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Atelier des médias

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  • Atelier des médias

    La guerre en Ukraine dans le regard d'Adrien Vautier, photojournaliste indépendant

    31/10/2026
    À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, L'atelier des médias reçoit Adrien Vautier, qui exposait au Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Le photojournaliste français indépendant revient sur quatre ans de reportages en Ukraine, l'absence de son ami Antoni Lallican tué par un drone russe, et l'importance de continuer de documenter ce conflit.
    Chaque année, à Bayeux, une nouvelle stèle de marbre blanc est érigée au Mémorial des reporters. Y sont gravés les noms des journalistes tués durant l'année écoulée dans l'exercice de leur métier.
    Le 8 octobre 2026, Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), a rappelé le lourd tribut payé par la profession : « Il y a un vent mauvais qui souffle sur le journalisme, un vent mauvais qui souffle sur la liberté de la presse [...]. Les journalistes ne sont pas là pour faire la propagande des forces armées russes ou celle du Hamas. Ils sont là pour dire les faits, rien que les faits. [...] Cette déloyauté n'est pas une faute, c'est une exigence professionnelle. Et cette déloyauté a un prix : 56 noms. »
    Parmi ces 56 noms figure celui du photojournaliste français Antoni Lallican, tué le 3 octobre 2025 dans le Donbass par un drone FPV russe. Présent à Bayeux pour exposer ses clichés sur les murs de la ville, son ami le plus proche, Adrien Vautier, 39 ans, continue de se rendre en Ukraine pour documenter le conflit qui se poursuit.
    À lire aussi«Je n'abandonnerai jamais de documenter l'invasion russe en Ukraine», promet le photographe Adrien Vautier
    « Si tu traverses l'hiver », à Arles puis Bayeux
    À travers son exposition Si tu traverses l'hiver, Adrien Vautier présente 25 clichés issus de ses plus de quatre années d'immersion en Ukraine pour la presse, notamment pour le journal français Le Monde. Le photojournaliste français explique : « Je pense qu'il n'y a pas besoin de choquer les gens pour arriver à leur faire comprendre une situation. À contrario même, je pense qu'il est important de créer de l'empathie. »
    « Pour moi, l'aboutissement d'un travail photographique doit être physique », explique Adrien Vautier pour qui exposer ces images en grand format dans les rues d'une ville en paix permet aussi de lutter contre l'indifférence.
    Le souvenir d'un ami journalisté tué par un drone
    Depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, le 25 février 2022, Adrien Vautier a vu le conflit se métamorphoser : « Le drone est devenu l'arme principale sur le front. C'est vraiment la nouvelle munition par excellence. [...] Ça a complètement bouleversé la guerre, mais aussi le travail des journalistes de terrain. »
    C'est un drone FPV russe qui a coûté la vie à son ami Antoni Lallican. « On s'est connus sur le terrain, mais ça a été tout de suite un coup de foudre amical. [...] C'est le genre d'ami qu'on compte sur les doigts d'une main. [...] Je me raccroche à un souvenir qui est que la dernière fois où j'ai pu le prendre dans mes bras, j'ai pu lui dire que je l'aimais.»
    Malgré le choc, Adrien Vautier continue de se rendre en Ukraine : « Le contrat, c'est de rentrer à la maison. [...] Mais c'est impossible pour moi d'envisager le fait d'arrêter de documenter ce qui s'y passe tant que ce ne sera pas terminé. »
    Témoigner pour l'Histoire et pour la justice
    Pour Adrien Vautier, la photographie constitue également une preuve indispensable face aux atrocités commises : « La documentation, quand on parle de crimes de guerre, c'est le début de la justice. [...] Il faut que ce soit documenté parce que si un jour justice est rendue, il ne faudra pas qu'on puisse les nier. »
    Face à une guerre qu'il qualifie de « coloniale » et d'existentielle pour les Ukrainiens, Adrien Vautier rappelle l'impérieuse nécessité de conserver une rigueur journalistique, y compris sur les sujets délicats comme la mobilisation forcée ou la corruption : « Les journalistes ne sont pas là pour servir la soupe. [...] On est censé rapporter des faits. Si on est témoin de faits qui peuvent déranger, il faut en parler. [...] On n'est pas là pour faire plaisir aux gens. »
  • Atelier des médias

