Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l’exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience.
Quelle est la part d’universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l’universel.
Revenir à l'enfance
Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même.
Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience.
La petite tortue-étoile raconte l’histoire d’Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d’abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l’exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d’errance, de transmission et de résilience.
Un conte foisonnant de symboles et de métaphores
Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C’est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d’une personne qui a beaucoup de vaches qu’elle est riche. »
La tortue, elle non plus, n’est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d’une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ».
Un conte bilingue français-kinyarwanda
À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C’est la question que s’est posée l’autrice en écrivant son conte.
« J’ai vécu aujourd’hui plus longtemps en France qu’au Rwanda, je voulais savoir si j’avais encore cette fluidité. » Elle n’avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français.
Invitée :
Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu’elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide.
Elle vit en France depuis bientôt 30 ans.
Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais.
Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo.
Pour vous procurer l'ouvrage
[email protected].
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l’engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques.
Et c’est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela !
Programmation musicale :
L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi».