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  • Invité Afrique - Habiba Touré, cheffe de cabinet de L.Gbagbo: son ambition c’est de «préparer les jeunes, dynamiser le parti»
    « Mon ambition c'est de partir » déclarait solennellement Laurent Gbagbo à ses partisans lors du congrès qui a vu la naissance de son parti, le PPA-CI. Dans le même temps l'ancien président ivoirien assurait qu'il ferait de la politique jusqu'à sa mort. Il a d'ailleurs été élu par acclamation ce week-end président de ce Parti des Peuples Africains - Côte d'Ivoire. Un parti qu'il veut socialiste, souverainiste, mais aussi et surtout panafricanisme. Pour décrypter ce discours très attendu, notre invitée est Me Habiba Touré, cheffe de cabinet de Laurent Gbagbo.
    10/19/2021
    5:03
  • Invité Afrique - Claudine Vidal: «Jusqu'à présent, en France, les universitaires n'avaient pas traité les crimes de masse du FPR»
    Comment enquêter sur les violences extrêmes ? Comment secourir leurs victimes et juger leurs responsables ? Ces trois questions traversent un ouvrage collectif intitulé « Violences extrêmes. Enquêter, secourir, Juger », qui vient d’être publié par la Maison des sciences de l’homme. Le livre revient sur ce qui s’est notamment passé au Rwanda. Pour en parler, Laurent Correau est en ligne avec l'universitaire Claudine Vidal, l’une des coordonnatrices de ce travail. RFI : Dans cet ouvrage que vous codirigez, on voit se dérouler trois moments des « Violences extrêmes » : le temps de l’enquête, le temps des secours et celui du jugement des auteurs d’exaction. Vous avez donc fait travailler ensemble des humanitaires et des chercheurs… Claudine Vidal : C’est exact. Et l’un des intérêts de ce que nous avons fait, c’est cette association -qui est ancienne d’ailleurs pour nous-. Les humanitaires sont vraiment sur le temps de la crise, le temps le plus chaud où sont rarement les chercheurs qui interviennent plutôt après. La première partie de cet ouvrage, c’est l’enquête. Quels sont les problèmes que vous pointez dans la capacité qu’ont chercheurs et humanitaires à enquêter sur des crimes de masse ? La partie « enquêter » est entièrement centrée sur le Rwanda, sur ce qui s’est passé au Rwanda il y a plus de 25 ans maintenant. Plusieurs chercheurs sont intervenus pour dire ce que nous savons maintenant ou ce que nous ne savons pas à la lumière de pratiquement 20 années d’enquête et de très nombreuses publications. En 1998, était parue une énorme publication d’observateurs des droits de l’homme qui s’appelait « Aucun témoin ne doit survivre ». Une enquête de la FIDH [Fédération internationale pour les droits humains] et de Human Rights Watch. Beaucoup de ce qu’elle décrivait est toujours valable, excepté un point noir qui reste, celui des violences de masse commises contre les populations civiles hutues. Cette partie du livre revient aussi sur les enquêtes de terrain qui se sont centrées sur les micro politiques du génocide. Ces recherches très fines menées sur de petits secteurs ont pu montrer comment les paysans hutus se sont fait entraîner dans cette mécanique de tuerie. Enfin, il y a un article d’un très bon spécialiste du Rwanda, très connu, qui s’appelle Scott Straus. Il se demande quelles sont les limites apportées à l’ensemble des enquêtes sur les violences au Rwanda par le fait qu’on n’a pas pu évoquer les crimes de masse commis par le FPR [Front patriotique rwandais, actuellement au pouvoir] entre 1990 et 1994, et après. Dans ce chapitre, Scott Straus réaffirme bien la spécificité du génocide des Tutsis. Il réfute la thèse du double génocide, mais pour autant il estime qu’« Il faut produire une histoire complète incluant les autres violences de masse commises au Rwanda »… C’est exact. Or, jusqu’à maintenant, du moins en France, sur le plan universitaire, cette partie de l’enquête n’a pas été traitée. On comprend pourquoi : le FPR au pouvoir ne l’a guère favorisée. Jusqu’à maintenant, les personnes qui ont tenté d’en parler ou qui ont tenté d’enquêter sur ce point ont soit été expulsées du Rwanda, soit n’ont aucun moyen de travailler. Néanmoins, il faut poser la question et montrer en quoi ne pas pouvoir travailler sur ce point apporte un obstacle très grave à la connaissance des violences qui se sont produites au Rwanda et dans la région. Est-ce que la recherche sur les crimes commis par le FPR avant 1994, pendant le génocide des Tutsis et ensuite dans les forêts congolaises n’a pas été rendue impossible par le débat autour du double génocide et par les agendas de certains acteurs politiques sur ce sujet ? Je ne le pense pas. Je pense que l’interdit mis par le FPR sur ces recherches, qui conduit à traiter de négationniste quiconque pense en faire, suffit largement. Le débat sur le double génocide me paraît un débat entre idéologues, mais absolument pas entre chercheurs, à de très rares exceptions près. Il y a donc toute une partie de votre ouvrage qui est consacrée à la description des crimes de masse, une autre qui est consacrée au jugement de ces crimes et de ceux qui les ont commis. Il est parfois difficile de juger ceux qui font partie d’une mécanique génocidaire, comme l’explique André Guichaoua dans un autre chapitre de l’ouvrage. Qu’est-ce qui explique ces difficultés ? En ce qui concerne le cas du Rwanda, de nombreux responsables du génocide ont fui le pays. Ils se sont trouvés répandus sur la terre entière. Si bien que les recherches et mises en accusation de ces suspects sont extrêmement difficiles. Il y a eu le jugement fait par le tribunal international du TPIR [Tribunal pénal international pour le Rwanda], mais il a jugé 57 individus, ce qui est effectivement peu de choses si on pense aux milliers de suspects possibles. Ils sont cachés, ils sont protégés. C’est la première fois en fait qu’un travail de recensement de ces jugements a été fait et publié. Dans cette région des Grands Lacs, secourir ou soigner peut aussi être difficile. L’un de vos chapitres porte sur les difficultés des personnels humanitaires dans le Nord-Kivu en RDC, et notamment les difficultés des personnels locaux… Oui. Parce que les personnels locaux sont en fait aussi une cible pour les différents guerriers qui sévissent au Kivu. Ils ont des relations à la fois avec MSF [Médecins sans frontières] et à la fois avec ces personnages dangereux, dans la mesure où pour MSF, ils sont des informateurs, et pour ces personnages, ils sont des traîtres. Si bien que leur vie n’est pas toujours aisée.
    10/18/2021
    4:50
  • Invité Afrique - Massacre du 17 octobre 1961: «Il reste à creuser la piste des responsabilités politiques»
    Samedi 16 octobre, le président Emmanuel Macron a dénoncé les « crimes inexcusables » du 17 octobre 1961. Entretien avec l'historien Fabrice Riceputi, chercheur associé à l'Institut d'histoire du temps présent et auteur du livre Ici on noya les Algériens (éditions Le Passager clandestin). Le 17 octobre 1961, des milliers d'hommes et de femmes manifestent en région parisienne, à l'appel de la Fédération de France du FLN, contre le couvre-feu imposé aux « Français musulmans d'Algérie ». La répression est féroce. La version officielle fait état de trois morts ; les historiens, eux, estiment qu'il y en a eu plusieurs dizaines, au moins. Samedi 16 octobre, le président français Emmanuel Macron a dénoncé des « crimes inexcusables pour la République ». Les descendants des victimes réclament la reconnaissance d'un crime d'État par la France, et ce, depuis de nombreuses années.  RFI : On est 60 ans après le 17 octobre 1961. Que s’est-il passé ce jour-là ? Fabrice Riceputi : Ce jour-là, quelques dizaines de milliers des Algériens qui ont immigré en France sortent pour manifester. La préfecture de police de Paris qui est tenue par Maurice Papon est informée de cette manifestation et dispose de milliers d’agents des forces de l’ordre qui ont comme consigne d’empêcher, à tout prix, les manifestants de se montrer, comme ils en ont l’intention, dans ce qu’on appelle les « beaux quartiers de Paris ». La préfecture affirme avoir arrêté en quelques heures 11 500 manifestants et ils sont immédiatement brutalisés. Ils sont ensuite enfermés dans des lieux qui ont été réquisitionnés en urgence et là, se produisent encore des violences extrêmes. Mais dans Paris, le soir surtout, des policiers assassinent au moins une centaine de manifestants et en jettent un grand nombre dans la Seine et dans les cours d’eau de la région parisienne. Est-ce qu’on sait dire précisément combien il y a eu de morts ce jour-là ? Non. On ne peut pas dire. Et il y a un consensus chez les historiens pour dire qu’on ne pourra jamais savoir exactement, car les historiens le savent bien, dans tous les massacres coloniaux, la question du bilan humain est celle à laquelle on se heurte parce que, en situation coloniale, la vie des colonisés ne compte pas beaucoup. Et donc, on ne compte pas leurs morts et tout est fait pour qu’on ne puisse pas les compter et à propos du 17 octobre, y compris la destruction d’archives, de documents ou leur falsification. Y a-t-il d’autres zones d’ombre qui persistent sur les événements du 17 octobre ? Il y a encore des pistes à creuser, notamment les responsabilités politiques parce que les choses ont été très polarisées à juste titre sur la personnalité de Maurice Papon. Mais Maurice Papon, comme préfet de police, obéissait évidemment à des consignes politiques de son gouvernement. On peut aussi creuser du côté algérien si l’État algérien veut bien ouvrir ses archives, pour en savoir un peu plus sur la prise de décisions – de cette journée et d’autres d’ailleurs – par la Fédération de France du FLN. Est-ce qu’en France, aujourd’hui, le 17 octobre 1961, est un tabou ? Ce n’est plus un tabou parce que depuis les années 1990, c’est un événement qui est connu. Il est bien connu maintenant des historiens et sa connaissance a été diffusée assez largement dans l’opinion publique française, très tardivement dans les années 1990, après une longue occultation. Cela, c’est pour le côté français. En Algérie, cette journée du 17 octobre 1961 a-t-elle un écho ? Depuis quelques années, le 17 octobre en Algérie est la Journée de l’émigration. Cela dit, pendant très longtemps, comme il s’agissait d’une initiative de la Fédération de France du FLN et que les militants de la Fédération de France du FLN sont devenus, dès 1962, des opposants au nouveau pouvoir algérien indépendant, tout leur rôle dans l’histoire de la lutte pour la libération nationale a été très largement occulté en Algérie aussi. Maintenant, les morts du 17 octobre à Paris, dans l’océan de malheurs et de morts causés par la guerre d’Algérie, en Algérie, c’est une goutte d’eau, il faut bien le dire. Maintenant, il est très possible que l’État algérien intègre, dans ses revendications et dans ses échanges avec le pouvoir français, la question du 17 octobre. Ce n’est pas impossible du tout, d’autant qu’il y a un contexte que vous connaissez. Justement, dans le contexte de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, jusqu’à présent le 17 octobre ne fait pas partie des demandes de reconnaissance de l’Algérie envers la France ? L’Algérie a surtout insisté sur un massacre d’une plus grande ampleur qui concerne des milliers et des milliers de morts civils lors de l’écrasement du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata ou encore sur les disparus enlevés et assassinés par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Assez peu sur le 17 octobre. Que cela changerait-il, au-delà de la symbolique ? Y a-t-il quelque chose de concret dans la reconnaissance d’un crime d’État ? Je voudrais insister sur le fait que ce n’est pas du tout une histoire qui ne regarde qu’une prétendue communauté de Français d’origine algérienne. C’est une affaire française. Une affaire qui nous parle de notre République, qui nous parle de ce que cette République a pu commettre à l’époque. Et on y voit tout de même des thèmes d’actualité. Donc, c’est à ce titre-là aussi que cette reconnaissance serait extrêmement importante. Vous pensez qu’en Algérie, s’il y avait une reconnaissance d’un crime d’État le 17 octobre 1961, cela permettrait d’apaiser un petit peu les tensions ? Je ne suis pas en mesure de parler à la place des Algériens. Ce que je peux dire, moi, c’est que travaillant sur les disparus algériens de la bataille d’Alger en 1957, je suis en relation avec des familles de descendants de ces disparus. Et il y a une chose qui est tout à fait frappante, c’est d’une part que cela fait encore partie de leur vie aujourd’hui et, la deuxième chose, c’est que ces familles sont extrêmement sensibles à la reconnaissance de la vérité. Et ce qui est attendu de la France de la part des Algériens, ce ne sont pas des excuses, c’est tout simplement que la France dise la vérité. ► À lire et écouter aussi : Massacre du 17 octobre 1961: 60 ans de combat pour la reconnaissance d'un crime d'État
    10/17/2021
    4:55
  • Invité Afrique - Umaro Sissoco Embaló: «Depuis que je suis président, il n'y a plus de trafic de drogue en Guinée-Bissau»
    Le président de la République de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a rencontré le président français à Paris, le vendredi 15 octobre 2021. L’occasion pour Emmanuel Macron de le féliciter pour la lutte menée en Guinée-Bissau contre le trafic de drogue et la corruption, mais aussi pour sa médiation auprès des nouvelles autorités de Guinée depuis le renversement d’Alpha Condé. Umaro Sissoco Embaló a également nié toute préparation de coup d’État en cours, au lendemain des déclarations du patron de l’armée bissau-guinéenne à ce propos devant la police militaire à Bissau. Il est interrogé par Alain Foka.  RFI : On a vu que vous avez été reçu par le président Emmanuel Macron. De quoi avez-vous parlé ? J’ai cru entendre qu’il était question de trafic de drogue puisque votre pays est un peu présenté comme une plaque tournante du trafic de drogue dans le continent… Umaro Sissoco Embalo : Ça, c’est du passé. On ne parle plus de ça en Guinée-Bissau, depuis que je suis arrivé. On ne parle plus de trafic de drogue, corruption. C’est une chose qui est terminée. Est-ce que c’est vrai que l’on puisse combattre la corruption, dans cet endroit-là, et le trafic de drogue, vu l’endroit où se trouve la Guinée-Bissau, à côté de la Gambie où c’est une plaque tournante pour les narcotrafiquants qui arrivent d’Amérique Latine ? C’est l’homme qui fait la fonction. Une fois arrivé, moi je suis un homme qui n’a pas de compromis. Je suis engagé et la page est tournée. Il y a des choses qui ne sont pas négociables. Mais est-ce que le général Embalo peut arrêter l’ancien chef d’Etat-major qui est considéré comme l’un des chefs des narcotrafiquants ? Je n’ai aucune preuve. J’ai demandé aux Américains « Vous me donnez une preuve, je vais le juger en Guinée-Bissau. Je le mettrai en prison » mais il faut les preuves tangibles. Pendant que vous êtes ici, en France, on a entendu votre chef d’Etat-major déclarer qu’il avait débusqué une tentative de coup d’Etat contre vous qui se préparait. Ce n’est pas ça qu’il voulait dire. Il est en train de dissuader les jeunes de ne pas se mettre dans les choses des coups d’Etat. C’est un conseil qu’il est en train de donner et les gens l’ont mal compris. Mais lorsque qu’on entend cela, Monsieur le président, on sait que vous avez soutenu les putschistes qui sont en Guinée Conakry contre le président Alpha Condé. Vous avez approuvé ce putsch ? Non, je suis un démocrate. Malgré le fait qu’Alpha et moi, nous ne nous aimons pas, je ne peux pas soutenir un putsch. Mais la position de la CEDEAO qui condamnait ce putsch, vous ne l’avez pas suivie. Vous étiez plutôt en train d’estimer que c’était une condamnation de principe. Non, il n’y a pas un putsch nécessaire. Malgré le fait qu’Alpha Condé avait déjà 83 ans, la manière dont il a conduit le pays, les divisions ethniques qu’il a faites là-bas, ça ne peut pas me donner le plaisir de soutenir un putsch. Moi j’ai laissé le camp, j’ai changé mon uniforme militaire de général pour devenir civil. Le putsch est démodé. On sait que vous entretenez des rapports avec le président Doumbouya aujourd’hui. On sait que vous entretenez des rapports avec ceux du Mali. On a le sentiment que se forme un club des officiers qui reprennent le pouvoir dans une région de l’Afrique de l’Ouest… Doumbouya, on a même parlé avant-hier. Aujourd’hui c’est un chef d’Etat de facto. Doumbouya et Goïta sont des chefs d’État. Mais je veux revenir à la condamnation de la Cédéao. Etes-vous solidaire des sanctions contre ces deux États (le Mali et la Guinée) ? Ça, c’est une question de principe. On ne peut pas légitimer les coups d’Etat, mais Conakry est exclue aujourd’hui de la Cédéao. Mais vous êtes son voisin. Est-ce que vous continuez de commercer ? Moi je l’ai dit, avant-hier je parlais avec mon jeune frère Doumbouya. Je dois même me rendre à Conakry, incessamment. Alors vous allez vous rendre à Conakry. Est-ce que ce n’est pas une rupture même de ces sanctions dont on parle ? Non, le président de la Sierra Leone était là-bas. Nous sommes des voisins. N’avez-vous pas le sentiment que s’installe une espèce de désordre dans cette zone qui semblait plutôt pacifiée, en pleine démocratisation ? Des fois, il ne faut pas juger la réaction, il faut juger la provocation. Nous, on dit ça dans l’armée. Le président Alpha, son âge n’a pas joué en sa faveur et son tempérament non plus. Il s’était fait trop d’ennemis. On nous a dit que vous étiez en train de négocier pour son exil dans un pays, c’est vrai ? Et vers quel pays le voyez-vous ? Le président Sassou-Nguesso du Congo est parmi les premiers. Il a dit qu’il pouvait le prendre. C’est un ami du président Alpha de longue date. Le président Sassou quand il m’a appelé, beaucoup de présidents m’ont appelé. Erdogan m’avait appelé. Beaucoup de chefs d’Etat ne connaissaient pas Doumbouya. Mais j’ai cherché le numéro de Doumbouya. Je lui ai dit « mon frère, il faut tenir en considération l’âge d’Alpha. » Alors on va l’envoyer où finalement ? Ça, c’est Alpha qui sait et les nouvelles autorités guinéennes et puis le président Erdogan de Turquie aussi. Erdogan m’avait dit qu’il pouvait prendre Alpha pour des questions humanitaires, pour voir son médecin parce qu’il a son médecin là-bas. Moi, je n’ai fait que transmettre. Mais le président Sassou-Nguesso effectivement je ne l’ai jamais vu triste comme ces jours, pendant le coup d’Etat. Alors on vous voit de plus en plus en déplacement. On vous a vu au Brésil récemment, vous étiez en Belgique récemment aussi. Là vous êtes en France. A quoi rime ce grand balais diplomatique ? C’est un pays de président qui aime voyager, ou bien il y a des choses concrètes que vous signez pour votre pays ? Non, on avait disparu des radars et il faut que ce soit le président à le ramener. Mais quels sont les avantages que vous pouvez offrir ? Aujourd’hui par exemple on a rétabli les relations de confiance avec les bailleurs, notamment l’Union européenne et le FMI. Mais vous savez que ce qui fait peur dans la sous-région, c’est le trafic de drogue. Est-ce qu’aujourd’hui il y a de la sécurité ? Est-ce qu’aujourd’hui on a mis fin à ce fléau ? Aujourd’hui, on ne parle plus d’affaires de drogue en Guinée-Bissau.
    10/16/2021
    4:59
  • Invité Afrique - Touadéra: «J'ai dû faire appel à tous les moyens pour garantir la sécurité des Centrafricains»
    Notre invité, ce vendredi 15 octobre 2021, est Faustin-Archange Touadéra, le président de la République centrafricaine. Alain Foka l’a rencontré à Bangui. Alain Foka : La communauté internationale les évalue entre 800 et 2 000. L’ambassadeur russe, lui, parle de 535 instructeurs et Moscou reconnaît 1 135 soldats. La question russe revient en permanence lorsque l’on parle de la République Centrafricaine. Monsieur le président, est-ce qu’il y a des Russes en Centrafrique ? Et est-ce que ce sont des mercenaires ou des soldats russes ? Faustin-Archange Touadéra : Les Russes sont en Centrafrique. Ils sont venus nous appuyer. D’ailleurs, cela a commencé déjà par une notification du comité de sanctions des Nations unies, parce que je suis allé discuter avec le ministre [Sergueï] Lavrov, le ministre des Affaires étrangères de la Russie, pour justement lever leur véto sur la livraison des armes que la France devait nous fournir, des armes saisies au large de la Somalie. Et lors de ces discussions, le ministre Lavrov avait déjà dit que non, il ne pouvait pas, parce que les résolutions ne permettaient pas de le faire. Mais, par contre, vu que nous avons de bonnes relations et vu aussi mon plaidoyer, il consentait à nous fournir gracieusement des armes pour compenser cela. Et donc, il fallait aller au comité de sanctions puisque la République centrafricaine est sous embargo. Et c’est au comité de sanctions, puisque nous avons fait des demandes, évidemment je fais l’économie de tout… Parce que nous n’avons malheureusement pas le temps… Voilà. Là-bas, il y a eu des réserves parce que les armes que la fédération russe devait nous donner, disait-on que nos militaires ne savaient pas les utiliser. Ils ne savaient pas les utiliser parce que ce sont des armes de nouvelle génération. Et pour cela, pour lever ces réserves, il fallait les former, les former à l’utilisation de ces armes. Ceux qui sont là ne sont pas que des instructeurs ? On les voit dans Bangui, on les voit dans le pays, on les voit sur le terrain… Oui. Ils participent aux combats… Vous savez que fin décembre, la République centrafricaine devait faire face à la rébellion développée par l’ancien président [François] Bozizé, qui voulait empêcher les Centrafricains d’aller au vote. Et cette rébellion a poursuivi son action jusqu’à Bangui le 13 janvier pour déstabiliser les actions de la République. Nous étions obligés de faire appel à certains de nos partenaires… Mais, pourquoi, il y avait Sangaris [opération militaire de l'armée français] sur place, il y avait la Minusca [Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique]. Pourquoi ne s’être pas appuyé sur ceux qui étaient là depuis des années et qui ont sauvé déjà la capitale Bangui ? C’est vrai, la Minusca est là. Nous avons développé des programmes et aujourd’hui, la paix devait revenir. Mais, cette situation, cette guerre qui s’est déclenchée. La CPC  [Coalition des patriotes pour le changement] prenait les villes de province et est arrivée aux portes de Bangui. La Minusca était là. Les règles d’engagement de la Minusca peut-être ne nous ont pas permis de pouvoir stopper… Pour vous, la mission de la Minusca qui est le maintien de la paix ne correspond pas, c’est ça ? Leurs règles d’engagement ne le permettaient pas de… Dans le cas des Russes, eux vont au contact ? Nous avons demandé à ce que certains pays avec qui nous avons des relations, des accords en matière de défense, de nous aider. Et c’est ainsi que le Rwanda l’a fait, et la fédération de Russie. On ne va pas faire de langue de bois. Aujourd’hui, vous êtes fâché avec Paris. Et