    Steve Rosenberg, BBC Moscou: «Travailler en Russie, c’est comme être plongeur en eaux profondes»

    17/10/2026
    Depuis plus de 30 ans, Steve Rosenberg vit en Russie. Il y est le correspondant de la BBC depuis 2003. En visite en France pour le prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, il a accordé un long entretien à L’atelier des médias de RFI pour raconter son quotidien de journaliste étranger en Russie. Il y explique pourquoi il fait le choix de rester en Russie, malgré un environnement de plus en plus hostile aux médias.
    Comment raconter, depuis sa capitale, la réalité de la Russie en guerre ? Installé à Moscou depuis plus de trente ans, le journaliste britannique Steve Rosenberg est l'un des rares correspondants occidentaux qui travaille encore dans le pays – RFI y dispose aussi d'un envoyé spécial permanent. Il y a quelques mois, un documentaire de la BBC intitulé Our Man in Moscow a montré la façon dont Steve Rosenberg continue de faire son métier. 
    Une immersion sous pression
    Pour décrire sa vie quotidienne dans la capitale russe, le rédacteur en chef du bureau de la BBC à Moscou utilise une métaphore : « D’une certaine manière, travailler en Russie aujourd’hui, c’est un peu comme être plongeur en eaux profondes : on descend sous la surface, dans un environnement très étrange où la pression est forte. » Il explique ressentir le besoin de sortir régulièrement du pays pour « prendre un peu de recul » avant d'y replonger, tant la société a été submergée par une vague autoritaire après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, en février 2022.
    Steve Rosenberg n'est pas un inconnu en Russie. La notoriété qu'il a acquise en posant des questions directes aux dirigeants russes lui vaut parfois d'être reconnu dans la rue. Ces échanges impromptus, le plus souvent amicaux, avec des citoyens ordinaires, démontrent selon lui que la propagande officielle n'a pas contaminé l'ensemble de la population.
    Trente ans d'histoire, « quatre Russies » traversées
    Arrivé au moment de la chute de l'Union soviétique, Steve Rosenberg a vu le pays se métamorphoser : « Avec le recul, j’ai le sentiment d’avoir connu quatre Russies différentes. » Il énumère la fin de l'ère soviétique, le chaos plein d'espoir des années 1990, la première décennie Poutine axée sur la croissance économique, puis la « Russie Z » née de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine.
    Ce basculement du 24 février 2022 l'a profondément surpris. Il juge que le Kremlin a commis une erreur d'appréciation en imaginant une opération militaire victorieuse en quelques jours. Il constate aussi que « la décision de Vladimir Poutine [...] allait tout changer » et conclut : « Depuis ce qui s’est passé en février 2022, je n’écarte plus aucune possibilité. »
    Visas, sources, choix des mots : le journalisme sous contrainte
    Aujourd'hui, le travail en Russie des journalistes issus de pays dits « inamicaux » comme le Royaume-Uni est contraint par des règles administratives strictes : des visas au compte-gouttes et un renouvellement d'accréditation tous les trois mois. À cela s'ajoutent des interdictions d'accès aux régions frontalières de l'Ukraine comme Belgorod, Koursk ou Briansk, ainsi que l'adoption de lois répressives contre les « agents de l'étranger ».
    À écouter aussi« Moscou Parano » : Paul Gogo, un journaliste français dans la Russie de Poutine
    En outre, Steve Rosenberg explique : « Nous avons l’obligation de veiller à la sécurité des personnes que nous mettons à l’antenne. » Alors que la liste des experts acceptant de s'exprimer à son micro s'est drastiquement réduite, Steve Rosenberg pèse chaque mot de ses reportages et développe de nouveaux formats, tels que des revues de la presse locale ou des vidéoblogs.
    Face au pouvoir et sous le feu de la propagande
    Lors des conférences de presse officielles, il arrive à Steve Rosenberg de pouvoir poser une question à Vladimir Poutine ou au ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Cela constitue, selon lui, une responsabilité majeure qu'il mesure pleinement. Souvent pris à partie par les médias d'État russes – certains l'ont accusé de faire de la provocation –, il se défend : « Je ne pose pas de questions provocatrices : je pose des questions journalistiques normales. »
    Malgré les invectives virulentes du présentateur Vladimir Soloviov à la télévision d'État, Steve Rosenberg refuse d'entrer dans la surenchère pour ne pas devenir le personnage principal de ses propres sujets : « J’ai appris à avoir la peau plus dure qu’autrefois. »
    L'importance du terrain et des médias indépendants
    Souhaitant raconter l'histoire en cours jusqu'au bout, Steve Rosenberg compare la trajectoire actuelle de la Russie à une œuvre littéraire sans fin : « D’une certaine manière, la Russie ressemble à un immense roman de Tolstoï, à Guerre et Paix – malheureusement, davantage guerre que paix en ce moment ! » Il rappelle l'importance capitale de la présence sur le terrain pour montrer les nuances du pays au milieu d'une « réalité parallèle » façonnée par le discours officiel et les médias d'État.
    Saluant le travail indispensable de l'équipe qui est à ses côtés à Moscou, il rend aussi un hommage appuyé à la mémoire d'Anna Politkovskaïa et au courage des journalistes russes : « Les difficultés que je rencontre sont insignifiantes en comparaison de celles auxquelles sont confrontés les journalistes russes indépendants. »
  • Atelier des médias

