse », nous dit Olivier Lombardi du CNL. Cette baisse se confirme aussi pour les mangas et les BD. Cependant, la France reste une terre de littérature, notamment chez les jeunes, comparée à des pays comme les États-Unis. Dans certains pays, comme la Finlande ou l’Espagne, les gouvernements ont pris le problème à bras-le-corps pour redonner l’envie de lire aux jeunes. Le souci, c’est que les parents, souvent digital natives, ont moins d’appétence pour la lecture que la génération d’avant.
    Cependant, ajoute-t-il, le livre reste sacré en France : il demeure le cadeau de Noël préféré des Français. Il reste central. Olivier Lombaardi préconise de lire des histoires aux enfants dès le plus jeune âge et de pratiquer la lecture à voix haute avec ses adolescents.
    Un phénomène qui s’observe dans les écoles
    Gilles Vernet le constate dans sa classe. Professeur des écoles en CM2 depuis vingt ans, il demande à ses élèves de lire un chapitre pour le jour suivant. « Faire lire, c’est un des rôles-clé des enseignants. Les jeunes lisent, oui, mais combien de temps par jour ? Que lisent-ils ? Est-ce une lecture profonde ? Il y a un manque de lecture nourrie. Il y a un manque d’ambition. » 
    La solution serait pour lui de faire baisser le temps d’écran chez les jeunes, une mesure plébiscitée par ses élèves eux-mêmes, qui admettent ne pas arriver à se poser des limites dans l’utilisation des écrans ! Pour l’enseignant, il est primordial de faire comprendre aux enfants que la lecture est un outil d’émancipation sociale. Il recommande aussi de leur faire lire, dès le plus jeune âge, de grands auteurs tels que Victor Hugo ou Stefan Zweig afin de les imprégner de la beauté de la langue et des mots. « Des auteurs comme Victor Hugo, qui ont défendu les pauvres et les enfants, ça parle aux jeunes, ils se sentent proches de ces préoccupations, il faut prendre le temps de les guider. » Il insiste sur le rôle des parents dans la transmission du goût de la lecture
    Invités :
    - Olivier Lombardi, directeur général du Centre National du Livre
    - Gilles Vernet, professeur des écoles en CM2 à Paris en zone prioritaire. Son documentaire « Et si on levait les yeux ? » est à regarder ici. 
    L'étude complète du CNL est à lire ici. 
    Avec également le reportage de Camille Simon. 
     
    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « À cor et à cri » qui donne bien du fil à retordre à ceux qui essaient de l’écrire correctement. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.
     
    Programmation musicale : 
    L'artiste québécoise Ariane Roy avec son titre Mordre.
  • Adama Diop et Aimé Césaire: dialogues de poètes

    14/04/2026
    Dans L'Apocalypse d'Adam et Aimée, Adama Diop poursuit son travail de création et revisite l'œuvre fondatrice du poète, Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal.
    Le père, Adam, figure tutélaire, fatiguée, crépusculaire, raconte l’apocalypse à sa fille, Aimée. Pour ce faire, il reprend parfois les mots d’Aimé, le grand Césaire. Un baisser de rideau pour l’humanité, écrit et incarné par Adama Diop, qui se joue actuellement au Théâtre du Rond-Point.
     
    Être la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche
    Le spectacle se construit sur des échos : ‘Aimée’ rappelle ‘Aimé’, Adama est ‘Adam’, le premier homme qui est aussi le dernier, et qui est encore l’interprète présent devant son public. Les voix de tous se prolongent, se répondent et se confondent. Adama Diop évoque un « rapport presque radiophonique à dire de la littérature ». Sur scène, Adama Diop porte un costume brodé de fleurs rouges et déclame dans un décor minimaliste, où la nature reprend progressivement ses droits. Il parle pour le végétal menacé, pour les espèces animales disparues, et la poésie perdue.
    À travers sa lecture, Adama Diop explique avoir voulu permettre à la poésie de reprendre ses droits sur le plateau de théâtre. L’Apocalypse d’Adam et Aimée est une pièce qu’il qualifie plutôt de « grand poème », poème qui rend hommage à un autre : le Cahier d’un retour au pays natal.
     
    Genèse d’un récit de la fin des temps
    Au commencement, il y a donc le Cahier de Césaire, œuvre indomptable qui le suit depuis l’adolescence. Au commencement, il y a aussi une commande du musée de l’Orangerie à Adama Diop pour un texte sensé être lu in situ, avec en toile de fond les nymphéas de Monet. Les peintures de Monet sont symptomatiques d’une frénésie de dire le monde, dans laquelle se reconnait Diop. La civilisation déchue qu’il décrit est un peu la nôtre, documentée dans tous ses excès, le point de bascule dépassé.
     
    Entre retour et renoncement, fin et recommencement
    Pour Adama Diop, l’Apocalypse n’est pas juste la fin du monde. « L’Apocalypse, c’est aussi une révélation », rappelle-t-il. L’effondrement d’une société devient le moment de prise de conscience qui permet d’envisager le monde d’après, celui qui se dessine par-delà les décombres. On pourrait même épouser l’embrasement de « mini-apocalypses pour laisser place à des mondes plus ouverts, plus justes. » C’est bien la fin des temps qui permet au futur d’advenir.
    Si Adam ressasse le passé, Aimée est l’avenir, un futur au féminin. Elle assure la préservation de sa lignée et la survie de l’humanité... 
    Le texte est à retrouver aux éditions Actes sud. 
    Invité : Adama Diop, auteur, comédien et metteur en scène, né à Dakar, au Sénégal. Il se forme à partir de 2002 à l’ENSAD de Montpellier puis au CNSAD de Paris. En 2016, il est révélé dans la pièce-fleuve 2666 de Julien Gosselin. 
    En 2018, il tient le rôle-titre dans Macbeth de Stéphane Braunschweig. En 2021, le rôle de Ermolaï dans la Cerisaie mis en scène par Tiago Rodrigues. En 2022, il est Othello dans la mise en scène de Jean-François Sivadier. 
    En 2021, Diop crée au Sénégal l’« École internationale d’acteurs et d’actrices de Dakar » (EIAD), un lieu dédié à la formation et à la professionnalisation des comédiens et comédiennes issus de tout le continent africain.
    En 2024, il met en scène Fajar ou l’Odyssée de l’homme qui rêvait d'être poète. 
    L'Apocalypse d'Adam et Aimée est sa deuxième mise en scène. 
     
    Programmation musicale : 
    Les artistes Meryl feat Umpa avec le titre Lajen.
  • «La petite tortue-étoile», un conte bilingue pour raconter le génocide au Rwanda

    13/04/2026
    Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l’exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience.
    Quelle est la part d’universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l’universel. 
    Revenir à l'enfance 
    Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même. 
    Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience. 
    La petite tortue-étoile raconte l’histoire d’Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d’abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l’exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d’errance, de transmission et de résilience. 
    Un conte foisonnant de symboles et de métaphores
    Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C’est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d’une personne qui a beaucoup de vaches qu’elle est riche. »
    La tortue, elle non plus, n’est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d’une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ».
     
    Un conte bilingue français-kinyarwanda
    À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C’est la question que s’est posée l’autrice en écrivant son conte.
    « J’ai vécu aujourd’hui plus longtemps en France qu’au Rwanda, je voulais savoir si j’avais encore cette fluidité. » Elle n’avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français. 
     
    Invitée : 
    Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu’elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide. 
    Elle vit en France depuis bientôt 30 ans.  
    Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais. 
    Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo.
    Pour vous procurer l'ouvrage  [email protected].
     
    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l’engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques.
    Et c’est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela ! 
     
    Programmation musicale :
    L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi».
  • Rodney Saint-Éloi, «Fais du feu» : un poème-monde sur le renouveau

    09/04/2026
    Dans le recueil de poésie Fais du feu, l'auteur Rodney Saint-Eloi fait du feu une obsession. 
    « Fais du feu » : ainsi, commence et s’achève le recueil de Rodney Saint-Éloi. Une injonction qui résonne comme un mantra, un refrain incantatoire traversant la centaine de poèmes du livre... mais comme si c'était un seul poème. 
     
    "Le feu, une fois allumé peut devenir imprévisible".
     
    Détruire pour permettre le renouveau
    Mais de quel feu parle-t-on ? Chez Saint-Éloi, le feu n’est pas seulement la flamme : il est le recommencement. Il brûle les vieilles peaux, pour rendre possible un départ nouveau. « Le feu nous permet d’enlever toutes les anciennes peaux et de repartir. » Dans ce que nous traversons aujourd’hui, dit-il, il y a urgence à recommencer. Le poème devient alors le foyer de ce renouveau, le lieu où l’on rallume la braise.
    Un feu qui ramène à l'enfance
    L’auteur évoque aussi le premier feu, le feu primal, « celui qui a fondé l’humanité en nous ». Il le relie à l’enfance : la mémoire des braises en Haïti, celles des patates douces qu'il faisait cuire dans le feu. Là-bas, le feu est essentiel : là où il y a le feu, il y a la vie, la parole, le lien. Quand le monde s’effondre, quand tout semble s’obscurcir, nous avons besoin de voir une flamme. 
     
    Invité : Rodney Saint-Eloi, poète, éditeur et essayiste haïtien-canadien. Né en Haïti, il s’exile au Canada dans les années 2000 et s’installe à Montréal. Il est le fondateur de la maison d’édition Mémoire d’encrier, qui met en avant les voix de la diversité, de la Caraïbe et des Amériques. Son œuvre poétique aborde l’exil, la mémoire, Haïti, la dignité et la résistance. Il est aujourd’hui une figure importante de la littérature francophone contemporaine, à la fois comme auteur et comme passeur de textes. 
    Fais du feu est publié aux Editions Mémoire d'Encrier.
    Programmation musicale : 
    L'artiste Angélique Kidjo avec le titre Hope !

Acerca de De vive(s) voix

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; à 22h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 23h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 23h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. Et le dimanche à 15h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. (Heure de Paris = TU + 2 en grille d'été).
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Generated: 4/17/2026 - 8:40:56 AM