vous remplacez Paris par la Russie ? Non, je ne suis pas fâché, non. Vous n’êtes pas fâché avec Paris ? Comment expliquer alors ce retournement vers la Russie ? La République centrafricaine aujourd’hui a besoin de paix. Le peuple centrafricain a besoin qu’on cherche la paix. Il y avait Sangaris qui était ici. Sangaris est partie. Il y a la Minusca. Aujourd’hui, on a travaillé pendant un certain temps et la paix commençait à revenir après l’accord de Bangui. Mais, cette rébellion [CPC] s’est développée et était en train de déstabiliser les institutions de la République. En tant que président de la République, que devais-je faire ? Laisser la CPC déstabiliser le pays ? J’ai dû faire appel à tous les moyens possibles pour garantir la sécurité des citoyens centrafricains et de ceux qui sont sur le territoire centrafricain. Le président Emmanuel Macron vous présente comme un président otage, otage des mercenaires de Wagner. (Rires) Ici, en Centrafrique, ce sont les mercenaires de Wagner qui sont là ou ce sont les soldats russes ? Ceux qu’on voit ne sont pas des soldats. Est-ce que vous avez signé avec des mercenaires ou bien… Là par exemple, votre conseiller Valery Sakharov, est-ce qu’il est envoyé par la Russie ? Vous êtes venu là. Est-ce que vous voyez que je suis un homme qui est pris en otage ? Non. J’ai des responsabilités vis-à-vis de mon peuple, ce peuple qui m’a élu. Aujourd’hui, le peuple demande la paix. Il faudrait que je fasse tout pour que la paix revienne. Vous estimez que ceux qui étaient là jusque-là ne peuvent pas apporter la paix ? Je vous ai dit que la Minusca qui était là, on a travaillé jusqu’aux accords de Khartoum signés ici [février 2019, accords entre le gouvernement centrafricain du président Faustin-Archange Touadéra et quatorze groupes armés centrafricains]. La paix commençait à revenir. Mais, il se trouve que la rébellion qui prenait les villes, qui tuait les gens avec des actions violentes, empêchait les gens d’aller voter, prenait des villes jusqu’à la porte de Bangui le 13 janvier. Est-ce que je dois croiser les bras, les laisser venir ? Non. Je pense que non. Alors aujourd’hui, on sait très bien qu’il n’y a pas d’amitié entre les États, il n’y a que des intérêts et que si quelqu’un vient là, c’est qu’il a quelque chose à y gagner. Qu’avez-vous donné aux Russes pour qu’ils soient là ? Quelles sont les mines que vous avez livrées ? Est-ce que vous êtes en train de donner une partie du patrimoine du pays aux Russes pour défendre le pays ? (Rires). Vous savez aujourd’hui, nous avons des accords de coopération. Nous mettons en œuvre ces accords de coopération. Aujourd’hui, le secteur, par exemple le secteur minier dont vous parlez, c’est un secteur qui est libéralisé. Si aujourd’hui, une société russe soit-elle présente ses documents… Comme la société de Lobaye Invest… Par exemple, qui remplissent les conditions… Oui, mais là d’un coup, les Russes arrivent. Est-ce que ce n’est pas la contrepartie ? Qu’est-ce que vous leur avez donné ? Peut-être qu’il faudrait être clair là-dessus ? Qu’avez-vous donné aux Russes pour qu’ils vous soutiennent aujourd’hui ? Je vous dis que dans ce contexte, ce n’est pas du donnant-donnant, dans ce sens-là. Mais aujourd’hui, si nous avons un partenariat avec la Russie, et dans ce contexte, la République centrafricaine doit également aussi dans ce cadre de coopération, travailler… Donner des choses ? Pas forcément donner, mais dans la mesure du possible essayer de tisser des liens de coopération dans le domaine économique, pour le développement, pour permettre aussi aux entreprises russes ou d’ailleurs de venir en Centrafrique. Dans les combats qui se déroulent aujourd’hui sur le terrain, on a vu qu’il y a eu des exactions, exactions