    ZOA: 1er anniversaire pour un média numérique qui séduit la jeunesse africaine

    10/10/2026
    Un an après son lancement à Dakar, le média 100 % numérique ZOA souffle sa première bougie en totalisant plus de 75 millions de vidéos vues. Dans L'atelier des médias, Kaourou Magassa, rédacteur en chef, et Michelle Ymélé, journaliste à ZOA, décryptent les clés du succès de ce média d'information pensé par et pour les jeunes Africains.
    Lancé en octobre 2025 à Dakar, ZOA se fait peu à peu une place dans le paysage médiatique grâce à une stratégie ciblée sur les plateformes numériques. Avec plus de 1 200 contenus publiés en un an, le média cumule 75 millions de vues, près de 300 000 abonnés sur Facebook, 190 000 sur TikTok et plus de 236 000 sur sa chaîne WhatsApp. Sans oublier ses comptes YouTube et Instagram.
    Comme le rappelle son rédacteur en chef Kaourou Magassa, le choix des canaux répond à un impératif d'accessibilité : « On a fait le choix d'aller sur les plateformes comme Facebook, TikTok parce que c'est là où sont présents les jeunes Africains en grande majorité. »
    Un ton incarné, un média réactif et paritaire
    Peu porté sur les sujets de politique politicienne, ZOA privilégie les sujets de société, le sport et les initiatives citoyennes. Cette ligne éditoriale séduit une audience jeune et paritaire, notamment sur TikTok. Sur le terrain lors des grands événements sportifs comme la Coupe d'Afrique des nations (CAN), ZOA mise sur des formats humains et incarnés.
    La journaliste Michelle Ymélé explique cette proximité : « Nous traitons des sujets concernants, des sujets qui interpellent, qui parlent à tout le monde. » L'équipe cherche à capter l'attention des audiences sans donner de leçon ni se prendre au sérieux. Elle a aussi pour mission de lutter contre la désinformation en faisant oeuvre de pédagogie, notamment sur les questions de de santé.
    Un ancrage dakarois, mais une résonnance auprès des diasporas
    Basé au Sénégal, ZOA rayonne sur l'ensemble de l'Afrique francophone mais aussi auprès des diasporas en France. Ses audiences au Mali et au Burkina Faso, où la demande d'information fiable est forte, sont aussi non négligeables.
    Les portraits d'entrepreneurs et la mise en valeur des savoirs traditionnels connaissent un franc succès auprès du public. Pour Kaourou Magassa, ces récits renforcent le lien social : « Notre objectif, c'est un objectif de proximité, de raconter le quotidien pour et par les jeunes Africains. »
    Cap sur les Jeux olympiques de la jeunesse
    Pour entamer avec panache sa deuxième année, ZOA prépare la couverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) à Dakar. Michelle Ymélé donne les recettes que souhaite appliquer l'équipe de ZOA : « Pour nous, c'est essentiel d'être aussi sur les pas de côté, raconter la vendeuse d'eau, raconter les histoires du vendeur de thé. » 
    Entre extension du réseau de correspondants vers l'Afrique anglophone, couverture de la Biennale d'art contemporain de Dakar et nouveaux formats à venir, ZOA veut continuer de grandir... et a déjà pour ambition de s'intéresser davantage à l'Afrique anglophone.
  • Atelier des médias

    Kak rappelle l'importance du dessin de presse pour les 20 ans de Cartooning for peace

    03/10/2026
    À l’occasion des 20 ans de Cartooning for Peace, le dessinateur de presse Kak, président de l'association, était l’invité de L’atelier des médias. Pendant près d'une heure, il a été question de la défense des libertés face à la montée des autoritarismes ou encore de l'essor de l'IA.
    375 dessinateurs de presse de 80 pays sont réunis sous la bannière Cartooning for Peace, qui vient de fêter ses 20 ans. Le mot d'ordre de cet anniversaire était l'intitulé d'une fresque dessinée le 24 septembre devant la mairie de Paris et d'une soirée au Théâtre de la Concorde : « Dessiner pour résister ». 
    Au micro de L'atelier des médias de RFI, Kak – Patrick Lamassoure à l'état civil – explique le mot « résistance » est le signe des évolutions politiques du monde. Face à la montée des extrêmes droites en Europe et au recul des libertés, la mission du réseau a dû s'adapter : « Il ne s'agit plus [seulement] de se battre pour défendre les autres [...], mais il s'agit même de se battre pour conserver ce modèle acquis durement ». 
    Forcer le trait avec intelligence
    Comment synthétiser l'actualité sans la déformer ? « C'est exagérer sans travestir », résume le dessinateur pour définir son métier. En forçant le trait, le dessin suscite l'émotion pour ouvrir la réflexion : « Le dessin de presse a l'avantage de passer par le cœur avant de passer par la tête », explique Kak en saluant l'héritage de Plantu, président-fondateur de Cartooning for Peace.
    Mais des dirigeants comme Donald Trump bouleversent la satire. Devant ces figures excessives, Kak s'amuse : « Le mec m’a battu, il a déjà fait la vanne en fait. » Face à ces « caricatures vivantes », le métier doit inventer un nouveau réflexe : « Mettre de la nuance dans la caricature » pour restaurer le sens critique.
    Après « Je suis Charlie », concilier vigilance et liberté
    Le traumatisme des attentats de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo et la haine en ligne ont marqué la profession. Refusant l'autocensure, Kak prône une responsabilité renforcée avant publication : « Je ne vais pas changer mon dessin, mais je vais le regarder une deuxième fois avant de le publier pour être certain qu'il ne peut pas y avoir une mauvaise interprétation, de bonne foi. » Cette démarche nourrit les ateliers menés par les dessinateurs de Cartooning for Peace auprès des jeunes et des détenus.
    Une profession sentinelle des libertés
    « Thermomètres de la démocratie », les dessinateurs sont les premiers ciblés par les régimes autoritaires. Pourquoi ? Parce que « le rire est le meilleur antidote contre la peur », rappelle Kak. Le réseau soutient des dessinateurs emprisonnés comme Ashraf Omar en Égypte ou exilés comme Safa Odah, venue de Gaza.
    Mais la menace gagne l'Occident : aux États-Unis, Ann Telnaes a démissionné du Washington Post après la censure d'un dessin sur une rencontre au sommet entre Donald Trump et les dirigeants de la tech. En Pologne, l'assassinat du dessinateur russe Simion Skrepetsky montre la gravité des périls actuels.
    L'IA « régurgitative » et l'importance d'une presse libre
    S'agissant des outils d'intelligence artificielle, Kak récuse toute création algorithmique : « L'IA générative en réalité ne génère pas : elle rassemble, elle collecte, elle régurgite. On devrait l'appeler l'IA régurgitative. »
    Alors que Cartooning for Peace occupe quasi quotidiennement la une du journal Le Monde, Kak rappelle que la survie du dessin dépend du soutien des citoyens. Et de lancer cet appel : « Abonnez-vous à un média, parce que l'information professionnelle, c'est la base de votre liberté d'expression. »
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    Mener la «bataille culturelle» à l'ère de l'IA: les pistes de Christophe Payet