de la part des mercenaires russes. Vous dites : ce n’est pas des mercenaires… Je n’ai pas signé quoi que ce soit avec Wagner. Moi, je me suis adressé aux autorités russes. Donc, ce sont les autorités russes qui vous les ont envoyés alors ? J’ai discuté avec le ministre des Affaires étrangères, monsieur Lavrov. Deuxièmement, je ne vois pas de Wagner ici. Ceux qui sont dans les checkpoints, ce ne sont pas des soldats de Wagner ? Le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abalene a reconnu l’autre jour qu’il y avait eu des exactions sur les populations. Ne craignez-vous pas la brutalité de ces Russes qui arrivent sur les populations, qui violent, qui tuent, en même temps que les Forces armées centrafricaines, les Faca ? Non. Soyons clair sur cette situation. Quand il y a eu les informations concernant ces violations, moi j’ai donné des instructions. Le gouvernement centrafricain a ouvert une enquête pour vérifier. Il y a quelques jours ici, cette commission d’enquête a rendu son rapport. Et ce rapport doit être déposé au parquet pour que les investigations sur le plan juridique soient menées pour dégager les responsabilités. Pensez-vous que demain, on va voir des Russes sanctionnés devant un tribunal ici en Centrafrique ? La justice fait son travail. Et si vous retournez un peu en arrière dans ce pays, il y a eu des cas. Prenons le cas de Sangaris où il y a eu des cas d’abus sexuels. Aujourd’hui, c’est encore pendant. Au niveau de la Minusca, il y a eu des situations, des jugements. On attend des jugements. Vous garantissez que ceux qui ont commis ces crimes seront punis ? Et aujourd’hui, dans ce cas, si les choses sont avérées, bien entendu la justice conformément à la loi, aux réglementations en vigueur, ils seront punis. Mais, pour l’instant, on n’a pas encore dégagé les responsabilités. Aujourd’hui, il y a eu des allégations… Mais vous reconnaissez quand même qu’il y a eu des exactions ? Il y a des témoignages... Ce n’est pas le ministre de la Justice qui… Ce n’est pas un juge. Maintenant que nous avons le rapport, ce rapport doit être déposé au parquet pour que des enquêtes judiciaires soient engagées. Absolument. Et s’il y a une décision de justice, évidement… Vous sanctionnerez… Ils seront sanctionnés. Comment expliquer que vous ayez été à New-York pour la levée de l’embargo, que huit ans après on ne lève pas l’embargo. Est-ce que parce que votre armée n’est pas prête ? Aujourd’hui, pourquoi on ne lève pas l’embargo pour que vous puissiez vous battre contre ces rébellions à armes égales ? Cet embargo est injuste. Nous avons essuyé donc la rébellion en 2013 où toutes les infrastructures ont été détruites. Aujourd’hui, comment va-t-on combattre cette rébellion. Nous avons une rébellion qui est mieux armée que l’armée nationale. La rébellion continue de… Frapper puisqu’elle reprend… De frapper. Comment peut-on respecter toutes ces conditions si la paix ne revient pas. C’est peut-être pour cela que vous vous êtes tourné vers les Russes… S’il n’y a pas la paix, comment nous pouvons respecter toutes ces conditions. Et pour qu’il y ait la paix, il faudrait que nous ayons notre armée, équipée, pour combattre et protéger la population, protéger les institutions de la République. On va attendre que ce soit la rébellion qui se réarme et qu’on ne contrôle pas, et qui vienne mener des actes de violence sur la population, et que l’armée nationale n’a rien. Je trouve que c’est quand même injuste. On va terminer là-dessus monsieur le président, on reviendra vous voir si vous le permettez. Bien sûr, vous êtes toujours les bienvenus. Merci Monsieur le président d’avoir accepté de nous recevoir.
    10/15/2021
    12:07

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