    26/09/2026
    En pleine frénésie de l'intelligence artificielle, le journaliste Christophe Payet, auteur de GuerillIA (éditions du Seuil), invite à dépasser le marketing de la peur. Il prône une réappropriation locale, frugale et créolisée de l'intelligence artificielle. Entretien.
    Ces temps-ci, les discours sur l’intelligence artificielle oscillent entre deux extrêmes : des promesses de salut ou l'apocalypse. Pour Christophe Payet, ces récits s'inscrivent dans un véritable « technopium » – clin d'œil à l'opium du peuple théorisé par Karl Marx. « Ce récit mystique, qu’il soit fasciné ou apocalyptique, nous condamne totalement à l’impuissance », analyse-t-il.
    Au micro de L'atelier des médias, l'auteur de GuerillIA explique qu'en alimentant la peur d'une superintelligence incontrôlable, les géants technologiques font de la com' et masquent des réalités concrètes et prosaïques : la consommation d'eau des data centers, la précarisation des travailleurs du clic au Kenya ou à Madagascar, et la prolifération du « slop », cette bouillie de contenus synthétiques.
    Biais idéologiques et impérialisme culturel
    Conçues en majorité par des hommes blancs californiens, les IA génératives véhiculent les présupposés culturels de leurs concepteurs. Elles intègrent aussi de la « sycophancy », cette flatterie algorithmique conçue pour susciter de l'addiction. Plus grave encore, la diffusion planétaire de ces modèles impose une vision du monde unique. Christophe Payet alerte : « On est dans une monoculture imposée qui est en réalité un nouvel impérialisme culturel ». L'enjeu fondamental, rappelle-t-il, ne doit pas résider dans la quête d'une puissance brute, mais dans l'appropriation démocratique des outils.
    Des modèles frugaux et une créolisation de l'IA
    La riposte passe par des initiatives à des échelles plus petites. À l'image de la start-up sud-africaine Lelapa AI et de son modèle IncubaLM, entraîné spécifiquement sur cinq langues africaines, des alternatives émergent. Frugaux en énergie et accessibles hors ligne, ces outils répondent à de vrais besoins citoyens. Il s'agit de « créoliser l'IA », c'est-à-dire de « récupérer cette technologie pour en faire une technologie dont on s'empare avec notre langue, notre culture et nos enjeux locaux ».
    Mener la guérilla dans les interstices technologiques
    S'inspirant du Manuel du guérillero urbain (1969) de Carlos Marighella, Christophe Payet appelle à utiliser les plateformes open source comme Hugging Face pour s'approprier les armes de l'ennemi. Enfin, l'auteur, qui assume avoir utilisé Claude, d'Anthropic, pour le challenger durant l'écriture de ce livre, met en garde contre la « prolétarisation cognitive ». « Si je lui délègue l'écriture à ma place, je vais me prolétariser et perdre en savoir-penser. »
Acerca de Atelier des médias
L'atelier des médias, présenté par Steven Jambot, est une émission qui analyse les r/évolutions du journalisme et des médias à l'ère numérique. Elle est diffusée en podcast chaque samedi matin.  Contact : atelier@rfi.fr 
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